Xanth
t.2: la source de magie
Piers Anthony
éditions Milady
Il fait très chaud, beaucoup trop pour se lancer dans des ouvrages complexes et des sentiments exaltés. Il est temps de se plonger dans une lecture rafraîchissante et sans prétention. Retour donc à Piers Anthony et à son deuxième tome de Xanth : la source de magie. Souvenez-vous. Piers Anthony c’est cet auteur de fantasy des années 70 que j’avais cru à tort être un contemporain. Cette fois, pas d’entourloupe : j’aborde le second volume de la série en toute connaissance de cause et sans accuser le malheureux de plagiat ou de manque d’originalité…
Bink notre héros coule donc des jours heureux auprès de sa tendre épouse. Sauf qu’en fait, il est loin d’être heureux, la tendre épouse étant plus qu’acariâtre, d’autant plus qu’elle attend un heureux événement. Qui plus est, son pouvoir magique, en sommeil, lui joue de bien vilains tours. Le roi ne voit alors qu’une solution pour palier à la crise conjugale de son sujet, l’envoyer sur les routes pour découvrir la source de magie à Xanth. Bink est donc envoyé en mission accompagné du centaure Chester, en bisbille également avec son épouse, et du soldat misogyne, Crombie, métamorphosé pour l’occasion en griffon… Les trois compères sont bientôt rejoints par le Bon Magicien Humphrey et par le golem Kandira. Mais le groupe ne tarde pas à se heurter à des obstacles et à rencontrer de nombreux ennemis au cours de leur quête. Pour une mystérieuse raison, un puissant ennemi leur met des bâtons dans les roues pour les empêcher de réussir…
Ça passe nettement mieux que le premier volet. D’une part c’est un peu mieux construit, même si l’auteur reste quand même assez surprenant dans son découpage narratif : il prend 70 pages pour décrire le bal masqué de la reine Iris, et expédie le départ de la quête des héros en une ligne (en gros, les scènes d’adieux doivent le gonfler) De la même façon, il expédie certains passages pour au contraire s’appesantir sur d’autres qui à première vue présentent nettement moins d’intérêt. En revanche, l’intrigue est assez prenante, le style plutôt efficace. Piers Anthony excelle dans le registre léger et un humour quasi-omniprésent ce qui l’empêche du coup de créer des situations réellement dramatiques. A dire vrai, on ne croit pas un seul instant à la mort de certains personnages et les rares scènes touchantes (la nymphe délaissée, le pouvoir magique du centaure) tombent de ce fait complètement à côté. Mais bon, passons… Passons aussi sur une certaine misogynie de Piers Anthony : les femmes sont soit laides et intelligentes, et de ce fait sont des harpies, soit au contraire sont des gentilles et jolies douces petites choses, mais qui n’ont pas inventé l’eau tiède. Vous trouvez que j’exagère ? Pourtant, le point de départ de cette quête, à rebours des quêtes chevaleresque, est de fuir l’être aimé. La femme est vécue comme un fardeau : la reine Iris est à demi-folle, Caméléon est insupportable, la nymphe Bijou est un peu simple d’esprit… Bref. N’étant pas une féministe enragée, ces petites piques m’ont plus fait rire qu’autre chose, mais elles pourraient ne pas être appréciées de toutes… Passons, passons… Restons plutôt sur l’idée d’un roman qui se lit bien et d’une histoire plus développée que dans le premier volume, saluons les multiples créatures fantastiques… Le monde de Xanth n’a pas l’ampleur du monde créé par Tolkien mais peu à peu il prend joliment forme…
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