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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 09:20

L02.jpgKhadija

Les femmes de l'islam t.1

Marek Halter

éditions Robert Laffont

2014

 

Après avoir parlé des femmes dans la Bible, Marek Halter entame sous forme de romans une série avec les femmes de l'islam. Un joli pied de nez à ceux qui croient que la religion est uniquement une affaire d'hommes ou aux féministes exaltées qui y voient un moyen de soumettre la pauvre femelle sans défense. En effet, personne n'était moins sans défenses que Khadija, la première femme de Mahomet. Veuve, elle épouse à près de quarante ans le futur prophète, de dix ans plus jeune, impressionnée par ses compétences de caravanier. Khadija, à qui le défunt époux a légué une richesse considérable, en tant que femme,  n'a pas le droit de siéger au conseil de la ville : son nouvel époux lui permet de faire entendre sa voix tout en respectant son indépendance. De plus Khadija est follement amoureuse du jeune homme et lui donnera de nombreux enfants. Elle le soutiendra sans faille même lorsque ce dernier se met soudain à entendre des voix dans une grotte...

Je vous entends venir : c'est un roman hein, un roman historique si on veut, et, de fait, si la trame correspond plus ou moins à la réalité, je pense qu'il y a bon nombre d'éléments inventés par l'auteur. Ne cherchez donc pas à y voir un essai religieux, de même qu'il serait ridicule de s'appuyer sur les romans de Dumas pour se prétendre historien. De fait, Khadija se lit avant tout pour ce qu'il est : un roman et un roman pas mal du tout d'ailleurs. On prend parti pour cette Khadija déterminée et volontaire, terrorisée par le temps qui passe et dont l'amour pour l'époux n'a d'égal que sa ténacité. On suit ses déboires familiaux et ses interrogations auprès des dieux . On tremble pour elle et les siens au moment de l'épidémie, on se demande si elle parviendra à donner un second fils à son mari et quand ce dernier va se découvrir prophète. Ne cherchez donc pas une quelconque initiation à l'islam dans ce récit mais plutôt un agréable divertissement au style très léger (ce n'est quand même pas de la haute littérature non plus) qui a surtout le mérite de dédiaboliser une culture que pour ma part je connais très mal.

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 13:14

L05.jpgViscères

Mo Hayder

Presses de la Cité

2015

 

ça commence par une gamine perdue que ses parents finissent par retrouver. Elle n'a rien mais dit avoir trouvé un petit chien qu'un homme gentil mais un peu bizarre a récupéré. Ce qu'elle ne dit pas à ses parents c'est que sur le collier du petit chien il y avait marqué : "Aidez-nous".

Flash-back... retour quelques heures en arrière : un couple de retraités, Oliver et Mathilda Anchor-Ferrers, leur fille Lucia et leur chien viennent d'arriver dans leur maison de campagne et y font une macabre découverte : des viscères pendus dans le jardin. Or, bien des années auparavant, l'ex petit ami de Lucia et sa fiancée avaient été retrouvés éviscérés. Mais puisque le coupable est toujours derrière les barreaux, qui est l'auteur de cette plaisanterie abominable ? Est-ce vraiment une plaisanterie d'ailleurs ?

De Mo Hayder je n'avais lu que Birdman, un polar où le meurtrier clouait dans la cage thoracique de ses victimes des oiseaux vivants à la place du coeur.  Le ton est donné : Mo Hayder est un auteur plutôt gore, adorant  situations sanguinolentes et scènes glauques. En revanche, cela ne fait pas pour autant d'elle un grand écrivain et Viscères en offre une parfaite illustration. L'histoire aurait pu être intéressante mais elle est mal menée, le narrateur passant d'un membre de la famille à un autre avant de s'intéresser tout à coup à l'inspecteur torturé (ils sont tous torturés de toute manière : vous n'en trouverez jamais un qui mène une vie paisible et satisfaisante) qui résoudra facilement l'affaire grâce à son flair infaillible. De plus, tout au long de ma lecture,  j'ai eu comme l'impression désagréable que l'auteur ne savait absolument pas où elle allait avant de commencer et que pouf ! elle s'est dit que finalement elle allait terminer comme ça. Le final est donc plutôt inattendu, pas trop mal d'ailleurs mais me paraît peu cohérent avec l'ensemble désolée. De plus, je suis plus que lasse de ce manichéisme dans la littérature policière, en particulier anglo-saxonne. Lasse de ces inspecteurs qui reconnaissent le "mal" dans les yeux des suspects, de ces enfants qui batifolent gaiement  dans les champs en oubliant les pédophiles qui rôdent ou de ces meurtriers sadiques prenant plaisir aux souffrances de leurs victimes. Le seul personnage un peu subtil dans Viscères ce n'est pas l'inspecteur, caricature comme je l'ai dit du policier hanté par les fantômes de son passé, mais le père de famille, Oliver, qui se révèle être un fabricant d'armes repenti et un homme un peu paranoïaque, bref un peu moins lisse que les autres protagonistes. Cela ne suffit pas à sauver un livre avec de bonnes idées mais qui aurait gagné à plus de simplicité et de finesse.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 12:04

L06.jpgHippocrate aux Enfers

Michel Cymes

éditions Stock

2015

 

Si vous aviez encore un peu le moral après ce début d'année majestueux, j'ai de quoi vous achever avec l'ouvrage de Michel Cymes : Hippocrate aux Enfers qui s'intéresse aux médecins des camps de la mort durant la seconde guerre mondiale. La question de l'auteur est simple : comment des hommes qui ont juré sur le serment d'Hippocrate de soigner et de soulager la souffrance humaine ont-ils pu se livrer à des expériences sur des prisonniers au nom de l'avancée médicale ? Hommes mis dans des caissons de dépressurisation ou plongés dans de l'eau glacée pour être mis en hypothermie, cobayes humains à qui on a innoculé volontairement le typhus, stérilisations de masse aux rayons X, castrations, jumeaux disséqués... je continue ou vous avez compris l'idée ? Cymes nous montre que ces faits n'étaient pas les faits d'hommes isolés, de médecins frustrés ou incompétents,  mais de tout un système financé par l'Etat et les laboratoires pharmaceutiques. C'est assez affreux. L'auteur, malgré son dégoût, essaie cependant de savoir si ses "recherches" ont abouti à de réelles avancées médicales et il apparait vite que cette boucherie n'a guère servi, même si certains médecins des camps seront engagés plus tard par les Etats-Unis et feront faire des avancées majeures dans le domaine de l'armement et de l'aérospatial. je suis sûre que les malheureux qui ont péri par millions sur une table d'opération seraient ravis d'apprendre qu'ils ont aidé indirectement nos amis américains à aller sur la Lune. Mauvaises blagues mises à part, Hippocrate aux Enfers a été très dur à lire puisque le livre nous fait pour le coup plonger dans la barbarie humaine dans toute sa splendeur. J'ai apprécié le style de Cymes qui, sans rester neutre (qui le pourrait ?) s'efforce de s'affranchir de son sentiment d'horreur pour décrire et analyser, préférant à de nombreuses reprises laisser la parole aux documents d'archives et aux témoignages ds rescapés. Un ouvrage dérangeant qui aborde un aspect de la seconde guerre mondiale que, pour ma part, je ne connaissais pas forcément.

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 16:34

L05.jpgBienvenue dans la vraie vie

Lauren Berger

Marabout

2014

 

Jeunes salariés, rassurez-vous : quelqu'un a compris vos problèmes. Vous vous révélez pitoyable dans votre travail? Vos collègues vous jettent des cailloux ? Votre patron vous hait ? Vous vous réveillez chaque matin dans votre vomi au milieu d'impayés ? Pas de panique, Lauren Berger est passée par là et va vous aider à gérer vos difficultés professionnelles, vos finances et même vos relations amoureuses. Cette sémillante trentenaire qui aime à rappeler qu'elle fait partie de la génération Y (comment dire gentiment qu'on s'en fout ?) a connu bien des déboires en entrant dans la vie active et, de fait, a décidé de faire profiter de son savoir-faire.

Bon, déjà là j'avoue que j'étais un peu perplexe car, tout bon roman d'apprentissage vous le dira, il me semble justement que l'intérêt de rentrer dans la vraie vie c'est justement d'apprendre, de commettre des erreurs et d'en tirer des leçons pour la suite, pas d'avoir derrière soi un coach qui vous explique que non, là, il faut que tu dises non à cette soirée parce que demain tu te lèves tôt pour aller travailler, sinon l'intérêt d'être parti de chez papa/ maman me semble minime. D'ailleurs je suis toujours perplexe devant ce métier de coach, un gars payé à vous dire comment mener votre vie comme s'il existait un mode d'emploi universel. Lauren Berger, elle, y croit : elle croit à sa mission d'aider les jeunes en début de carrière si fort qu'elle a créé une entreprise rien que pour ça, qu'elle est overbookée mais qu'elle y arrive parce qu'elle applique ses propres conseils, même si elle nous confesse que, parfois, elle envie les barmen qui, eux, une fois achevée leur journée, sont libres jusqu'au prochain service. Oui, enfin excuse-moi mais eux ils font un vrai métier hein, à courir partout, ils ne passent pas leurs journées à consulter Facebook, à se créér un réseau par téléphone et à donner des conseils foireux à de jeunes diplômés. L'écueil le plus important de cet ouvrage cependant, c'est que c'est écrit par une américaine et que le monde du travail anglo-saxon n'a pas grand-chose à voir avec le nôtre. Ainsi, quand l'auteur conseille d'aller à son bureau un dimanche pour tout ranger, je demande à voir en France les employés qui, pouf, comme ça, peuvent aller travailler le week-end sans trouver portes closes. De même, l'auteur nous raconte le cas où sa chef l'avait appelée au milieu de la nuit : cette dernière était en vacances en Italie et avait oublié du savon dans le restaurant où elle était allée  dîner. En Italie donc. Et comme elle ne se souvenait plus où elle avait dîné, elle demandait donc à son assistante de retrouver son savon à sa place. Assistante qui était, je le rappelle aux Etats-Unis. Voilà, et ça c'était pour illustrer le propos : "Débrouillez-vous pour toujours trouver une solution" et non pas : "Cette radasse m'a réveillée au milieu de la nuit pour une mission dont je doute qu'elle fasse partie de mes attributions. Je l'ai envoyée paître car il est important de garder une vie privée." Tout ça pour dire que beaucoup de conseils de Lauren Berger ne sont pas applicables et c'est tant mieux : pour ma part, je ne comptais pas m'inscrire à des associations pour inonder des malheureux de mes cartes de visite ou pour envoyer un mail au PDG de Pampers histoire de le féliciter de la naissance de son petit dernier parce que j'ai pris soin de lancer des alertes mail quand on parle de lui. Et encore je n'évoque même pas la partie finances ou déclarations d'impôts qui, pour le coup a été je pense entièrement adaptée par le traducteur.

Ne soyons pas trop méchante (comment ça trop tard?) tous les conseils de Lauren Berger ne sont pas mauvais mais il n'y a là rien de révolutionnaire : des trucs tirés de bouquins de développement personnel, des basiques comme faire du sport ou aller chez le dentiste et des mots choc comme "organiser", "prioriser" ou "maximiser". Merci madame, que ferais-je sans vous, vous qui jugez que Kim Kardashian est la femme la plus occupée au monde ? Pour ma part je pense surtout que vous pouvez faire comme Lauren Berger : si vous n'êtes pas bon dans votre travail, quittez-le pour créer un site expliquant aux autres comment mener leur vie. ça fait fureur en ce moment.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 15:53

L05.jpgPico Bogue

Cadence infernale

Roques/ Dormal

éditions Dargaud

2014

 

J'aime bien la BD Pico Bogue, si si je vous assure. J'ai beaucoup ri lors des premiers tomes. Mais là, je commence à me lasser. Dans ce cinquième volume on retrouve toute notre petite famille avec Pico, ses parents, sa soeur, ses amis et les amis de sa soeur.  Le fil rouge de Cadence infernale, c'est un livre d'étymologie que les enfants se refilent, qui leur permet d'apprendre de nouveaux mots et de donner lieu à des situations diverses et variées. Certaines planches font sourire il est vrai mais, pour le coup, beaucoup ont un air de déjà-vu. Peut-on consacrer cinq tomes à des personnages qui n'évoluent pas, à des gags qui se répètent et à un ton résolument gentillet et sans réelle audace ? Plus drôle certes que Cédric, Pico Bogue n'a ni la maturité des personnages de Mafalda, ni l'impertinence de Calvin et Hobbes et, si ses mésaventures étaient amusantes au début, elles commencent sérieusement à s'essouffler. Peut-être est-il temps d'évoluer quitte à prendre un risque. En effet, à vaincre sans péril...

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 18:15

L02.jpgLa fabrique de l'ennemi

Georges Lewi

éditions Vuibert

2014

 

Vous en rêviez : aujourd'hui nous allons parler du storytelling. Oh oui ok je sais mais je rappelle pour ceux qui auraient oublié que je gère un rayon livres d'entreprise et qu'il faut bien que j'aille y jeter un coup d'oeil de temps en temps. Qu'est-ce donc que le storytelling ? Georges Lewi dans son livre La fabrique de l'ennemi nous en fait une analyse assez intéressante. Le storytelling c'est l'art de raconter l'histoire d'une marque, d'un produit ou même d'une personne pour mieux vendre. Sachez donc que pour faire rêver vous devez mettre en scène, susciter l'imagination du consommateur avec le fameux "Il était une fois". Pour Lewi, il s'agit de s'appuyer sur des contraires : le fort/ le faible, le féminin/ le masculin et de créer une histoire avec un héros, un adjuvant et, surtout, un ennemi. Le "client" doit pouvoir s'identifier à son héros et ainsi être poussé à le soutenir. L'auteur, pour étayer sa démonstration, s'appuie sur le storytelling de marques (l'enfance et l'innocence de Coca-Cola contre la jeunesse et la fougue de Red Bull), de territoires (le calme naturel de l'île de Ré, la modernité festive de Ibiza) et même de personnalités (Barack Obama et Vladimir Poutine) tout en rappelant que le storytelling présente un danger, celui de figer marques ou autres dans un modèle qui parfois ne correspond plus à aucune attente.

La fabrique de l'enneni est un ouvrage assez intéressant malgré de nombreuses digressions (j'essaie toujours de comprendre pourquoi Lewi évoque l'interview d'une femme routier au beau milieu de sa démonstration) . Plus essai que manuel pratique, il présente un système qu'il défend tout en en montrant les limites et, au final, nous laisse avec cette morale étrange c'est, qu'au fond, ce ne sont pas les plus intelligents ni les plus travailleurs qui réussissent, mais ceux qui savent raconter les plus belles histoires.

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 15:15

L01.jpgL'arabe du futur

Riad Sattouf

Allary éditions

2014

 

Sous forme d'une bande dessinée, Riad Sattouf, l'auteur entre autres de La vie secrète des jeunes, revient sur ses premières années. Né de mère française et de père syrien, c'est un enfant blond qui va d'abord passer son enfance en Libye, puis en Syrie, deux pays alors sous les dictatures respectives de Khadafi et d'Hafez Al-Assad.

C'est rare qu'un livre me mette mal à l'aise, encore moins une bande dessinée. C'est pourtant le cas ici. Il n'y a rien de gommé et d'atténué dans cette description du monde arabe vu à travers les yeux d'un enfant : des maisons qu'on peut occuper si elles sont vides, des allocutions télé à la gloire du dirigeant en place, des immeubles jamais terminés, des pendaisons et des promenades en famille. Un univers qui contraste fortement avec les vacances passées en Bretagne auprès de la famille française. C'est un univers qui nous paraît totalement étranger, avec des touches de tendresse (la grand-mère qui sourit sans rien dire, le père qui montre à son fils comment faire tomber les fruits d'un arbre..) mais également beaucoup de violence : enfants qui jouent avec des pistolets ou livrés à eux-mêmes, tortures d'animaux, messages de haine... Toutes les contradictions d'un peuple qui se retrouvent dans le père du héros lui-même : celui qui se révèle être par ailleurs un père aimant et un homme cultivé, méprisant la bigoterie et l'obscurantisme et rêvant d'un "arabe du futur" lettré et apte à se prendre en main, celui-là même quand il se retrouve chez lui prend la défense de Khadafi ou d'Hafez Al-Assad, tient des propos haineux contre juifs et américains et fait clairement comprendre à son fils que la femme est un être inférieur. A dire vrai, j'ai trouvé ça un peu décourageant. Décourageant de se rendre compte à quel point le choc des cultures peut être brutal. Bien sûr, il s'agit de souvenirs datant de trente ans mais tout de même. C'est plutôt rude. Là où je trouve Sattouf particulièrement bon, c'est quand dans son dessin il laisse le regard s'attarder sur les détails : le père qui dit des horreurs devant la télé mais, tout ce que l'enfant note et retient, c'est sa position, la tête relevée alors qu'il est couché par terre ; les petites voitures rangées impeccablement en ligne, les motifs symétriques de l'étoile de David... Tout pour nous rappeler que c'est à travers les yeux d'un gamin de six ans que nous vivons ce récit et que ce dernier s'intéresse moins à la situation géopolitique de la Libye ou de la Syrie qu'au fait qu'il perd toujours aux petits soldats parce que ses cousins lui filent systématiquement les soldats juifs.  Cela produit un mélange détonnant entre innocence et cruauté (le dessin est doux, presque enfantin, le propos violent), entre souvenirs d'enfance assez émouvants et descriptions qui n'ont rien de complaisantes. Je suis donc sortie plus que perturbée de cette lecture, ce qui ne m'empêchera pas de lire la suite dès qu'elle sortira. 

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 13:48

L02.jpgJe sais que vous mentez

Paul Ekman

éditions J'ai Lu

2009

 

Sauf qu'en fait l'auteur passe la moitié du livre à vous expliquer que, non, on ne peut jamais être sûr à 100% de qui ment ou de qui dit la vérité. L'auteur c'est Paul Ekman, psychologue et formateur au FBI, également consultant à l'époque pour la série Lie to me, vous savez la série un peu ennuyeuse où un gars parvenait à connaître la vérité rien qu'au mouvement de sourcil de son interlocuteur : "Ah ah vous mentez ! Je le vois à la façon dont votre nez se plisse." Bon, de toute évidence, la vérité est une affaire autement plus complexe et Paul Ekman s'attache surtout à la morpho-psychologie et à la façon dont nos émotions peuvent se refléter dans nos paroles mais, surtout, sur notre visage. En effet, c'est en analysant ces émotions que le détecteur peut déterminer si son interlocuteur lui cache des choses ou pas. Paul Ekman en profite pour nous rappeler les différentes formes de mensonges en nous citant bon nombre d'exemples de l'histoire.

Je sais que vous mentez n'est pas inintéressant, loin de là, mais, à dire vrai, ne m'a pas beaucoup parlée. D'une part, parce que je pense être une très mauvaise menteuse. D'autre part, parce que, défaillance génétique plus que probable, je ne suis absolument pas pas physionomiste et que je suis capable de dire bonjour à un client que je viens de servir. Alors, quand Ekman présente une série de photos avec un gars en train de sourire et explique que bon là, c'est un vrai sourire, là un sourire de tristesse, celui-là un sourire de dégoût... je me retrouve à loucher sur les images à chercher les différences, un jeu que j'ai toujours cordialement détesté. Menteurs, menteuses, rassurez-vous donc : je suis malgré la lecture de cet ouvrage bien incapable de vous démasquer et ce n'est pas plus mal car, comme le souligne Ekman, tous les mensonges ne sont pas mauvais puisqu'ils permettent bien souvent de se préserver une part d'intimité dans un monde qui ne le permet plus guère.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 15:53

L02.jpgL'oeuf de dragon

George R.R.Martin

éditions Pygmalion

2010

 

Et non ! Désolée de vous décevoir mais, encore une fois, nous ne parlerons pas de la suite du Trône de Fer. Revenons en revanche quatre-vingt-dix ans en arrière avec L'oeuf de dragon du même auteur.

Au royaume des sept couronnes, bien des années avant la chute de la maison Targaryen, Aegon, surnommé l'Oeuf  (il se fait raser le crâne pour ne pas se faire reconnaître), neveu du roi Aerys 1er, voyage incognito avec un chevalier errant, Dunk, à qui il sert d'écuyer. Une façon comme une autre de faire son apprentissage. Sur leur route, les deux hommes croisent un groupe de chevaliers qui les invitent à rejoindre un tournoi donné à l'occasion des noces de lord Beurpuits. Le prix de ce tournoi n'est pas moindre puisqu'il s'agit d'un oeuf de dragon d'une valeur inestimable. Dunk, attiré surtout par la perspective d'une récompense moindre (de l'argent) se joint aux invités de la noce mais ne tarde pas à découvrir que ce mariage est un nid d'intrigues et de complots visant à renverser le roi légitime de son trône. Si quelqu'un découvre l'identité de l'Oeuf, le chevalier et son écuyer sont perdus...

Plus qu'un roman, L'oeuf de dragon est surtout une grosse nouvelle qui,  pour les amateurs de la saga, nous replonge un peu dans l'univers des sept royaumes. Ne cherchez pas vos personnages favoris, ni même vos familles de prédilection : les noms des Stark et des Lannister sont seulement mentionnés, les Baratheon sont totalement absents. Un seul personnage du Trône de Fer apparaît dans le récit, je vous laisse trouver lequel ! Concernant l'histoire, celle-ci n'a rien d'exceptionnel : l'intrigue se déroule sur quelques jours, le temps du tournoi, et se concentre essentiellement sur Dunk et sur son écuyer. C'est une intrigue assez ténue qui repose sur les dialogues entre les personnages et des rivalités plus ou moins déclarées. Pour résumer, L'oeuf de dragon est surtout un récit destiné aux amateurs de la saga et qui retrouveront avec plaisir l'univers de cette dernière, mais a peu de chances de séduire ceux qui voudraient commencer par là.

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 12:21

L02.jpgBroken Soup

Jenny Valentine

éditions Ecole des Loisirs

2008

 

Depuis deux ans, la vie de Rowan a viré au cauchemar : son grand frère Jack est mort, ses parents se sont séparés, et sa mère est devenue tellement dépressive qu'elle n'est plus capable de s'occuper d'elle et de sa petite soeur Stroma. A Rowan de gérer le quotidien en faisant face à son propre chagrin et au souvenir de son frère qui hante la maison. Mais un jour, un événement étrange se produit : un inconnu lui tend un négatif d'une photographie qu'elle aurait laissé tomber. Sauf que cette photo, Rowan ne l'a jamais vue, même si elle ne tarde pas à se rendre compte que le visage dessus lui est familier.

Comment retrouver le goût de la vie après la perte d'un être aimé ? Comment se débarrasser d'un fantôme sans pour autant l'oublier ? Broken Soup est avant tout un très joli roman sur le deuil et la manière de le gérer : il y a Rowan qui essaie de faire front en conservant dans son esprit les bons comme les mauvais côtés de son frère et qui gère le quotidien comme elle peut, et il y a sa mère qui s'enfonce dans la dépression et qui chérit un enfant idéalisé qui n'a jamais existé en oubliant de vivre. Là où Jenny Valentine est assez subtile, c'est lorsqu'elle met en avant les failles des deux méthodes : si la mère ne peut pas s'en sortir de la sorte, Rowan ne peut pas non plus se substituer à ses parents et doit faire face à son propre chagrin. Survient alors une histoire d'amour avec un jeune baroudeur du nom de Harper qui lui donne envie de redevenir adolescente, et une histoire d'amitié avec Bee, une fille de son école avec qui elle peut se confier sur son frère..  Autant de rencontres qui vont permettre à notre héroïne de se reconstruire. C'est mignon et assez touchant mais j'ai trouvé ça un peu facile parfois, en particulier ces deux personnages sortis de nulle part qui prennent soudain une place démesurée dans la vie de Rowan. De même, la petite soeur Stroma est un personnage très drôle, très attachant, mais elle paraît peu crédible. Enfin, si le style du roman est agréable, bien écrit, je suis gênée par une fin abracadabrante et par quelques passages trop sucrés à mon goût. Cela n'empêche pas à Broken Soup de demeurer un roman ado de très bonne facture qui nous rappelle que la meilleure façon de gérer le deuil, c'est le temps.

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