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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 17:33

L03.jpgA la poursuite de ma vie

John Corey Whaley

éditions Casterman

2014

 

Travis est mort à l'âge de seize ans d'une leucémie. Enfin, mort, pas vraiment : sa tête a été cryogénisée dans l'espoir qu'un jour les progrès de la médecine permettent de la greffer sur le corps d'un donneur. Et, aussi fou que cela puisse paraître, ça a marché : cinq ans plus tard Travis se réveille, propriétaire d'un corps tout neuf. Le problème c'est qu'il a toujours seize ans et, qu'autour de lui, tout a changé : ses parents ont dû faire face à son absence, son meilleur ami Kyle est à l'université et sa petite amie Cate a vingt-un ans désormais et est sur le point de se marier.

Je ne suis pas très en avance avec ce livre qui m'a été envoyée en service de presse l'an dernier et qui a eu la malchance de tomber en plein milieu de ma lecture de Chateaubriand. Depuis, il avait été relégué sur une pile... Bon, très honnêtement, je ne vous ai pas fait passer à côté du titre de la rentrée ado de 2015. L'histoire est sympa et il y a une vraie réflexion sur le deuil et l'éloignement. J'ai apprécié également l'absence de toute morale sucrée avec un héros qui retrouverait l'amour par exemple. Le ton est beaucoup plus détaché et plus réaliste. Cependant, est-ce un problème de style, d'intrigue ? Je ne suis jamais vraiment rentrée dans le livre : je n'ai ressenti aucune émotion, aucun plaisir et aucune impatience à en connaître la suite. A la poursuite de ma vie c'est comme un de ces plats tout faits qu'on avale entre midi et deux : ça cale, ce n'est pas désagréable mais ça ne présente pas franchement d'intérêt. Gageons que, d'ici un an j'aurais déjà oublié.

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 12:23

Watership Down

Richard Adams

éditions Toussaint Louverture

1972

 

"Qu'est-ce que c'est?" m'interroge mon collègue en revenant de sa pause déjeuner et en me retrouvant en train de regarder amoureusement un livre sur le bureau.

"C'est Watership Down ! je lui répond avec enthousiasme, c'est un classique de la littérature et ça fait des années que j'essaie de le lire en anglais puisqu'il n'était plus disponible en français. ça y est, ils l'ont retraduit!

- C'est vrai que la couverture est belle, admire mon collègue d'un air intéressé. Et ça parle de quoi ?

- Heu... de lapins."

La lueur d'intérêt disparaît immédiatement pour laisser place à une expression mi-moqueuse mi-incrédule.

"De lapins ?

- Oui mais c'est pas ridicule hein. Ce sont des lapins qui fuient la garenne et..."

Bon, lui je n'arriverai pas à le convaincre. Mais je suis sûre que j'arriverai à rallier quelques-uns d'entre vous à ma cause, du moins ceux qui veulent bien admettre que des lapins peuvent être les héros d'une histoire. A titre indicatif, sachez tout de même que ma collègue du rayon littérature, trompée il est vrai par une accroche prometteuse "Le Walking Dead des Lapins!" (les éditeurs sont vraiment prêts à tout pour vendre leurs ouvrages) a lu le livre et, un peu perplexe, l'a bien aimé malgré tout alors que pour le coup ce n'est vraiment pas son genre de romans.

Watership Down c'est l'histoire de Hazel, un lapin paisible qui vit dans sa garenne sans se préoccuper de grand-chose jusqu'à ce que son frère Fyveer, un chétif doué d'étranges intuitions, le supplie de quitter les lieux, persuadé qu'un horrible danger les menace tous. Echouant à convaincre le Maître, les deux frères parviennent néanmoins à persuader quelques autres lapins de fuir la garenne avec eux : il y a entre autres Bigwig le lapin de combat fort en gueule, Rubus le rusé, Pipkyn le petit timoré, Dandelion le conteur... Les voilà tous partis pour un long voyage semé d'embûches et de rencontres et qui les mènera jusqu'à Watership Down la terre promise.

Il est difficile de résumer un livre qui est un mélange de conte animalier et de roman initiatique et qui mêle l'histoire de Hazel et  de ses compagnons aux légendes de Shraavilshâ le premier lapin. L'auteur a un talent rare, celui d'humaniser ses héros tout en ne tombant pas dans le travers d'anthropomorphisme. Hazel et ses compagnons restent des lapins avant tout : ils craignent l'homme et le vilou (les prédateurs), ils lèchent leurs blessures pour guérir, ils cherchent en priorité des terriers pour se protéger, des endroits pour manger et des femelles pour se reproduire. Tout l'art de Richard Adams réside dans le fait que le lecteur va se passionner pour cette quête qui va permettre des réflexions plus profondes. Lors de leur périple les lapins vont ainsi tomber sur une garenne en apparence prospère mais qui vit en permanence dans la peur de l'homme et de ses pièges, et une autre garenne à visée expansionniste, qui pour le coup vit en sécurité mais est soumise à une véritable dictature militaire. L'occasion pour les lecteurs de réfléchir aux différents modèles de société... Atypique, Watership Down a donc de quoi surprendre mais ne vous laissez pas arrêter par sa thématique animalière, moins prisée chez nous il est vrai que dans les pays anglo-saxons : ce serait vous priver d'un roman au charme unique.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 12:24

Jane Eyre

Charlotte Brontë

éditions Gallimard

1847

 

Un pauvre pasteur veuf avait six enfants, cinq filles et un garçon. Les deux plus âgées, Maria et Elizabeth meurent de la tuberculose à l'âge respectif de onze et dix ans. Les quatre enfants survivants sont marqués par ces décès brutaux : doués et imaginatifs, ils se créent un monde imaginaire et se mettent à écrire, se protégeant tant bien que mal d'une éducation austère et d'un monde qui ne laisse d'autres options aux femmes que de se marier ou d'instruire les enfants. Nos héros grandissent : le seul garçon, Branwell, dépressif et alcoolique suite à un chagrin d'amour, meurt de tuberculose à son tour. Deux de ses soeurs, Emily et Ann, succombent à ce même fléau dans les deux ans qui suivent. La seule rescapée, Charlotte, aura quelques années de répit, le temps de se marier avant de se mourir suite à une complication de grossesse.

ça pourrait être un roman mais ce n'est que le destin tragique de la plus célèbre famille d'écrivains sous l'époque victorienne, celui de la famille Brontë. Le livre dont nous allons parler aujourd'hui , Jane Eyre, est le roman de Charlotte, l'ultime survivante. Ce fut également le roman dont le succès permit à Emily et Ann de faire connaître leurs propres écrits mais de ces derniers nous parlerons plus tard.

Jane Eyre c'est l'histoire d'une orpheline sans liens et sans le sou qui, à force de persévérance, acquiert une solide éducation et parvient à dénicher un poste de gouvernante auprès de la pupille française du mystérieux Rochester. Il est beaucoup plus âgé qu'elle et il n'est pas très beau mais elle tombe amoureuse et, contre toute attente, le riche propriétaire s'éprend de cette jeune femme au physique quelconque. Il la demande en mariage, elle accepte mais de sombres secrets vont mettre en péril ce bonheur naissant.

J'avais déjà lu Jane Eyre étant lycéenne mais j'avais oublié à quel point ce livre était émouvant. Tout tient dans la personnalité des personnages : Jane est une jeune femme pauvre mais instruite, passionnée et volontaire et qui a suffisamment d'estime de soi pour ne pas se laisser ébranler par le regard méprisant des gens mieux nés qu'elle. A cet étonnant mélange d'aplomb et de sagesse, l'auteur oppose un prince charmant atypique, un homme qui n'est déjà plus tout jeune, pas franchement beau, qui confesse des maitresses, doté d'un caractère parfois irascible et dont l'autorité se heurte à la volonté farouche de sa petite gouvernante. Cette romance improbable avec son lot de mystères et de secrets est d'autant plus touchante qu'elle résonne de façon étonnamment moderne. J'adore Jane Austen, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, mais ses héroïnes sont plus sages et évoluent dans un monde conventionnel. Jane Eyre est un être libre qui méprise les normes et ne se fie qu'à son propre jugement tout en ayant plus que conscience de ses faiblesses et de ses imperfections. Son histoire est touchante et sa voix, portée par une narration à la première personne, séduit un lecteur ému par son parcours difficile et ses sentiments ardents. Bien que long, l'ouvrage de ce fait se lit d'une traite et, grâce à ses multiples rebondissements et ses nombreux changements de "décor" évite les longueurs et les passages à vide. Après avoir relu avec plaisir le texte de Charlotte Brontë il ne me reste plus désormais qu'à découvrir si ses soeurs ont fait aussi bien.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 12:05

L01.jpgUne semaine, 7 lundis

Jessica Brody

éditions Gallimard Jeunesse

2016

 

Ellie Sparks a définitivement vécu le pire lundi de sa vie : elle s'est faite tremper par la pluie le jour de la photo de classe, s'est mangée un zéro à un contrôle surprise d'histoire, a fait une allergie aux amandes lors de son discours pour le poste de déléguée suppléante, a loupé les essais de base-ball qui lui auraient permis d'intégrer l'équipe semi-pro du lycée et, enfin, s'est faite larguer par son petit ami Tristan à la fête foraine le soir venu. Elle donnerait tout pour avoir une chance de tout recommencer aussi lorsque le lendemain elle découvre avec stupeur que c'est de nouveau lundi elle est bien déterminée à tout bien faire cette fois-ci et, surtout, à reconquérir le coeur de Tristan...

Une semaine, 7 lundis n'est pas d'une extraordinaire qualité littéraire mais en revanche est plutôt drôle. Se revendiquant pour le coup clairement comme un hommage au film culte Un jour sans fin de Harold Ramis, il met en scène une narratrice rafraîchissante et amusante, une bonne élève qui, au fils des lundis qui se répètent, va totalement se lâcher et oser de plus en plus de choses pour briser la malédiction du recommencement : se transformer en petite amie modèle, en femme fatale, en rebelle... Certaines scènes sont de ce fait totalement hilarantes. J'adhère moins au final, prévisible dès les premières pages, sucré et à tout prendre assez moralisateur même si cette morale reste pleine de bon sens : inutile de vous transformer en ce que vous n'êtes pas pour plaire aux autres, soyez simplement vous-même. Le roman est aux ados ce que la chick-lit est aux adultes: un ouvrage divertissant, plein de bons sentiments et qui n'a pour objectif que de faire passer un agréable moment à ses lectrices. Mission accomplie.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:42

L01.jpgIlluminae

Arnie Kaufman / Jay Kristoff

éditions Casterman

2015

 

Cette série SF pour ados risque de faire du bruit et vous avez toutes les chances de la croiser en librairie. Aussi, comme je suis sympa, je vais vous parler de ce qui, à mon sens, va probablement devenir un phénomène.

En 2575, le jour où Kady Grant quitte son petit ami Ezra Mason, la planète où elle vit, Kerenza, colonie illégale d'une compagnie minière, est attaquée par Beitech, une entreprise interstellaire sans scrupules. Par miracles quelques milliers de survivants dont Ezra et Kady parviennent à fuir. La flotte, composée de deux vaisseaux civils, le Copernicus et l'Hypatia, et d'un porte-chasseur, l'Alexander, s'efforce de rejoindre la station Heimdall qui leur permettra de "sauter" jusqu'au Coeur, toujours poursuivie par le Lincoln, le cuirassé de Beitech. Des problèmes supplémentaires apparaissent : à bord du Copernicus une mystérieuse maladie se déclare chez des survivants et Aidan, l'intelligence artificielle de l'Alexander, a été endommagée et donne des ordres incompréhensibles.

L'histoire n'a pas été sans me faire penser à celle de la très bonne série télévisée Battlestar Galactica : un groupe de survivants mené par un vaisseau de guerre et qui tente de fuir un ennemi redoutable... L'intrigue est bien menée et réserve son lot de surprises et de rebondissements. Cependant, l'originalité de Illuminae réside avant tout dans sa forme : pas de narration linéaire mais un récit présenté sous forme de dossier avec des rapports, des échanges d'e-mails, des retranscriptions audios, des extraits de journaux intimes, des listes nécrologiques... Les auteurs se lâchent également sur la mise en page avec des pages noires et blanches, des lettres qui ondulent pour mimer des mouvements ou éclatent pour simuler des explosions, des blancs, des fondus ou des silences... Le roman est de ce fait extrêmement vivant et tient en haleine un lecteur curieux de savoir si Ezra et Kady vont finalement parvenir à se retrouver. Bon sur les cinquante dernières pages j'ai trouvé au livre quelques longueurs (les divagations d'Aidan s'étirent parfois un peu trop à mon goût) et je suis un peu déçue par la fin même si, après réflexion, celle-ci me semble nécessaire pour aborder la suite. Ambitieux, Illuminae s'impose en tous cas comme une nouveauté majeure de cet automne même si comme moi vous n'avez pas plus de goût que ça à la SF pure et, pour le coup s'adresse à mon sens aussi bien aux adultes qu'aux ados.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 12:18

L02.jpgDragon Boy

Guido Sgardoli

éditions Auzou

2016

 

Ce livre m'a d'abord fait peur : c'est l'histoire de Max, un jeune garçon à qui sa soeur offre un journal intime. ça vous rappelle quelque chose ? ça sentait un peu le plagiat du Journal d'un dégonflé. Rassurez-vous cependant il n'en est rien. En effet, Max n'a rien à voir avec Greg, le héros de Kinney. Dès les premières pages on comprend qu'il s'agit d'un enfant qui souffre de problèmes physiques : il a une jambe plus courte et marche avec une béquille, souffre de son dos et est obligé de porter un appareil auditif. Inutile de dire que pour lui l'entrée en sixième a été plus que difficile. Souffre-douleur des petites brutes du collège il aspire, en vain, à l'invisibilité. Jusqu'au jour où il tombe par hasard sur une BD mettant en scène Dragon Boy, un super-héros qui semble vivre des aventures étrangement proches de celles qui arrivent à l'école. De journal intime le livre se transforme en enquête pour découvrir qui est le mystérieux dessinateur de cette BD. Max va en profiter pour se découvrir lui-même des pouvoirs insoupçonnés et apprendre que derrière chaque personne se cache un super-héros. Si le récit est plutôt mignon et plein d'humour j'émets toutefois quelques réserves sur la mise en page : d'une part (mais là c'est un jugement personnel) je hais cette façon de mettre certains mots en gras pour en souligner l'importance, donnant ainsi l'impression que le narrateur crie et/ou qu'il prend son lecteur pour un idiot. D'autre part, le texte n'est aéré ni par des chapitres ni même par des indications temporelles. Du coup Dragon Boy se lit d'une traite, sans coupures, et peut paraître indigeste pour un récit qui fait plus de 300 pages, d'autant plus qu'il s'adresse à un lectorat de 10-13 ans. Enfin, si l'ensemble de l'histoire est sobre, j'ai trouvé la fin sirupeuse et totalement irréaliste : la morale est certes louable (nous avons tous un super-héros en nous pour peu que nous ayons le courage d'aller le chercher) mais amené de façon improbable. Cependant malgré tout Dragon Boy reste plaisant et tout à fait adapté à des pré-ados.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 20:11

L01.jpgLe comte de Monte Christo

Alexandre Dumas

éditions Folio

1842

 

Edmond Dantès est un homme heureux : jeune marin, il vient d'être promu capitaine et rentre à Marseille pour retrouver son vieux père et sa fiancée bien-aimée, la belle Mercedes. Malheureusement pour lui rien n'excite plus la jalousie que le bonheur et Edmond est vite pris en grippe par le comptable du navire, Danglard, un homme aigri et ambitieux. Ce dernier  aidé de Fernand, le prétendant éconduit de Mercedes, décide de faire passer Dantès pour un dangereux bonapartiste préparant le retour de Napoléon alors exilé sur l'île d'Elbe. La ruse est grossière, les preuves sont plus que discutables mais notre héros a la malchance de tomber sur Villefort le substitut du procureur du roi qui, pour des raisons personnelles, décide de faire disparaître Dantès en l'enfermant au château d'If, une prison perdue sur une île. Il ne devait jamais en ressortir et pourtant... Bien des années plus tard il est de retour sous les traits du comte de Monte-Cristo, déterminé à découvrir ce qui est arrivé à ses proches mais surtout à se venger de ceux qui l'ont fait enfermer...

Encore un classique de la littérature que je découvre seulement maintenant et qui m'a tenue en haleine ces dernières semaines. Tout l'intérêt de l'histoire repose sur le personnage de Monte Christo alias Edmond Dantès, un jeune homme doux et insouciant que la prison a transformé en un être consumé par l'amertume et la vengeance. Cette ambigüité d'un héros devenu profondément cynique donne un éclairage inédit à un récit à la fois roman historique et d'aventure aux multiples rebondissements : fausses morts et naissances cachées, déguisements, trésor, évasion, duels, trahisons, complots... et qui balaie les Cent Jours et une partie de la Restauration. Certes la longueur de l'histoire (1400 pages réparties sur deux volumes) peut décourager mais ce petit désagrément ainsi que les quelques inexactitudes et approximations dans les dates (Le comte de Monte Christo a été écrit à l'origine sous forme d'épisodes et cela se ressent parfois dans la cohérence de l'ouvrage) sont plus que largement compensés par un style alerte et une intrigue captivante. Décidément Edmond Dantès a plus d'un tour dans son sac.

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 11:27

L02.jpgLes royaumes du Nord

t.1 et 2

Stéphane Melchior/ Clément Oubrerie / Philip Pullman

éditions Gallimard

 

Je dois être l'une des rares personnes à n'avoir pas plus adhéré que ça à la trilogie de Philip Pullman Les royaumes du Nord. J'avais apprécié l'écriture de l'auteur et aimé son univers mais suis restée beaucoup plus sceptique face à la philosophie new age et à des personnages qui m'ont paru assez caricaturaux. Mon grand frère, qui lui pour le coup a été plus enthousiaste, m'a donc offert pour mon anniversaire l'adaptation en BD en espérant que j'accroche davantage.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Les royaumes du Nord c'est l'histoire d'une petite fille, Lyra, qui n'a jamais connu autre chose que les murs du Jordan College qu'elle arpente en compagnie de Pan, son daemon, un être qui peut prendre n'importe quelle forme animale jusqu'à l'âge adulte où il adopte une forme définitive. Le daemon et son maître sont liés pour la vie. Un jour Lyra surprend le Maître du Jordan College en train de verser un poison dans le verre de son oncle, Lord Asriel, un visionnaire qui mène des expéditions dans le Pôle afin de prouver l'existence de mondes parallèles.

Mon frère a raison : en BD ça passe mieux. J'ai beaucoup aimé les illustrations, les planches avec les paysages et des couleurs que j'ai trouvé extraordinaires. Notre héroïne est également toute mignonne. Si le graphisme me séduit, je suis cependant plus réservée sur le scénario. De manière générale je trouve ça toujours un peu casse-gueule d'adapter un roman en BD, le risque étant de tomber sur quelque chose d'assez linéaire et plat. Je ne trouve pas ça probant : il y a beaucoup de blablas (surtout dans le premier volume) d'explications à rallonge et de longueurs de façon générale. Reste qu'avec un peu de bonne volonté et de concentration on surmonte ces écueils et, qu'à défaut de me réconcilier avec Pullman, cette BD m'a fait passer un agréable moment.

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 17:52

L02.jpgWitch Hunter

Virginia Boecker

éditions Pocket Jeunesse

2015

 

Elizabeth Grey n'est pas n'importe qui : c'est une chasseuse de sorcières. Elle traque les adeptes de la magie, responsables de la grande peste, et les emprisonne en vue du bûcher. Une activité qui ne lui pose aucun souci moral jusqu'au jour où elle est elle-même retrouvée en possession d'herbes magiques et taxée à son tour de sorcellerie. Croupissant dans une cellule dans l'attente de son exécution, elle est secourue par le plus recherché des nécromanciens, Nicholas Perevil. Celui-ci lui propose un marché : si elle parvient à lever la malédiction qui pèse sur lui elle sera libérée.

Witch Hunter n'est pas un livre mauvais : son originalité réside dans sa thématique. En effet, les sorcières n'étaient pas revenues à l'honneur depuis un petit bout de temps dans la littérature jeunesse à l'exception de quelques titres. C'est hélas la seule originalité du roman qui brasse tous les poncifs du genre fantastique pour ados. Nous avons donc droit à la prophétie (l'héroïne est appelée à un grand destin) le triangle amoureux (Elizabeth choisira-t-elle entre son compagnon de toujours Caleb, chasseur de sorcières comme elle, ou le gentil guérisseur John ?) des épreuves terribles qui vont pousser la jeune fille dans ses retranchements, une prise de conscience, des sacrifices, des remises en question et des papillons dans le ventre... Après c'est bien fait hein : l'écriture n'est pas désagréable, les personnages sont attachants et le rythme de l'intrigue est sans fausse note. De là à dire que Witch Hunter se démarque des autres romans de vacances, c'est un pas que je ne me risquerai pas à franchir.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 15:36

L08.jpgLe coeur est un muscle fragile

Brigitte Smadja

éditions Ecole des Loisirs

2016

 

J'aimerais tant un jour adorer un roman ado de l'Ecole des Loisirs. Mon dernier coup de coeur chez eux c'était Le livre de Catherine et ça remonte déjà à plus d'un an. Il faut dire qu'ils ne font rien pour m'aider.

Simon Peretti a quinze ans et demi et traverse une bonne crise en séchant les cours, en passant son temps devant l'ordinateur et en traînant avec ses deux meilleurs amis, Nessim et Léonard dans des endroits plus ou moins fréquentables. Il boit, fume, se drogue un peu et est fan de Daenerys Targyaren dans Game of Thrones. Un ado lambda quoi. Il aime aussi, moins commun, photographier des nuages et écouter Erik Satie. Un jour sur le Net il fait la connaissance de Dune, une jeune fille dont il tombe très vite amoureux. Leur histoire évolue doucement, loin de Facebook et des réseaux sociaux, ce qui n'est pas du goût des "amis" de Simon qui se déchaînent contre lui.

ça partait pas si mal. Le prologue était plutôt intéressant : on y voyait Simon dédaigné par Léonard et Nessim, raillé par tous sur Facebook, on le voyait solitaire et on se demandait bien ce qui lui était arrivé. Et puis l'auteur revient en arrière et nous conte par le menu toute l'histoire de Simon depuis ses sept ans, depuis le jour de sa rencontre avec Léonard et Nessim et c'est très ennuyeux pour parler poliment. Tout d'abord parce que le personnage principal a le charisme d'une huître morte. Impossible de ressentir la moindre empathie pour ce personnage boutonneux qui, sorti de Facebook et de son ordinateur n'est plus bon à grand-chose. Il n'est pas difficile de noter qu'en dépit de ses efforts Brigitte Smadja a beaucoup plus de sympathie pour les parents de ce dernier, Jacques et Marion, un peu largués devant ce fils sans intérêt. De plus, l'action s'étire en longueur : scènes de fêtes, de sorties, de discussions entre potes... Le lecteur piaffe, se demandant quand l'action va enfin se mettre en place. La réponse est : jamais. L'histoire se conclut par un épilogue décevant qui ne répond à aucune question et réduit l'intrigue à un simple malentendu entre amis. Tout ça pour ça. Soyons franche : j'ai un peu l'impression que l'auteur se fout de nous à moins qu'elle envisage une suite (non ! Pitié) Le coeur est un muscle fragile est un roman faussement intelligent et profond, un ramassis de clichés sur les ados ni drôle, ni palpitant et qui rend aussi apathique que son personnage.

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