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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 10:57

L01.jpgLa chute de la maison Usher et autres nouvelles

Edgar Allan Poe

éditions Librio

1839

 

Au milieu des pavés de Balzac et d'Hugo, un court texte s'incruste dans les 1001 livres..., La chute de la maison Usher. Nouvelle d'une trentaine de pages, le récit met en scène un narrateur anonyme appelé en catastrophe auprès de son ami, Roderick Usher, dans la demeure familiale de ce dernier. La maison Usher est sombre et sinistre. Une malédiction semble planer sur elle et sur ses habitants. De fait, Roderick dépérit et sa soeur, Madeline, victime d'un mal inconnu, est sur le point de succomber.

Pour qui ne connaît pas Allan Poe, le style a de quoi surprendre. Tout l'art de l'auteur réside dans ces descriptions glaçantes, ces atmosphères sinistres et ces personnages dont on ne sait s'ils sont malades ou fous. L'horreur se distille peu à peu, dans la silhouette de la soeur moribonde qui traverse furtivement la pièce tel un fantôme alors que son frère parle d'elle, dans les donjons sinistres où le corps de la morte est déposé, dans le ton mélancolique du narrateur, teinté à la fois d'un sentiment d'horreur et de fatalité. Nulle espérance, nul réconfort dans un texte plein de désespoir qui, ceci dit, peut paraître un peu lent et qui, s'il était plus long tomberait sans doute totalement à côté. Sa force réside justement dans une action ramassée, concentrée, et dans l'absence quasi-totale de dialogues, guère envisageable dans un roman traditionnel. Les autres nouvelles du recueil jouent sur les mêmes thèmes que ceux de La chute de la maison Usher : frontières abolies entre vie et mort, maladie et folie, dédoublement de personnalité, sentiment d'inéluctabilité... Autant de thèmes qui donne à l'ensemble toutes les lettres de noblesse du genre fantastique.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 18:59

L03.jpgNe t'arrête pas

Expérience Noa Torson t.1

Michelle Gagnon

éditions Nathan

2012

 

Le problème c'est qu'on voudrait bien qu'elle s'arrête Noa Torson car le livre est tout du long une course sans fin. Tout commence par l'adolescente qui se réveille dans un entrepôt, sur une table d'opération, une longue cicatrice en travers de la poitrine. Noa parvient à s'échapper mais des hommes se lancent à ses trousses, de toute évidence bien déterminés à la récupérer. Pourquoi, dans quel but ? La jeune fille n'a ni amis ni famille et ne sait où se tourner jusqu'à ce que son chemin croise celui de Peter, un jeune hacker comme elle dont elle a fait la connaissance via un site. Ensemble tous deux tentent d'échapper à leurs poursuivants tout en essayant de comprendre leurs motivations.

Voilà voilà voilà. A dire vrai j'ai eu un peu de mal à adhérer à ce polar pour ados qui parle de hackers, ces "justiciers" de l'informatique qui quant à moi me laisse assez froide pour ne pas dire glaciale. Je ne suis pas non plus fan de ce genre d'action où les héros passent leur temps à courir dans tous les sens pour échapper aux méchants tout en tapant sur Google pour tenter de les semer. On sait tous comment ça finit : grande scène dramatique avec confrontation, coups de fusil, rires diaboliques etc. Non rien ne m'a franchement emballée pas plus l'héroïne autiste avec le passé douloureux et tout et tout que le héros fils rebelle qui vit avec le souvenir de son frère mort. Trop de clichés peut-être. Ne t'arrête pas a cependant une qualité qui le sauve du néant absolu : le style est très correct et, surtout, l'auteur ne craint pas les descriptions un peu gores et les morts violentes, ce qui fait qu'au moins le suspens est maintenu et que le livre ne tombe pas dans la bluette policière sans intérêt. Malgré tout je ne peux pas dire que j'attends avec une joie sans pareille la suite de l'aventure, prévue pour le mois d'août.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 19:29

L01.jpgLe charme discret de l'intestin

Giulia Enders

éditions Actes Sud

2014

 

On ne parle pas tellement d'ouvrages de santé par ici et rassurez-vous : ça ne va pas changer. Aujourd'hui cependant nous allons faire une exception avec le livre de Giulia Enders, une jeune allemande, Le charme discret de l'intestin. Giulia Enders est toute jeune, à peine 25 ans, est étudiante en médecine et se passionne en particulier pour l'intestin. Oui je sais, il y a des passions étranges. Toujours est-il qu'elle a écrit un ouvrage de vulgarisation sur le sujet et que le livre est vraiment très intéressant. L'auteur emploie à dessein un langage des plus simples, fait appel à sa soeur, illustratrice, pour ponctuer sa démonstration de schémas et s'emploie avec vigueur à réhabiliter un organe mal-aimé qui a autant d'importance que le cerveau. Le résultat est plus qu'instructif et vous apprenez pas mal de choses dans cet ouvrage, depuis la meilleure façon de s'installer sur le trône jusqu'aux aliments qu'il faut consommer pour rester en bonne santé. Qui plus est, le style est très drôle et assez rassurant, Enders ne militant pas pour un quelconque régime mais se bornant à donner quelques pistes pour préserver son intestin. Aussi, si vous voulez savoir pourquoi l'alcool vous fait vomir, pourquoi votre ventre gargouille et quelle est la différence entre intestin grêle et gros intestin, alors prenez le temps de jeter un coup d'oeil à ce livre qui a le mérite d'être simple sans prendre pour autant son lecteur pour un idiot.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 13:34

L02.jpgFinie la comédie

Donald Westlake

éditions Rivages

2012

 

Mais quelle mouche a piqué Donald Westlake ? C'est la question que je me suis posée devant Finie la comédie, un roman qui n'a absolument rien à voir avec ses précédents ouvrages et qui m'a légèrement déçue. Après vérification, il s'agit d'un ouvrage inédit, écrit dans les années 80. Me voilà un peu rassurée...

Koo Davis est un comique américain qui s'est illustré par sa prise de position en faveur de la guerre du Vietnam et de ses sympathies pour l'armée. Nous sommes à la fin des années 70 et, depuis, de l'eau a coulé sous les ponts mais l'artiste sent que le sujet est encore sensible et met un peu ses opinions politiques en sourdine pour ne pas briser une carrière exemplaire. Cela ne suffit pas : un soir, il est enlevé par un groupuscule d'extrême-gauche qui exige en rançon la libération de prisonniers activistes. Le FBI est mis sur l'affaire mais le chef d'opération Mike Wikskiel commet une erreur qui va rendre la position du prisonnier encore plus inconfortable...

Je n'ai pu m'empêcher de ressentir un soupçon de malaise en lisant ce roman sur fond de guerre de Vietnam et de Watergate qui est loin d'avoir l'humour et l'auto-dérision des deux ouvrages de Westlake déjà lus. Certes, l'ironie n'est jamais loin et il est évident que l'auteur ne cautionne pas plus l'attitude de Davis, profiteur sans scrupules qu'il ne met à l'honneur le groupe d'extrême-gauche composé de fous ou d'idiots qui jouent aux rebelles. C'est peut-être ce qui est gênant, cette absence de prise de position ou ce regard sans complaisance sur des personnages qui de fait ne sont guère attachants. Le cynisme est présent d'un bout à l'autre du roman et se manifeste aussi bien dans l'attitude désinvolte du comique que dans les grands discours pontifiants et creux de Larry, l'un des ravisseurs, ou de l'indifférence des enfants et de la femme de Koo Davis lorsqu'ils apprennent son enlèvement. Les personnages s'agitent comme des pantins et le kidnapping commence par une farce pour tourner à la tragédie, marquée par des rebondissements dignes d'une pièce grecque : le fils vengeur, la femme folle, le justicier qui a quelque chose à se prouver... La comédie n'est pas finie, elle se joue en permanence et le rideau ne tombe que lors de scènes assez émouvantes : l'amour inconditionnel de l'assistante de Davis pour son client qui contraste avec l'attitude glaciale de l'épouse, la rencontre du comique avec son fils Marc... Ces petites touches d'humanité apportent de la fraîcheur à un récit qui sinon demeurerait assez vain. En effet, Finie la comédie est un livre sur la désillusion d'une époque que beaucoup de lecteurs (dont je fais partie) n'ont pas connu, d'autant plus qu'il s'agit plus d'un pan de l'histoire des Etats-Unis que de la nôtre. Un ouvrage à découvrir donc plus pour les amateurs de polars noirs à l'américaine que pour ceux qui voudraient faire connaissance avec le style inimitable de Westlake.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 10:12

L03.jpgLes hémorroïdes de Napoléon... et toutes ces petites histoires qui ont fait la grande !

Phil Mason

éditions Pocket

2010

 

Saviez-vous que si Napoléon ne souffrait pas d'hémorroïdes il n'aurait peut-être pas perdu Waterloo ? Que la scène la plus célèbre du premier Indiana Jones est due à la tourista d'Harrison Ford ? Que c'est l'oubli d'une clé de casier qui a provoqué le naufrage du Titanic ? Dans cette compilation sortie initialement en 2010, Phil Mason s'amuse à recenser toutes ces petites histoires qui ont fait la grande, que ce soit dans le domaine de la politique, de l'art, des sciences ou des sports. Le résultat est ludique et on ne peut assurément pas reprocher au livre de donner mal à la tête : les anecdotes ne font guère plus d'une page et sont souvent très amusantes. En revanche, le style est plus que quelconque (l'auteur est journaliste et cela se ressent dans l'écriture) et finit par lasser d'autant plus que, je l'avoue, je commence à en avoir soupé de l'Histoire par le petit bout de la lorgnette. Sans prétention et sans réelle consistance, Les hémorroïdes de Napoléon... reste un ouvrage de vulgarisation idéal pour ne pas bronzer trop idiot cet été.

 

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 09:49

L05.jpgMême les stars aiment les sardines à l'huile

Maïa Brami

éditions La Martinière Jeunesse

2015

 

Douce est une ado tête à claques comme il en existe des milliers sur terre et dans les romans ados justement. Elle rêve de devenir écrivain mais sa méchante prof de français l'a découragée du coup elle tient un blog dans lequel elle parle de ses parents trop nuls et de sa meilleure amie France. Pendant les vacances sa mère lui propose d'effectuer un stage dans le magazine féminin tenue par l'une de ses amies. Hélas pour notre héroïne, le dit magazine bat de l'aile et personne n'a vraiment le temps de s'occuper d'elle : pour se rendre utile, elle se propose de rédiger des psycho-tests pour le journal, une rubrique dont personne ne veut car elle porte malheur. Ce n'est pas l'avis de Douce qui, dès le deuxième jour de son stage, rencontre par hasard dans les locaux de la revue Amira, sa chanteuse favorite.

Ouais ouais ouais. Je ne peux pas dire que je suis fan du style, un peu trop hystérique à mon goût et faussement jeune mais soyons honnête (si si ça m'arrive) et reconnaissons pour le coup que ça n'est pas mal écrit et que ça se laisse lire sans trop de mal. En revanche, je n'ai pas accroché à l'histoire qui, certes, offre des moments plutôt drôles (l'allergie de la narratrice aux produits de beauté pour les peaux jeunes, Douce qui court acheter pour son idole un test de grossesse à la pharmacie..) mais le reste du temps m'a fait lever les yeux au ciel tant l'héroïne est insupportable, aussi bien dans sa façon d'aduler sa star favorite que dans sa façon de s'exprimer ou encore de vous assener, mine de rien, deux trois clichés (les parents, ne travaillez pas trop pensez à vos enfants, et l'amour ça craint pas tant que ça en fait) avant de vous achever avec les psycho-tests qu'elle pond à intervalles réguliers : "Quelle amie es-tu ? Trop lol" Sérieux ? Des psycho-tests ? "Tu peux même t'amuser à faire les tests de Douce avec tes amies!" propose avec entrain la quatrième de couverture. Chic ! Je crois que pour le coup j'ai passé l'âge et c'est sans regrets que laisse ce roman aux adolescentes désoeuvrées qui, sur une plage, seront sans doute folles de joie de découvrir si elles sont accrocs aux réseaux sociaux ou si elles sont des stars en puissance.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 18:32

L02.jpgDu fond de mon coeur

lettres à ses nièces

Jane Austen

éditions Finitude

2015

 

De la vie de Jane Austen, tout du moins ses émotions, ses opinions, nous ne savons hélas pas grand-chose, sa plus grande confidente, sa soeur Cassandra, ayant brûlé une grande partie de ses lettres ou en ayant découpé d'autres. Il en reste ceci dit quelques bribes et notamment la correspondance qu'elle entretenait avec ses nièces dont elle était très proche et que les éditions Finitude éditent aujourd'hui. Jane Austen s'adresse ici à trois de ses nièces : Anna, qui n'a que dix-sept ans de moins que sa tante, sa demi-soeur Caroline, une toute petite fille et, sa nièce préférée Fanny, fille d'un autre de ses frères. Ainsi, si les lettres qu'elle adresse à Anna et Caroline sont plutôt d'ordre littéraire (les deux jeunes filles écrivent des romans et sollicitent des conseils) celles qu'elle envoie à Fanny sont plus intimes car elle lui donne des conseils sur ses relations amoureuses, cette dernière semblant être un véritable coeur d'artichaut.

Du fond de mon coeur, soyons claire, est un ouvrage destiné aux fans de Jane Austen et encore ceux-ci seront peut-être déçus. En effet, la correspondance de la fameuse romancière reste au fond assez impersonnelle : elle donne des conseils sur des ouvrages que le lecteur ne connaît pas ou s'entretient sur le voisinage et la famille. Plus intéressantes sont ses lettres adressées à Fanny : elle exprime alors ses opinions concernant l'amour et le mariage, stigmatisant particulièrement les mariages de raison : "Tout est préférable, tout peut être enduré plutôt qu'un mariage sans affection" et son ton est beaucoup plus franc et parfois même plus mordant, notamment lorsqu'elle se livre à des remarques légèrement acerbes à mille lieues du portrait de la tante bienveillante : "Anna est confinée chez elle [...] Pauvre Anna, pauvre Animal, elle sera usée avant même d'avoir trente ans. Je la plains beaucoup. Mrs Clement est, elle aussi, dans le même état. Je suis épuisée de tous ces enfants. Mrs Benn en a eu un 13e" A la fin du livre, l'éditeur a inclus les témoignages des fameuses nièces : si Anna et Caroline ne tarissent pas d'éloges sur leur tante, le souvenir que garde Fanny est plus mitigé, cette dernière soulignant l'éducation frustre et le manque de savoir-vivre d'une femme qui, paradoxalement, faisait grand-cas d'elle. Inutile de s'appesantir là-dessus. En revanche on ne peut que regretter la correspondance détruite, celle qui nous aurait le mieux éclairé sur une auteur qui, à la fin du livre, demeure encore un mystère.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 18:43

L02.jpgLa Chartreuse de Parme

Stendhal

éditions Le Livre de Poche

1839

 

La Chartreuse de Parme fait partie de ces classiques que j'ai lu lycéenne et que je redécouvre aujourd'hui grâce aux 1001 Livres. Curieusement, je gardais un très bon souvenir de cette oeuvre majeure de Stendhal et, fait rare, j'ai été presque un peu déçue de cette seconde lecture des années plus tard. Mais parlons-en un peu voulez-vous ?

1815 : Fabrice Del Dongo est un jeune homme italien, impétueux et insouciant, élevé par des femmes, sa mère, ses soeurs et sa tante Gina avec qui il a loué des tendres liens. Admirateur inconditionnel de Napoléon, il décide de se battre à ses côtés et participe plus ou moins (plutôt moins d'ailleurs) à la bataille de Waterloo, à la grande fureur de son père et de son frère qui, ennemis jurés des français, le dénoncent et le forcent à l'exil. Mais sa tante, devenue la maîtresse du ministre de la guerre et jouissant d'une grande influence à la cour du prince de Parme, parvient à plaider sa cause...

A dire vrai, il y a trop de rebondissements dans La Chartreuse de Parme pour que je puisse vous en faire un résumé probant. Toute l'art du roman réside dans cette intrigue qui se ramifie, évolue dans un sens ou dans un autre et peut tout aussi bien s'étendre sur une journée durant cent pages pour ensuite sauter gaiement trois années en quelques lignes. Quatre personnages dominent le récit : Fabrice, le jeune enthousiaste un peu naïf persuadé qu'il ne tombera jamais amoureux jusqu'au jour où il fait la connaissance de Clélia, la jeune femme solitaire et réservée; Gina, la duchesse amoureuse de son neveu presque sans s'en rendre compte et prête à tout pour lui; et, enfin, le comte Mosca, amant de la duchesse et prêt à tout pour lui complaire, y compris rendre service à son plus grand rival inavoué.. Ces deux couples sont au centre d'une tragi-comédie complexe, mêlant guerres et poisons, duels et intrigues de cour, amour et politique. Jadis, j'avoue que ma sympathie allait au couple de jeunes premiers, Fabrice et Clélia, beaux et naïfs, découvrant l'amour et ses contraintes. Je dois avouer qu'en le relisant aujourd'hui je suis plus frappée par la complexité des personnages du comte et de la duchesse qui, sans faire abstraction de leurs sentiments, passent environ les trois quarts du livre en intrigues politiques, essentiellement d'ailleurs pour tirer Fabrice de situations plus ou moins délicates, et ont plus de consistance et de profondeur que notre petit amoureux dont Stendhal se moque d'ailleurs un peu, raillant ses capacités de soldat et même ses débordements sentimentaux. Cela ne nous empêche pas d'apprécier sa fraîcheur, surtout dans un monde où tout n'est que complots et intrigues : paradoxalement, c'est en prison que Fabrice trouve la réelle liberté en se désengageant d'une société frivole et en trouvant l'amour véritable. Reste que l'oeuvre de Stendhal est un peu fouillis parfois : comme pour Le Rouge et le Noir, l'auteur se préoccupe bien peu des dates et, faute de relecture, attribue un âge à un personnage pour lui en donner un autre deux pages plus loin tout en multipliant les anachronismes. Le début du récit est long et l'intrigue parfois trop bavarde, avec des dialogues qui n'en finissent pas et que Stendhal lui-même finit par interrompre en s'excusant auprès de ses lecteurs. Néanmoins tout cela est contrebalancé par un style inimitable et par l'humour cynique de l'auteur qui parvient, tout en se moquant sans vergogne de ses héros, à les rendre sympathiques.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 17:09

L01.jpgPhobos

Victor Dixen

éditions Robert Laffont

2015

 

ça semble être un jeu de télé-réalité comme un autre : six garçons, six filles, filmés nuit et jour pendant vingt-deux semaines. Ils ne se voient que lors de speed dating de six minutes chaque jour. A l'issue de ces vingt-deux semaines il y aura six couples...sauf que ce jeu se déroule dans l'espace et que les douze jeunes gens font partie d'un programme destiné à les envoyer sur Marc où ils fonderont une nouvelle civilisation :

"Six prétendantes d'un côté

Six prétendants de l'autre

Six minutes pour se rencontrer

L'éternité pour s'aimer"

Enfin, l'éternité c'est vite dit car, ce que personne ne sait à part les dirigeants de l'émission, c'est que les habitats sur Mars ne sont pas viables et que les jeunes gens sont condamnés à mort à court terme.

J'avoue que ce premier tome d'une nouvelle trilogie me laisse sur un curieux sentiment. La pointilleuse en moi a grimacé devant des dialogues très artificiels : les déclarations alambiquées des candidats qui ne ressemblent en rien à ceux d'ados lambdas, la méchante qui expose ses plans machiavéliques avant d'éclater de rire, le côté surjoué des personnages en général. En revanche, l'ado en moi s'est très facilement fait happer par une intrigue extrêmement bien construite, des héros somme tout très attachants et un savant dosage entre histoires de coeur (qui va choisir qui ?) et suspens (Léonor va-t-elle se rendre compte du complot ? Les candidats vont-ils survivre ?) Un sentiment mitigé donc mais qui est balayé par un final explosif et qui laisse tant de questions en suspens que je ne peux faire autrement que d'attendre la suite de l'aventure avec impatience. La midinette en moi a gagné et c'est donc un bon coup de coeur pour Phobos, le début d'une série qui, je le pense et l'espère, risque de rencontrer un fort succès.

 

 

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 19:36

L05.jpgLa Conspiration

t.1

Maggie Hall

éditions Robert Laffont

2015

 

ça commence comme tous les romans pour ados du style : une jeune fille incomprise, Avery, que sa mère trimballe de ville en ville pour le travail et qui n'a pas d'amis ni d'attaches. Elle ne sait rien de son père qu'elle rêve de retrouver un jour. Son regard croise celui de Jack, un mystérieux inconnu dont elle tombe secrètement amoureuse. Seulement voilà : Jack se révèle travailler pour le compte du Cercle, un mystérieux groupe de puissants qui fait la pluie et le beau temps partout dans le monde : les guerres mondiales, l'assassinat de Kennedy ? Ce sont eux ! Ils organisent des bals au Louvre, prennent des jets pour la Turquie et commanditent des assassinats entre deux amuse-bouches. Ils sont riches, beaux, intelligents... et coup de bol, Avery fait partie de leurs membres ! A elle la vie de star du moins jusqu'à ce qu'elle découvre que quelqu'un en veut à ses jours et qu'elle fait partie d'une prophétie qui pourrait faire basculer tout...

Livre "à la croisée de La Sélection et de Da Vinci Code" dixit la quatrième de couverture, La Conspiration a effectivement emprunté à La Sélection ses pires défauts, les descriptions à rallonge sur les vêtements que porte l'héroïne ,et est au moins aussi mauvais que le Da Vinci Code : vernis historique pioché sur Internet, symboles gravés sur des gargouilles ou énigmes dignes d'un jeu vidéo (aller à Notre-Dame pour trouver indice numéro 3). Bon j'avoue, les livres de conspirations me gavent déjà en temps ordinaire, mais là c'est tellement mauvais que je n'ai même fait aucun effort particulier pour suivre l'intrigue, la chasse au trésor sur les pas des descendants d'Alexandre le Grand (parce qu'il faut varier un peu, on va pas encore poursuivre les descendants de Jésus tout de même) qui se fait entre deux courses-poursuites, quelques échanges de coups de feu et beaucoup d'embrassades. Les personnages sont consternants et absolument pas crédibles. Ce sont 425 pages d'ennui absolu pour un tome supposé être un best-seller aux Etats-Unis. Encore une erreur de casting si vous voulez mon avis.

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