Mardi 18 juin 2013
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Michael Kohlhaas
Heinrich Von Kleist
éditions 1001 nuits
Une fois n'est pas coutume, voici un livre des 1001 livres... qui fait l'actualité! En effet, Michael Kohlhaas a été adapté au cinéma il y a peu:
présenté au festival Cannes, il sortira dans deux mois. Je suis donc aujourd'hui à la pointe de la mode...
Michael Kohlhaas qui est d'ailleurs plus une grosse nouvelle qu'un véritable roman, raconte l'histoire d'un honorable maquignon qui, un jour, subit
l'injustice d'un baron qui lui confisque deux de ses chevaux. Or, quand Michael veut récupérer ses bêtes, il s'avère que ces dernières ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes... Outré, notre
marchand tente de nombreux recours judiciaires mais des fonctionnaires véreux déboutent à chaque fois sa plainte. Finalement, à la mort de son épouse, directement liée à l'affaire, Michael perd
patience et décide de se faire justice soi-même: il incendie la demeure du baron, tue ses serviteurs et se lance à sa poursuite en mettant les villes à feu et à sang, rejoint bientôt par toute
une armée...
C'est un ouvrage qui peut laisser perplexe: en effet, on part d'une simple querelle à propos d'un droit de péage à une véritable guerre civile. Michael Kohlaas est
un personnage curieux, intransigeant et avec une conception plus que personnelle de la justice: plutôt que de laisser passer un outrage mineur, il choisit les armes et préfère la mort à la
reddition. Sa personnalité, son sens de le démesure exerce une fascination toute particulière sur le lecteur et le rend à la fois attirant et repoussant. Il est en effet facile de compatir à sa
détresse mais, d'un autre côté, ses actes barbares le rendent peu sympathiques... Ceci dit, le livre ne me laissera pas non plus un souvenir impérissable: hormis Michael en effet, peu de
personnages se détachent nettement et l'intrigue tourne rapidement en rond. Le style est curieux car il reste très léger du début à la fin, donnant aux événements affreux un côté irréel.
Mais, j'avoue que ce qui m' a rebutée le plus dans Michael Kohlhaas, c'est la forme même du récit : j'aime ou les romans foisonnants ou les nouvelles précises. Or, Von Kleist condense en
un texte court une multitude de péripéties, allant même jusqu'à introduire une intrigue ésotérique (d'après ce que j'ai vu, même le cinéaste a laissé tomber cette dernière) et noyer son lecteur
sous un flot de personnages et de situations. Un peu indigeste tout ça. Aussi, pour vous simplifier le roman préféré de Kafka (pourquoi ça ne m'étonne pas au demeurant?) je vous résumerais ainsi
l'histoire de Kolhlaas: celle d'un homme qui luttant pour ses propres intérêts se laisse volontairement submerger par une vengeance démesurée. On peut le voir comme un mercenaire, le symbole de
la justice luttant contre un pays grangrené par la corruption... ou alors tout simplement comme un psychopathe. Pour ma part, je crois que les deux interprétations sont bonnes. Et vous?
Par beux
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Publié dans : Classiques
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Dimanche 16 juin 2013
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/2013 11:39
Double meurtre à Borodi
Lane
Jonathan Kellerman
éditions Points
Vous l'avez peut-être remarqué, je n'ai pas tellement eu la main heureuse ces derniers temps en matière de livres et ce n'est certes pas avec ce titre que ça va
s'arranger...
Un soir, un gardien de nuit d'un chantier de construction à l'abandon retrouve un couple en haut d'une tourelle, en position équivoque. Rien que de très normal me
direz-vous sauf que la femme a été étranglée et que l'homme s'est pris une balle dans la tête. Crime passionnel? L'inspecteur Milo est en charge de l'enquête et fait appel à son comparse
consultant, le psychologue Alex Delaware. Si l'identité de l'homme, un jeune architecte plein d'avenir, est bientôt révélée, celle de la femme demeure un mystère. Mais quelques recherches
laissent à penser qu'un riche indonésien serait dans le coup et les deux hommes se font très vite mettre des bâtons dans les roues...
C'était la première fois que je lisais un livre de Jonathan Kellerman et ce sera sans doute la dernière. Tout dans ce livre est nul. Les personnages sont creux:
entre le gros qui passe son temps à bouffer et le narrateur, le psychologue insipide qui ne sert strictement à rien, on retrouve des caricatures d'éco-terroristes (ah ces sales écolos qui passent
leur temps à vouloir incendier des Mac Do et qui veulent tuer l'humanité pour sauver trois arbres) et de loyaux policiers américains à la gâchette facile. L'intrigue est toute pourrie, part dans
toutes les directions (terrorisme, meurtre passionnel, vengeance...) pour finalement s'achever en eau de boudin. Le fond est nauséabond, puant le patriotisme rance et la testostérone mal placée.
La subtilité n'est assurément pas le point fort de Kellerman qui préfère à une véritable réflexion multiplier clichés et poncifs et pense qu'il fait de la psychologie parce qu'il construit son
livre uniquement sous forme de dialogues. (Les descriptions c'est trop fatiguant) C'est bien simple, il n'y a que ça: des dialogues entre les deux acolytes, des dialogues entre Milo et ses
assistants, des dialogues entre Alex et sa femme, etc. Parfois, on ne sait même plus qui parle à qui vu que l'auteur ne se fatigue pas à introduire les personnages avant les échanges. Le clou du
spectacle, c'est tout de même l'interrogatoire final du coupable qui dure près d'une dizaine de pages et qui, s'il achève l'accusé, manque également de liquéfier le lecteur d'ennui. J'ai souvent
eu du mal à finir des essais ou même des romans pour la jeunesse mais là c'est une grande première: c'est bien la première fois que j'ai autant de mal à finir un policier. Félicitations à
Kellerman qui, paraît-il non content d'écrire comme une savate a également une femme et un fils qui écrivent; j'espère juste qu'ils font un peu mieux que lui...
Par beux
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Publié dans : Polar
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Jeudi 13 juin 2013
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/2013 10:34
Le roman de
Raspoutine
Vladimir Fédorovski
éditions Livre de Poche
Raspoutine... Si ce nom n'évoque rien pour vous si ce n'est la chanson d'Abba, il est urgent de vous pencher un peu sur l'histoire russe. Pas la peine ceci dit de
l'aborder avec le livre dont nous allons parler aujourd'hui.
Le roman de Raspoutine, livre de Fédorovski, l'historien le plus prolifique en terme d'ouvrages plus ou moins bons, raconte l'histoire du conseiller des
Romanov, Grigori Raspoutine, sans doute la figure la plus énigmatique du XXe siècle. Tout dans cet homme est étrange, depuis sa philosophie bien particulière (très croyant, il prônait néanmoins
l'idée que, pour se rapprocher de Dieu, il faut beaucoup pécher) jusqu'à son assassinat : empoisonné, abattu par balles, il meurt finalement noyé après avoir prédit sa mort et celle du tsar et de
sa famille.
Le parti pris de l'auteur est intéressant puisqu'il s'emploie à réhabiliter un personnage que l'histoire a diabolisé. En effet, connu pour ses frasques sexuelles,
son influence pernicieuse auprès de la tsarine et ses pratiques mystiques dont on ne savait trop si elles étaient d'origine divine ou satanique, Raspoutine a été surnommé "le saint diable" et il
est difficile encore aujourd'hui de se prononcer sur un homme aussi insaisissable qu'il l'était. Or, si Fédorovski ne dissimule pas les parts d'ombre du personnage, il semble cependant éprouver
une certaine admiration pour le conseiller, rappelant son parcours atypique, celui d'un paysan quasi illettré qui, par son seul charisme, s'est hissé dans les faveurs des plus grands, un homme
connu pour ses pouvoirs de guérison (il a ainsi "sauvé" à plusieurs reprises le tsarevich) et qui de son temps n'a jamais laissé indifférent. La mort même de Raspoutine est entrée dans la
légende! Hélas pour l'auteur, le style de la "biographie" n'est pas à la hauteur du personnage. Il paraissait difficile de rendre ennuyeux un tel sujet, pourtant l'historien y arrive à ravir,
multipliant les anecdotes sans intérêt, ressassant sans arrêt les mêmes histoires (la virilité impressionnante de Raspoutine, ses délires mystiques) au détriment de l'aspect plus politique du
personnage. L'ouvrage souffre d'un mauvais découpage (chapitres trop courts ou trop longs, passages sans aucun rapport avec Raspoutine) et donne l'impression d'une histoire écrit à la va-vite par
petites touches et sans aucune cohérence. Le style même est assez plat. De ce fait, le lecteur reste sur sa faim, avec le vague sentiment de s'être fait avoir. Pour en savoir un peu plus sur
Raspoutine, peut-être vaut-il mieux aller chercher ailleurs...
Par beux
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Publié dans : Témoignage
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Samedi 8 juin 2013
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/2013 19:59
L'ombre de l'autre
femme
Dorothy Koomson
éditions France Loisirs
Une avant première France Loisirs. Je crois que tout est dit.
Bon, blague à part, ça parle de quoi l'ombre de l'autre femme? L'histoire est simple: Libby, jeune femme de trente-quatre ans tombe amoureuse de Jack, un
séduisant mais énigmatique veuf, et l'épouse quelques mois à peine après leur première rencontre. Mais l'ombre de Eve, la première épouse, plane encore dans la maison et Libby a du mal à
s'accommoder de cette présence invisible dont Jack est manifestement toujours fou amoureux. Le mystère s'épaissit davantage lorsque notre héroïne s'aperçoit qu'Eve est morte dans des
circonstances mystérieuses. Mais, avant qu'elle ait pu creuser davantage, Libby est victime d'un terrible accident de la route....
ça a l'air bien comme ça, sorte de Rebecca moderne. Bah en fait L'ombre de l'autre femme n'est pas franchement palpitant. Je ne sais même pas si
on peut le qualifier de roman policier. L'histoire est sympathique mais le style est brouillon. Quant à l'intrigue, elle part dans tous les sens (l'accident de Libby, le côté obscur de Jack, la
personnalité mystérieuse de Eve) et du coup donne lieu à un mélange psychologico-policier-surnaturel qui n'aboutit à rien et que pour ma part j'ai trouvé plutôt indigeste. Le final est qui plus
est plutôt décevant puisque, au lieu d'une confrontation flamboyante, nous avons un retournement de situation amené brutalement et sans aucune réelle logique. Bon après, c'est facile à lire, ça
ne réclame aucune capacité intellectuelle supérieure et, à dire vrai, en lecture de hamac , ça passe merveilleusement bien. On veut malgré tout savoir comment ça se termine et, il faut le dire,
le personnage de Eve est plutôt touchant. Pour le coup, voilà une bon roman de plage mais n'en attendez pas grand-chose d'autre...
Par beux
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Publié dans : Polar
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Jeudi 6 juin 2013
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/Juin
/2013 11:43
Délivrance
Jussi Adler Olsen
éditions Albin Michel
L'inspecteur Carl Morck revient de vacances et il est de mauvais poil: son bureau est condamné par les services d'hygiène à cause de présence d'amiante, l'élue de
son coeur, Mona la psychologue, est au fin fond de l'Afrique pour une mission humanitaire et, pour couronner le tout, ses assistants Rose et Assad sont toujours aussi insupportables. Comment
voulez-vous travailler dans des conditions pareilles? C'est dans ce contexte que notre équipe se retrouve en possession d'une bouteille jetée à la mer il y a de nombreuses années. Dans cette
bouteille, un SOS rendu illisible par le temps. De quoi et de qui s'agit-il? L'auteur du message est-il toujours vivant? Le défi est de taille et plus grand que Carl ne le pense car, dans
l'ombre, un tueur en série agit toujours...
C'est avec plaisir que j'ai retrouvé mon enquêteur scandinave préféré dans un troisième volume qui ne démérite en rien des premiers. Certes, la trame est toujours
la même avec d'un côté l'inspecteur qui mène son investigation et, de l'autre, un tueur qui poursuit ses sombres desseins, la narration alternant essentiellement entre les deux, avec cependant
quelques personnages secondaires qui apportent un véritable plus au récit. Cet épisode est également pour nous l'occasion d'en apprendre un peu plus sur la caractérielle Rose et de nous
interroger encore davantage sur l'énigmatique Assad. Enfin, comme à son habitude, Adler-Olsen allège une histoire plutôt noire grâce à l'humour désabusé de son protagoniste principal, Carl. Son
comportement désinvolte, sa fainéantise mais également son professionnalisme et sa gentillesse bourrue apportent une touche de fantaisie et font de Délivrance plus qu'un simple polar de
plage. Ce qui ne m'empêche pas au demeurant de vous le recommander pour cet été...
Par beux
-
Publié dans : Polar
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