Dimanche 25 janvier 2015 7 25 /01 /Jan /2015 13:48

L02.jpg Je sais que vous mentez

Paul Ekman

éditions J'ai Lu

2009

 

Sauf qu'en fait l'auteur passe la moitié du livre à vous expliquer que, non, on ne peut jamais être sûr à 100% de qui ment ou de qui dit la vérité. L'auteur c'est Paul Ekman, psychologue et formateur au FBI, également consultant à l'époque pour la série Lie to me, vous savez la série un peu ennuyeuse où un gars parvenait à connaître la vérité rien qu'au mouvement de sourcil de son interlocuteur : "Ah ah vous mentez ! Je le vois à la façon dont votre nez se plisse." Bon, de toute évidence, la vérité est une affaire autement plus complexe et Paul Ekman s'attache surtout à la morpho-psychologie et à la façon dont nos émotions peuvent se refléter dans nos paroles mais, surtout, sur notre visage. En effet, c'est en analysant ces émotions que le détecteur peut déterminer si son interlocuteur lui cache des choses ou pas. Paul Ekman en profite pour nous rappeler les différentes formes de mensonges en nous citant bon nombre d'exemples de l'histoire.

Je sais que vous mentez n'est pas inintéressant, loin de là, mais, à dire vrai, ne m'a pas beaucoup parlée. D'une part, parce que je pense être une très mauvaise menteuse. D'autre part, parce que, défaillance génétique plus que probable, je ne suis absolument pas pas physionomiste et que je suis capable de dire bonjour à un client que je viens de servir. Alors, quand Ekman présente une série de photos avec un gars en train de sourire et explique que bon là, c'est un vrai sourire, là un sourire de tristesse, celui-là un sourire de dégoût... je me retrouve à loucher sur les images à chercher les différences, un jeu que j'ai toujours cordialement détesté. Menteurs, menteuses, rassurez-vous donc : je suis malgré la lecture de cet ouvrage bien incapable de vous démasquer et ce n'est pas plus mal car, comme le souligne Ekman, tous les mensonges ne sont pas mauvais puisqu'ils permettent bien souvent de se préserver une part d'intimité dans un monde qui ne le permet plus guère.

Par beux - Publié dans : Essais
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Mardi 20 janvier 2015 2 20 /01 /Jan /2015 15:53

L02.jpg L'oeuf de dragon

George R.R.Martin

éditions Pygmalion

2010

 

Et non ! Désolée de vous décevoir mais, encore une fois, nous ne parlerons pas de la suite du Trône de Fer. Revenons en revanche quatre-vingt-dix ans en arrière avec L'oeuf de dragon du même auteur.

Au royaume des sept couronnes, bien des années avant la chute de la maison Targaryen, Aegon, surnommé l'Oeuf  (il se fait raser le crâne pour ne pas se faire reconnaître), neveu du roi Aerys 1er, voyage incognito avec un chevalier errant, Dunk, à qui il sert d'écuyer. Une façon comme une autre de faire son apprentissage. Sur leur route, les deux hommes croisent un groupe de chevaliers qui les invitent à rejoindre un tournoi donné à l'occasion des noces de lord Beurpuits. Le prix de ce tournoi n'est pas moindre puisqu'il s'agit d'un oeuf de dragon d'une valeur inestimable. Dunk, attiré surtout par la perspective d'une récompense moindre (de l'argent) se joint aux invités de la noce mais ne tarde pas à découvrir que ce mariage est un nid d'intrigues et de complots visant à renverser le roi légitime de son trône. Si quelqu'un découvre l'identité de l'Oeuf, le chevalier et son écuyer sont perdus...

Plus qu'un roman, L'oeuf de dragon est surtout une grosse nouvelle qui,  pour les amateurs de la saga, nous replonge un peu dans l'univers des sept royaumes. Ne cherchez pas vos personnages favoris, ni même vos familles de prédilection : les noms des Stark et des Lannister sont seulement mentionnés, les Baratheon sont totalement absents. Un seul personnage du Trône de Fer apparaît dans le récit, je vous laisse trouver lequel ! Concernant l'histoire, celle-ci n'a rien d'exceptionnel : l'intrigue se déroule sur quelques jours, le temps du tournoi, et se concentre essentiellement sur Dunk et sur son écuyer. C'est une intrigue assez ténue qui repose sur les dialogues entre les personnages et des rivalités plus ou moins déclarées. Pour résumer, L'oeuf de dragon est surtout un récit destiné aux amateurs de la saga et qui retrouveront avec plaisir l'univers de cette dernière, mais a peu de chances de séduire ceux qui voudraient commencer par là.

Par beux - Publié dans : Héroïc-Fantasy
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Dimanche 18 janvier 2015 7 18 /01 /Jan /2015 12:21

L02.jpg Broken Soup

Jenny Valentine

éditions Ecole des Loisirs

2008

 

Depuis deux ans, la vie de Rowan a viré au cauchemar : son grand frère Jack est mort, ses parents se sont séparés, et sa mère est devenue tellement dépressive qu'elle n'est plus capable de s'occuper d'elle et de sa petite soeur Stroma. A Rowan de gérer le quotidien en faisant face à son propre chagrin et au souvenir de son frère qui hante la maison. Mais un jour, un événement étrange se produit : un inconnu lui tend un négatif d'une photographie qu'elle aurait laissé tomber. Sauf que cette photo, Rowan ne l'a jamais vue, même si elle ne tarde pas à se rendre compte que le visage dessus lui est familier.

Comment retrouver le goût de la vie après la perte d'un être aimé ? Comment se débarrasser d'un fantôme sans pour autant l'oublier ? Broken Soup est avant tout un très joli roman sur le deuil et la manière de le gérer : il y a Rowan qui essaie de faire front en conservant dans son esprit les bons comme les mauvais côtés de son frère et qui gère le quotidien comme elle peut, et il y a sa mère qui s'enfonce dans la dépression et qui chérit un enfant idéalisé qui n'a jamais existé en oubliant de vivre. Là où Jenny Valentine est assez subtile, c'est lorsqu'elle met en avant les failles des deux méthodes : si la mère ne peut pas s'en sortir de la sorte, Rowan ne peut pas non plus se substituer à ses parents et doit faire face à son propre chagrin. Survient alors une histoire d'amour avec un jeune baroudeur du nom de Harper qui lui donne envie de redevenir adolescente, et une histoire d'amitié avec Bee, une fille de son école avec qui elle peut se confier sur son frère..  Autant de rencontres qui vont permettre à notre héroïne de se reconstruire. C'est mignon et assez touchant mais j'ai trouvé ça un peu facile parfois, en particulier ces deux personnages sortis de nulle part qui prennent soudain une place démesurée dans la vie de Rowan. De même, la petite soeur Stroma est un personnage très drôle, très attachant, mais elle paraît peu crédible. Enfin, si le style du roman est agréable, bien écrit, je suis gênée par une fin abracadabrante et par quelques passages trop sucrés à mon goût. Cela n'empêche pas à Broken Soup de demeurer un roman ado de très bonne facture qui nous rappelle que la meilleure façon de gérer le deuil, c'est le temps.

Par beux - Publié dans : Jeunesse
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Jeudi 15 janvier 2015 4 15 /01 /Jan /2015 11:29

L01.jpg Notre-Dame de Paris

Victor Hugo

éditions Pocket

1831

 

Il m'a fallu du temps pour le lire celui-là! De Notre-Dame de Paris, mon premier souvenir est celui d'un film terrifiant où un homme abominable balançait du haut de Notre-Dame des seaux d'huile bouillante à des assaillants en colère. Puis, adolescente, j'ai découvert la très très très libre adaptation de Walt Disney, tout aussi terrifiante dans le genre sucré et et nauséabond. Intriguée, j'ai tenté une première fois la lecture de l'oeuvre pour la reposer passées les dix premières pages, découragée par des descriptions à rallonge et des considérations à n'en plus finir sur l'architecture médiévale. Des années plus tard, Les 1001 Livres.... m'ont offert l'occasion d'y revenir.

Nous sommes à Paris en 1482 sous le règne du terrible Louis XI. A l'ombre de Notre-Dame, la jolie bohémienne Esméralda danse sous le regard sombre de l'archidiacre Frollo. Lui l'alchimiste un peu sorcier qui jusque là ne vivait que pour l'étude et son jeune frère, le voilà qu'il est pris d'un désir ardent pour cette gitane. Il décide de l'enlever avec l'aide de son protégé, Quasimodo, un bossu contrefait qu'il a recueilli et qui vit à Notre-Dame, rendu sourd par les cloches. Leur plan est mis à mal par l'arrivée de Gringoire, un poète sans un sou et, surtout, du beau capitaine Phoebus dont Esméralda tombe immédiatement amoureuse.

Il est difficile de résumer un récit aussi foisonnant qui fait intervenir un grand nombre de personnages. Pour dire la vérité, le début du livre m'a sérieusement ennuyée : l'action est très longue à se mettre en place, les descriptions de Hugo sont pesantes et ses références à l'architecture ne me parlent absolument pas. Mais, passé le premier cap, c'est tout un décor qui se met en place : cathédrale imposante, Cour des Miracles, personnages comiques ou tragiques, le grotesque côtoie le sublime et vice-versa. Les bouffonneries de Jehan Frollo contrastent avec les tourments de son frère, la pureté des sentiments de Quasimodo pour Esméralda s'oppose à sa laideur monstrueuse tandis que la passion de cette dernière pour Phoebus se heurte à l'indifférence du beau capitaine. Les scènes comiques (l'arrivée de Gringoire à la Cour des Miracles, le procès de Quasimodo mené par un juge sourd) alternent avec de très beaux moments tragiques (les déchirements de Frollo, la solitude de Quasimodo, les tortures de la bohémienne...). C'est une oeuvre flamboyante, gothique, qui restitue à merveille un monde médiéval grouillant de vie mais acceptant la mort avec tout autant de facilité. Gibets et gargouilles,  alchimie, voleurs et poètes... On passe la première moitié du livre à se demander pourquoi ce roman est si célèbre et l'autre moitié à comprendre son succès.

Par beux - Publié dans : Classiques
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Lundi 12 janvier 2015 1 12 /01 /Jan /2015 11:18

L05.jpg ça peut pas rater !

Gilles Legardinier

éditions Fleuve Noir

2014

 

Ma dernière expérience avec Legardinier a été plus que désastreuse et c'est sans entrain mais pleine de bonne volonté que j'ai décidé de lire son dernier ouvrage : ça peut pas rater ! qui est, encore une fois, une histoire de filles si j'ose dire. Marie est une jeune femme bien malheureuse : quand notre histoire commence, elle vient de se faire larguer par son concubin qui lui a préférée une autre et qui l'a foutue à la porte. Au travail, ce n'est guère mieux : son patron, un tyran, complote contre elle et ses collègues. Notre héroïne en a assez : rébellion! Sus aux hommes et à leurs manoeuvres infâmes! Elle décide de se venger de son ex et de déjouer les pièges de son chef. Mais sa carapace vacille quand elle reçoit une lettre d'un admirateur secret. Marie retrouvera-t-elle le goût d'aimer et sa solitude finira-t-elle ?

Bon, soyons honnête : ça peut pas rater! est nettement moins catastrophique que Et soudain tout change et renoue un peu avec le plus plaisant Demain j'arrête ! Comme dans tous ses livres, Legardinier commence par une scène d'ouverture choc, notre héroïne qui, ruminant sa tristesse dans les rues de Paris, tombe accidentellement dans le canal et se fait piquer son sac à main par un clochard. Très cinématographique tout ça mais ça fait bien rire de même que quelques scènes très "visuelles" du livre : Marie qui monte une expédition commando à la soirée de son ex, une journée formation qui tourne à la farce... Dommage que ce comique de situation soit gâché par des dialogues artificiels et pompeux qui détonnent dans un récit léger. J'émets aussi de sérieuses réserves sur une intrigue plus que mince et prévisible de bout en bout. Si l'idée d'un mystérieux admirateur crée un mini suspens, c'est un suspens vite éventé car, pour ma part, j'avais déjà trouvé l'élu dès les premières pages. Enfin et surtout, je trouve le personnage de Marie caricatural : Legardinier a voulu faire d'elle une Bridget Jones à la française : il en fait juste une célibataire incapable de se prendre en charge et terrorisée à l'idée de finir seule. Ceci est un message direct adressé à l'auteur : si les célibataires effectivement ne sont parfois pas forcément enchantés de leur célibat, ce ne sont pas pour autant des désespérées chantant du Céline Dion sous leur douche et obnubilées par le moindre homme qui leur sourit. Legardinier fait en effet de son héroïne un véritable coeur d'artichaut, tombant amoureuse du premier homme qui est gentil avec elle et se guérissant d'une relation de dix ans avec autant de facilité que quelqu'un s'arrachant un pansement. Un personnage sans grand intérêt donc que même une ultime décision ne parvient pas à rendre crébile. De plus, j'ai été plus qu'exaspérée par cette dichotomie homme/ femme présente tout au long du récit et qui fait des hommes soit des ordures machos, sexistes et volages, soit des êtres doux et attentionnés jouant avec le petit Enzo dans une maisonnette de banlieue tandis qu'il fait des femmes des êtres d'exception tout en les renvoyant à des rôles de victimes innocentes qui se regroupent entre elles (oui oui, comme à la maternelle, chez Legardinier les garçons et les filles ils préfèrent faire des clans et glousser en se regardant de loin) pour essayer de comprendre leurs mâles. Pas du tout caricatural tout ça. En bref, ça peut pas rater ! présente quelques qualités comiques mais est si manichéen qu'il finit plus par agacer que par faire rire.

Par beux - Publié dans : Roman
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