Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 11:13

L02.jpg Le monde inverti

Christopher Priest

éditions Gallimard

1974

 

Dans un futur indéterminé, une ville nommée la Terre, montée sur des rails, avance progressivement vers le nord, fuyant au sud un danger aussi inconnu qu'inquiétant. Helward Mann, apprenti de la Guilde des Topographes du Futur ne savait rien du monde extérieur avant de commencer son apprentissage et il a juré sous peine de mort de ne rien révéler de ce qu'il découvrirait. Et comment y croire soi-même quand on découvre un soleil déformé, un temps qui accélère ou ralentit et des autochtones hostiles? Pourquoi la ville se déplace-t-elle sans cesse et s'arrêtera-t'elle seulement un jour ?

Il fallait rien de moins que la gentillesse de l'auteur, rencontré aux Imaginales cette année, pour me lancer de nouveau dans de la science-fiction, car c'est loin d'être mon genre préféré je le reconnais. Mais Le monde inverti a été une très agréable surprise : certes je suis toujours un peu larguée quand le récit se lance dans des explications techniques ou scientifiques, mais l'histoire est intéressante : tout comme le lecteur, le héros est amené peu à peu à découvrir un monde dont il ignore tout et se replonge plongé dans un univers mystérieux et inquiétant. Helward Mann se rend compte que ce qu'il croit savoir, ce qu'il croit connaître, n'est qu'une illusion et qu'il lui reste encore tout à apprendre. Christopher Priest a  la bonne idée de changer sa narration au cours de l'histoire : d'abord écrit à la première personne, le monde inverti bascule ensuite dans une narration traditionnelle, toujours vu à travers les yeux de Helward, rebascule ensuite à la première personne pour finalement changer totalement de point de vue et s'éloigner du héros. Cela permet au roman d'acquérir une certaine dynamique et de bousculer le lecteur, le plaçant dans la même situation inconfortable que le personnage. Roman très visuel, très riche en descriptions, Le monde inverti est à l'inverse plutôt sobre dans tout ce qui est psychologie et sentiments, ne s'étendant guère là-dessu,s ce qui permet au livre de rester centré sur l'intrigue sans s'égarer sur les relations tumultueuses de Helward et de sa femme par exemple. Bref, un bon moment de lecture qui ravira les amateurs du genre et ceux qui le sont moins.

Par beux - Publié dans : Science-Fiction
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Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 10:46

L08.jpg Les Fiancés

Alessandro Manzoni

Folio

1827

 

On retourne au 19e siècle et dans nos 1001 livres... pour vous parler aujourd'hui du roman fleuve italien de Manzoni, Les Fiancés. L'histoire est celle de Renzo et Lucia, deux paisibles villageois qui n'aspirent qu'à se marier et à fonder une famille. Mais, par malheur, un nobliau du coin, Don Rodigue, a jeté son dévolu sur la jolie fiancée et est déterminée à contrer ce mariage et à enlever la malheureuse Lucia. Le couple connaît alors bien des vicissitudes et, forcé de se séparer, nous fait voyager à travers l'Italie du 17e siècle, une Italie en proie à la guerre civile, à la famine et à la maladie...

Vous l'avez compris, Les Fiancés est moins le récit de personnages que d'un peuple tout entier, Manzoni ayant l'ambition de brosser l'histoire de tout un pays en un temps de troubles et de changements. De fait, il prend souvent à parti le lecteur, cite des personnages plus ou moins réels et feint même de se référer à un ouvrage plus ancien pour écrire son roman. Le procédé est intéressant, j'en conviens, mais le résultat l'est moins. Il faut dire ce qu'il est : j'ai rarement trouvé un livre si ennuyeux. C'est bien simple, même la peste racontée par Manzoni parvient à être soporifique. Le rythme des Fiancés est chaotique et, si le début de l'histoire parvient plus ou moins à captiver le lecteur, le reste, réflexions pieuses ou considérations politiques l'assomment assez rapidement. A trop vouloir faire une analyse de la société de l'époque, Manzoni en oublie de donner corps à ses personnages qui ne deviennent que des formes creuses sur fond de guerre civile. Renzo et le curé du village s'en tirent plutôt bien car, ni tout à fait bons ni tout à fait méchants, ils parviennent à avoir un peu de consistance. En revanche, Lucia reste une caricature de jeune fille effarouchée, une niaise bigote incapable de prendre sa vie en main. Il en est de même pour la plupart des héros qui se contentent d'être des ombres dans un tableau au demeurant assez plat. Les Fiancés est le premier roman italien de nos 1001 livres... Très sincèrement je ne comprends pas pourquoi si ce n'est peut-être  par cette volonté d'intégrer la petite histoire à la grande et qui va devenir la marque de fabrique de la plupart des romans du 19e...

Par beux - Publié dans : Classiques
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Mardi 12 août 2014 2 12 /08 /Août /2014 10:46

L03.jpg Les ronds dans l'eau

Hervé Commère

éditions Livre de Poche

2011

 

Jacques a peur : truand à la retraite depuis bien longtemps, il vit dans l'angoisse d'être un jour retrouvé pour le vol d'une peinture commis il y a des décennies. Une bagatelle me direz-vous sauf que ses copains et lui ont volé le parrain de la Côte Est, Costano et que celui-ci a juré de retrouver les petits plaisantins qui lui ont fait le coup. Les peurs de notre malfrat se concrétisent le jour où il reçoit une photo : quelqu'un sait. Pendant ce temps, un jeune serveur dépressif, Yvan, veut empêcher son ex, participante à une émission de télé-réalité, de le ridiculiser en lisant des lettres de lui en direct et décide de les voler chez les parents de la jeune fille. Manque de chance, il se trompe de maison...

Deux personnes qui n'ont rien en commun et qui vont néanmoins se téléscoper pour une aventure  tel est le postulat de départ des Ronds dans l'eau. Idée qui, si elle n'est pas d'une folle originalité, a le mérite d'être efficace. Ainsi, toute la première partie du livre est intéressante, d'autant plus que la narration alterne entre les deux personnages. Rebondissement inattendu, interlude plutôt intriguant... et rien. Tout retombe comme un soufflé. Les ronds dans l'eau se révèlent être une illusion d'optique. Hervé Commère a un style qui n'est plutôt pas mal mais pourquoi diable s'embarquer dans une histoire pareille? L'auteur multiplie les promesses, les sous-entendus, va même jusqu'à suggérer la folie de l'un de ses héros et tout ça pour quoi? Pour un dénouement décevant, à mon sens tiré par les cheveux, et qui ne présente guère d'intérêt si ce n'est pour nous rappeler le battement d'aile du papillon et tout ça et pfou la vie c'est marrant quand même à quoi ça tient. Il y a un sérieux problème de construction dans cette oeuvre qui n'est pas totalement dénué d'intérêt mais qui faussement ambitieuse se révèle être un polar mineur pour un après-midi pluvieux.

Par beux - Publié dans : Polar
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Dimanche 10 août 2014 7 10 /08 /Août /2014 11:40

L02.jpg Dix grandes énigmes de l'histoire passées au crible

Historia éditions

2014

 

On revient à un peu d'histoire avec un collectif publié aux éditions Historia qui se penche sur les énigmes qui jalonnent notre passé : qui était Jack l'éventreur, qui a réellement tué Kennedy, quel homme se cachait derrière le Masque de Fer, qui était impliqué dans l'affaire des poisons... Autant de mystères qui ont enflammé notre imagination et que tour à tour, un historien s'emploie à nous décortiquer.

L'histoire n'est au fond qu'une grande enquête, c'est le postulat sur lequel s'appuie Franck Ferrand dans la préface : il y a des témoins, des faits, des indices... L'historien joue donc le rôle de détective et doit reconstituer à partir de tout ça un puzzle qui parfois ne colle pas. Un brin frustrant je dirais, mais les auteurs ne sont pas méchants et reviennent à la fin de l'ouvrage à des "dossiers classés" : ainsi aujourd'hui le mystère de l'île de Pâques est plus ou moins résolu, nous savons ce qu'était la bête du Gévaudan et qui se cachait derrière le chevalier d'Eon. Pour le reste... et bien au lecteur d'adhérer à l'une ou l'autre des théories proposées sur la construction des pyramides ou à l'implication des services secrets dans la mort de JFK.

Agréable à lire, Dix grandes énigmes de l'histoire... est construit de façon méthodique et chaque énigme est étudiée par un historien différent selon sa spécialité. L'écriture varie ainsi énormément d'un chapitre à l'autre. Certains sont plus agréables à lire, d'autres plus documentés. Ce n'est pas le livre du siècle car le sujet est trop vaste pour être abordé de façon approfondie mais pour des néophytes c'est idéal. A découvrir...

Par beux - Publié dans : Histoire
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Mardi 29 juillet 2014 2 29 /07 /Juil /2014 11:46

L01.jpg Sans feu ni lieu

Fred Vargas

éditions J'ai Lu

1997

 

Louis Kehlweiler s'était juré d'en finir avec les enquêtes : ancien employé de l'Intérieur, il a raccroché sa veste et n'entend plus se mêler des affaires de la police. C'était sans compter sur Marthe, une ancienne prostituée au grand coeur et une amie proche qui lui ramène un jour son protégé Clément, un accordéoniste un peu simple d'esprit qu'elle a connu étant enfant mais qu'elle n'avait pas revu depuis vingt ans. Le problème c'est que Clément est suspecté pour le meurtre de deux jeunes femmes sur Paris et recherché activement. Après bien des hésitations, Louis accepte d'aider Marthe et cache Clément chez ses trois amis historiens un peu fêlés, le temps de mener son enquête et de découvrir si oui ou non Clément est vraiment le tueur en série que l'on redoute.

Lire du Fred Vargas me donne toujours l'impression de rendre visite à de vieux amis. C'est sans surprise certes mais on passe un agréable moment et l'on retrouve toujours ses personnages favoris. Je dois avouer que les trois "évangélistes" du récit, les historiens célibataires dans leur baraque pourrie, ne sont pas loin de supplanter dans mon coeur Adamsberg, l'autre personnage phare des romans de Vargas. Sans feu ni lieu a cependant une petite originalité par rapport aux précédents ouvrages de notre auteur : ici, il s'agit moins de trouver un coupable que de disculper un innocent, à supposer qu'il le soit. La dynamique du livre est en quelque sorte inversée. Clément a tout du coupable idéal : un peu simplet, imprévisible, inconscient de ses actes, il est victime des préjugés de Louis dès que celui-ci l'aperçoit. Délit de sale gueule ou intuition d'ancien flic? Au lecteur de le découvrir tout au long de cette enquête qui mêle encore une fois situations absurdes et personnages loufoques, histoire et poésie.

Par beux - Publié dans : Polar
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