Mardi 30 septembre 2014 2 30 /09 /Sep /2014 14:21

L05.jpg Deep Winter

Samuel W.Gailey

éditions Gallmeister

2014

 

A la suite d'un accident qui a coûté la vie à ses parents, Danny est devenu simple d'esprit et n'a jamais quitté la petite ville de Pensylvanie de son enfance où il est méprisé et évité par la plupart des habitants. Sa seule amie c'est Mindy avec qui il partage le même jour d'anniversaire et qui s'est toujours montrée gentille avec lui. Mais Mindy se fait assassiner par son petit ami, l'adjoint du shérif et, manque de chance, c'est Danny qu'on retrouve au-dessus de son cadavre. Commence alors une longue nuit : poursuivi par le shérif et le meurtrier, par les frères de la victime  et par un policier de la ville, Danny est contraint de fuir pour un crime qu'il n'a pas commis. La chasse a commencé.

Ce livre est une belle déception. Un résumé alléchant, des critiques élogieuse... "Magnifiquement écrit et incroyablement dérangeant" dixit le New-York Times. Sur l'écriture je suis plutôt d'accord, même si le "magnifique" est peut-être un peu excessif : pour un premier roman cependant, Gailey ne se débrouille pas trop mal et a une jolie plume. Le style est fluide et la lecture agréable. En revanche, rien de moins dérangeant que cet ouvrage : certes, on part sur un postulat intéressant, celui d'un gentil benêt qui, du fait de sa différence, se retrouve accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. Mais là où je m'attendais à un déferlement de haine, à une description de l'Amérique profonde dans toute sa splendeur, et bien nous n'avons qu'une intrigue banale et un portrait très lisse d'une communauté un peu bourrue mais au fond pas méchante. Le seul "méchant" de l'histoire, c'est l'adjoint du shérif, c'est celui qui boit, se drogue, tue les gens  et les biches sans remords. C'est lui qui fait accuser Danny, c'est lui qui commet pas mal d'atrocités et qui éclate d'un rire diabolique à la moindre occasion... J'avais rarement vu autant de manichéisme dans un livre mais là c'est fait : pire, cette phrase de Danny qui justifie ainsi la pensée de l'auteur : "Certaines personnes sont idiotes. D'autres sont intelligentes. Certaines sont gentilles, et d'autres sont méchantes. On est comme on est." Voilà voilà. Amis de la subtilité passez votre chemin. Le monde de Gailey est un monde de testostérone, de flics bourrus et d'épouses résignées. Vous vous attendiez à un portrait au vitriol, vous n'avez qu'une banale course-poursuite sans intérêt, ponctuée ça et là de quelques éléments surnaturels, de références religieuses bancales et d'un happy end d'un politiquement correct et d'une mièvrerie à faire pleurer. Dieu bénisse l'Amérique...

Par beux - Publié dans : Polar
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Jeudi 25 septembre 2014 4 25 /09 /Sep /2014 10:07

L02.jpg L'homme au masque de brouillard

Eric Sanvoisin

éditions Auzou

2014

 

Oyonnick est un jeune magicien  qui sillonne RocheFlamme pour venir en aide à ceux qui ont besoin de lui. C'est un homme joyeux et insouciant. Mais, un jour, il est convoqué par le Conseil des Neuf Sages en urgence. En effet, depuis quelque temps, le conseil est attaqué : ses membres tombent mystérieusement malades un à un et leurs âmes sont soufflées. Oyonnick est chargé d'enquêter là-dessus d'autant plus que son oncle d'adoption est victime du même phénomène. Une enquête qui va le mener au coeur du Continent Flou à la poursuite d'un homme mystérieux au masque de brouillard.

Livre pour les 11-13 ans, L'homme au masque de brouillard n'est pas LE chef-d'oeuvre de l'année. L'intrigue est un peu brouillonne et trop rapide et  les personnages sont vite expédiés. En revanche, Eric Sanvoisin a une très jolie écriture, assez poétique et met en scène un univers intéressant jouant entre ombre et lumière, brouillard et clarté. J'ai apprécié aussi les relations entre les différents personnnages, en particulier entre Oyonnick et Réséda que l'auteur résume avec cette cruauté désarmante et assez rare dans un livre d'enfants : "Elle l'aimait encore. Lui, non." De même j'ai trouvé que c'était une bonne idée de ne pas faire d'Oyonnick le seul héros de l'histoire : certes, il joue une part importante mais il est sauvé plus d'une fois et n'aurait pas pu s'en sortir tout seul sans l'aide d'autres protagonistes que Sanvoisin prend le temps d'étudier et de décrire. Vous l'avez compris : L'homme au masque de brouillard n'est guère adapté à un public adulte et ennuiera je pense de grands adolescent. En revanche, il me semble plutôt bien adapté pour un public plus jeune, amateurs en herbe de fantasy...

Par beux - Publié dans : Jeunesse
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Dimanche 21 septembre 2014 7 21 /09 /Sep /2014 09:57

L05.jpg Houellebecq économiste

Bernard Maris

éditions Flammarion

2014

 

J'avais promis de parler un peu de l'actualité littéraire, et c'est avec un livre sur Houellebecq que nous allons démarrer... écrit par un économiste. Bernard Maris, chroniqueur à Charlie Hebdo, est  l'auteur notamment de l'Antimanuel d'économie. Avec Houellebecq économiste, c'est véritablement une déclaration d'amour qu'il adresse à l'auteur des particules élémentaires puisqu'il le considère comme un économiste hors pair, qui par le biais de l'écriture, parvient à parler du capitalisme, de la loi de l'offre et de la demande, de la consommation, etc. Pour cela, Bernard Maris nous invite à travers chaque chapitre à lire Houellebecq par le biais de grands économistes comme Marx, Keynes et, surtout, Schumpeter et à constater par nous-même que ses livres ont su résumer l'essence même des grandes théories économiques. C'est à ce moment-là que vous êtes supposés avoir les yeux mouillés d'émotion.

Que ce soit clair, je n'ai lu aucun ouvrage de Houellebecq et je n'envisage pas de le faire dans un avenir proche, d'une part parce que le personnage public m'est insupportable et, d'autre part, parce que rien ne m'a convaincue dans les extraits que Maris cite dans son propre livre : j'ai du mal de façon général avec les auteurs tellement mégalos qu'ils se sentent obligés de se mettre en scène, même si ce n'est que de nom. Peut-être que je rate quelque chose mais inutile de me faire la leçon : je pense avoir des auteurs bien plus intéressants à découvir avant ce dernier. De fait, l'ouvrage de Bernard Maris ne m'a que très moyennement inspirée. En soi, je trouve l'idée amusante, décrypter un livre pour en faire une analyse économique et c'est d'ailleurs cette démarche qui m'a poussée à lire Houellebecq économiste. Après, j'ai fait des études de lettres et je sais que rien n'est plus facile que de faire dire à un texte tout et son contraire : je suppose qu'il est même possible de trouver une analyse philosophique à Si c'était vrai. Accordons donc le bénéfice du doute à Maris et admettons que Houellebecq soit le visionnaire de l'économie qu'il prétend. Je serais en revanche moins indulgente sur l'écriture de notre essayiste : qui dit essai suppose une certaine objectivité, pas cette admiration béate qui dégouline tout le long du livre. De même je ne suis pas du tout convaincue par l'idéologie que défend Houellebecq selon Maris : journalistes et publicitaires sont des parasites (je pense que ceux qui ont fait la promo de son essai vont être ravis) les artistans à l'inverse sont le sel de la terre (faites-moi penser à lui en présenter quelques-uns) et les femmes sont l'avenir de l'économie. Je crois qu'il n'y a rien de plus qui me hérisse le poil que ces discours soi-disant féministes qui présentent la femme comme une sorte d'ange terrestre, l'avenir de l'humanité. Non non je vous rassure, elles sont pareilles que les hommes, avec leurs grandeurs et leurs faiblesses. Bref, beaucoup de platitudes et de clichés faciles supposés faire de Houellebecq un grand penseur, un homme qui a tout compris au monde et à ses rouages. Mauvaise interprétation de Maris ? Mauvaise lecture de ma part ? Admettons mais une chose est sûre : si Houellebecq économiste fera sans doute très plaisir à tous ces admirateurs, je doute qu'il pousse les autres à le lire.

Par beux - Publié dans : Essais
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Jeudi 18 septembre 2014 4 18 /09 /Sep /2014 19:27

L02.jpg Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et retrouvé l'amour

SG Browne

éditions Gallimard

2009

 

Andy avait une vie agréable, une femme, une petite fille... mais ça, c'était avant. Avant l'accident de voiture qui lui a coûté la vie. Car oui, Andy est un zombie et de fait il n'a plus aucun droit. Toléré uniquement par les "respirants", il n'a plus ni numéro de sécurité sociale, ni le droit d'avoir un compte en banque. Il ne peut ni monter dans un bus ni même sortir passé vingt-deux heures. Sa femme est morte dans l'accident et  il n'a plus de droit de garde sur sa fille. Du coup, Andy est contraint de vivre reclus dans la cave de ses parents, à regarder la télé en perdant des bouts de corps et  à boire beaucoup de vin dont il ne sent même plus le goût. Heureusement les zombis anonymes sont là pour l'aider à reprendre goût à la mort-vie et Andy ne tarde pas à tomber sous le charme de la jolie Rita, suicidée depuis peu. Notre héros retrouve progressivement confiance en lui, mais cette confiance ne va pas sans quelques inconvénients, notamment celui de retrouver un matin les corps de son père et de sa mère découpés dans le congélateur. Et oui, c'est ça aussi être un zombie...

Certes, ce n'est pas de la haute littérature mais Comment j'ai cuisiné mon père... fait passer un agréable moment. Ecrit du point de vue du zombie pour changer, le récit est très drôle, bourré d'humour mais également d'un certain cynisme. L'auteur prend le parti risqué de faire adhérer son lecteur à un personnage monstrueux et plutôt ridicule : Andy a eu les cordes vocales sectionnées durant l'accident et ne peut donc pas parler, il se décompose peu à peu, il boitille à cause de nombreuses fractures qui ne se répareront jamais... Difficile d'en faire un héros tragique mais, en le présentant comme le narrateur, Browne le rend plus attachant d'autant plus que Andy se tourne en dérision lui-même et se moque de ce qu'il est devenu tout en le déplorant. C'est donc à la fois léger et désespéré. Alors oui, le style est loin d'être extraordinaire, les blagues tombent parfois à plat ou se répètent, mais l'ensemble est plutôt agréable et m'a fait aimer pour une fois un livre de zombie. Une lecture d'été avant que l'automne ne s'installe définitivement parmi nous.

Par beux - Publié dans : Fantastique
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Dimanche 14 septembre 2014 7 14 /09 /Sep /2014 12:02

L01.jpg Le purgatoire des innocents

Karine Giebel

éditions Pocket

2013

 

Cela devait être un casse facile, un vol de bijoux tout en douceur, sans blessés, sans morts. Raphaël n'avait pas envie d'effusions de sang, juste de gagner enfin de quoi se retirer et, riche, de couler des jours paisibles avec son petit frère William. Mais les choses ont dégénéré : une voiture de police qui passe à ce moment-là, des tirs, deux morts et un blessé, son propre frère... Pour Raphaël et ses complices, il faut songer à trouver une planque. La chance paraît leur sourire : ils tombent sur une vétérinaire vivant à l'écart dans une maison isolée. Elle s'appelle Sandra et son mari est absent pour deux jours. Personne ne viendra les chercher là, ce qui laissera le temps à William de se remettre de ses blessures. Bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu et le refuge devient vite un enfer....

Inattendu, Le purgatoire des innocents est un véritable choc. Je ne connaissais pas du tout cet auteur et je me suis laissée totalement surprendre par cette histoire qui prend un tour des plus inattendus et qui peu à peu verse dans l'horreur la plus totale. Je ne pense pas être d'une nature particulièrement sensible mais j'avoue avoir ressenti un profond malaise en lisant une intrigue qui ne nous épargne aucun détail atroce et  qui explore jusqu'à plus soif les bas-fonds de l'âme humaine. Bon au niveau de l'écriture, je ne suis pas totalement convaincue : Karine Giebel est fan des phrases courtes et choc qui sonnent un peu comme des sentences et qui, à un moment donné, donne au texte un côté un peu lourd. C'est particulièrement flagrant quand elle s'emploie à décrire l'état d'âme de ses personnages. En revanche, ce défaut est contre-balancé par des descriptions très sombres et très justes et par un récit rythmé qui tient le lecteur en haleine de bout en bout et de rebondissements en rebondissements. Le purgatoire des innocents a donc été pour moi une très belle découverte, un polar lu en trois jours et qui je pense trouvera sans doute plus d'un amateur par ici.

Par beux - Publié dans : Polar
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