Mardi 16 décembre 2014 2 16 /12 /Déc /2014 10:21

L02.jpg Happy Parents

Zep

éditions Delcourt

2014

 

Après Happy Sex, Happy rock et Happy Girls, Zep récidive avec la BD Happy Parents, recueil de planches mettant en scène parents et enfants dans des situations diverses et variées. Mots d'enfants, pères indignes, ados pénibles, parents hétéros ou homos, couples unis ou mères célibataires, il y en a pour tous les goûts dans ce qui est actuellement un gros succès en librairie. Il faut dire que c'est assez facile et plutôt universel. Personnellement, Zep me fait facilement rire : j'aime ses petits personnages tout en jambes et en nez pas très beaux. Happy Parents  n'a pas dérogé à la règle même si je trouve certaines planches moins drôles que d'autres : les enfants innocents qui posent des questions à leurs parents et qui les mettent mal à l'aise ou, pire, les humilient devant les autres, ça a quand même un air de déjà vu. Idem pour la "joie" des bébés qui pleurent la nuit ou l'éternel collier de nouilles de la fête des mères. Les planches qui m'ont amusée en revanche sont celles où Zep met des parents pas forcément à la hauteur : l'éternel gamin qui traumatise son enfant de deux ans en lui faisant des blagues pourries, la mère qui accompagne son ado au ciné parce qu'elle va enfin voir des films intéressants, le père trop bête pour se rendre compte que son fils est un délinquant ou encore la mère célibataire qui ne comprend pas que ses enfants sont si insupportables qu'ils font fuir son amoureux potentiel. Mention spéciale aussi à cette jolie planche un peu triste où un père divorcé mange seul la pizza qu'il a acheté pour un fils qui, finalement, a préféré passer la soirée chez sa mère... Bref, du bon et du moins bon dans une BD qui reste cependant assez consensuel et qui se présente comme le cadeau passe-partout pour Noël.

Par beux - Publié dans : B.D.
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Dimanche 14 décembre 2014 7 14 /12 /Déc /2014 12:00

L03.jpg Hard romance

50 nuances de Grey et nous

Eva Illouz

éditions Seuil

2013

 

Il y a fort longtemps, nous avons parlé de ce monument littéraire qu'est 50 nuances de Grey, ce roman érotique qui fait encore fureur aujourd'hui et qui se retrouvera un Noël de plus sous beaucoup de sapins. Comme bon nombre de mes contemporains je suis restée perplexe devant cette histoire cucul mâtinée de scènes de sexe nous racontant la relation entre la nunuche Anastasia et le possessif Christian Grey. Apparemment, je ne suis pas la seule à m'interroger sur ce succès puisqu'une sociologue israëlienne, Eva Illouz, s'est penchée sur le phénomène et a tenté d'en expliquer les raisons. Ce qu'il faut savoir, c'est déjà qu'à la base 50 nuances de Grey  a débuté sur un blog de fan fiction : c'est un texte qui a été écrit puis adapté en fonction des attentes d'un lectorat bien particulier, évoluant au fil des suggestions tel une pizza bien indigeste. Le second argument d'Illouz c'est la libération de la femme : le féminisme a conduit à une parité dans le couple qui a mis à mal le système patriarcal et en a dessiné un nouveau. Il faut désormais trouver un équilibre notamment par la communication. Or, la femme est contradictoire dans le sens où elle souhaite cette communication tout en désirant paradoxalement que l'homme devine ce qu'elle veut. C'est particulièrement vrai dans le domaine sexuel où trop de communication ou de rationnalisation peut tuer le désir. 50 nuances de Grey offre une alternative satisfaisante à ce paradoxe : il met en scène une femme plus ou moins moderne qui, sur un plan sexuel, accepte de jouer les soumises dans une relation BDSM, un cadre rassurant puisqu'il permet aux deux participants d'affirmer leurs désirs contradictoires et multiples dans un jeu rigoureusement réglementé et clairement défini et consenti. Eva Illouz va plus loin en affirmant que, de la sorte, 50 nuances de Grey est plus ou moins un livre de self help (développement personnel) à la manière de Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus : il apporte une solution aux couples d'aujourd'hui en leur proposant de déplacer les contradictions et les rapports de force de leur relation dans des pratiques BDSM contrôlées, s'appuyant sur des gadgets et des sex toys qui, d'ailleurs, depuis la parution du livre, connaissent un succès croissant.

Voilà en substance la pensée d'Illouz si j'ai bien tout saisi. Je suis assez admirative que quelqu'un trouve autant à dire sur un livre dont, par ailleurs, elle souligne "l'extrême pauvreté littéraire". C'est un truc de sociologue je suppose. Concernant sa démonstration, j'avoue que cela m'a un peu amenée à reconsidérer le livre que je voyais comme le roman machiste par excellence. Après, je ne suis pas sociologue, juste lectrice, et cela me gêne un peu qu'un ouvrage soit uniquement abordé sous l'aspect "phénomène", et encore plus qu'Illouz englobe toutes les femmes dans sa démonstration : je n'ai pas aimé 50 nuances de Grey, suis-je la seule à ne pas succomber à l'hystérie collective? Si le livre répond peut-être aux attentes d'un lectorat bien défini, il serait bon cependant de rappeler qu'un roman c'est pas mal aussi quand c'est bien écrit et que les personnages sont crédibles, histoire de pouvoir adhérer un minimum (ou non d'ailleurs) aux messages qu'il véhicule.

Par beux - Publié dans : Essais
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Vendredi 5 décembre 2014 5 05 /12 /Déc /2014 10:31

L01.jpg Le chat qui ne mangeait pas de souris

Carment Agra Deedy/ Randall Wright

éditions Flammarion

2011

 

Skilley, un chat errant, a enfin trouvé LE travail du siècle. Contre le gîte et le couvert  il doit chasser les souris qui peuplent une auberge, le Ye Olde Cheshire. Le rêve pour lui si Skilley ne cachait pas un secret : notre matou ne mange pas les souris. Lui, ce qu'il adore, c'est le fromage, la spécialité du pub. Il conclut un accord avec Pip, une souris érudite et offre sa protection aux rongeurs de l'endroit contre son péché mignon. Un arrangement qui convient à tout le monde jusqu'au jour où débarque à son tour Pinch, un autre chat cruel et dangereux...

Petit roman sympathique sur une amitié improbable entre un chat et une souris, Le chat qui ne mangeait pas de souris est un de ces livres pour la jeunesse un peu décalés, se situant dans une Angleterre victorienne au charme désuet et se plaisant à multiplier allusions littéraires (on retrouve ainsi le personnage de Dickens) et vocabulaire un peu recherché. Le texte est plein d'humour mais sait parfois devenir plus grave : ainsi l'auteur ne craint pas d'introduire quelques scènes violentes dont le massacre de souris par Pinch ou le récit de la jeunesse de Skilley. Joli récit plutôt bien écrit, ce roman aborde des thèmes aussi variés que le différence, la nécessité de ne pas se fier aux apparences ou encore le pardon, le tout avec une légèreté et une désinvolture très britannique (même si l'auteur n'est pour le coup absolument pas anglaise). On prendra donc les inévitables petites piques sur les Français avec le sourire pour ne retenir qu'un conte charmant qui plaira avant tout aux 10-12 ans.

Par beux - Publié dans : Jeunesse
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Mardi 2 décembre 2014 2 02 /12 /Déc /2014 11:08

L01.jpg Le Rouge et le Noir

Stendhal

éditions Flammarion

1830

 

Julien est un jeune homme rêveur, passionné de latin et de Napoléon et guère apte à la vie que lui réserve son père, charpentier et exaspéré par ce fainéant de fils. Fort heureusement pour lui, il est engagé comme précepteur par le pontifiant monsieur de Rénal dont il séduit la femme. Ses manières et son succès auprès de la gent féminine lui valent bientôt une ascension sociale rapide et Julien voit enfin l'opportunité de monter à Paris...

Il y a des auteurs qu'on se plaît à imaginer. Personnellement j'ai toujours imaginé Balzac comme un gros monsieur dodu et jovial, Zola comme un vieil homme au regard acéré mais un peu pontifiant, et Stendhal... et ben pour moi Stendhal ça a toujours été une sorte de jeune chien fou comme son héros Fabrice dans la Chartreuse de Parme. Là où Balzac crée des jeunes hommes ambitieux qui réussissent, Stendhal se plaît à créer des personnages stoppés au sommet de leur gloire, que ce soit volontaire ou non. Julien Sorel est un être complexe, dévoré à la fois par l'ambition et le mépris de l'ambition : il voudrait faire partie des puissants tout en niant les classes sociales; il voudrait avoir fait ses preuves sous Napoléon mais se fait bien voir des royalistes au pouvoir. Au-dessus des Parisiens dont il méprise les manières, il voudrait cependant  leur ressembler. Vous l'avez compris : contrairement à ce qu'on pourrait croire, Le Rouge et le Noir est moins un roman politique (la politique à mon sens joue plus le rôle de toile de fond) qu'un roman psychologique. C'est le roman de la schizophrénie : je veux mais je ne veux pas, je t'aime mais je ne t'aime pas. Julien voudrait être dans le clergé mais rêve de gloire militaire; il aime madame de Rénal mais paradoxalement lui en veut d'être au-dessus de lui. Il aime Mathilde dès le moment où celle-ci le méprise et ne l'aime plus dès qu'elle lui avoue son amour tout comme Mathilde se met à l'adorer dès lors qu'elle le croit épris d'une autre. Seule madame de Rénal pourrait paraître constante dans toute cette histoire, si son amour pour Julien n'entrait pas sans cesse en contradiction avec ses convictions religieuses et morales, convictions cependant qu'elle finit par laisser de côté pour n'apparaître plus que comme un personnage entièrement livré à la passion. Si Stendhal se montre très critique vis-à-vis de ses trois protagonistes (Julien nous paraît assez insupportable, surtout au début), il apparaît bien vite cependant que Mathilde, madame de Rénal et Julien sont les seuls vrais héros méritants de l'histoire : pétris d'orgueil, d'amour ou d'ambition, ils se démarquent de contemporains ternes et plats dont les intérêts se limitent à des besoins immédiats, des intrigues politiques mesquines et des ambitions sans envergure. Mathilde a beau être orgueilleuse, caractérielle et inconstante, elle se refuse à jouer le rôle de la jeune fille qu'on marie par intérêt de même que madame de Rénal casse son carcan de sage mère de famille ou que Julien se refuse à accepter les offres d'emploi d'un ami qui le rendraient pourtant riche et prospère. Ce sont des héros romanesques dans un monde qui n'est pas un roman, conté par un narrateur qui lui-même n'est pas dupe. Le Rouge et le Noir pour résumer c'est l'histoire d'un monde au lendemain de la révolution française et qui a perdu tout repère, un livre où des personnages s'agitent pour faire de leur vie un conte de fées en oubliant que cela est impossible.

Par beux - Publié dans : Classiques
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Jeudi 27 novembre 2014 4 27 /11 /Nov /2014 10:43

L04.jpg Chienne de vie

troubles émotionnels et maladies de l'âme chez les animaux

Laurel Braitman

éditions Autrement

2014

 

Tout commence avec Oliver, le chien de la narratrice. Oliver est un bouvier bernois affectueux et gentil mais voilà, il est un peu étrange. Il a une peur panique de l'orage, mange tout et n'importe quoi alors même qu'il n'est plus un chiot, bondit sur tous les autres chiens au parc et supporte très mal quand ses maîtres s'absentent. Un peu inquiétant peut-être mais rien de forcément alarmant... jusqu'au jour où Oliver se jette par la fenêtre de l'appartement..

C'est le point de départ du livre de Laurel Braitman, Chienne de vie, consacré à la folie animale et à ce qu'elle nomme joliment "les maladies de l'âme", pied de nez à ceux qui considèrent que les animaux ne sont que des bouts de viande en attente d'être cuite et dépecée. Ne voyez cependant pas dans l'ouvrage une démonstration gnangnan et arbitraire d'une amoureuse un peu cucul des bêtes. Chienne de vie est à la base une thèse qui a été retravaillée pour être adaptée à un public plus large. Autant dire qu'il y a derrière pas mal de recherches : l'auteur ainsi a été visiter laboratoires et zoos, cirques et studios de cinéma, a parlé à des dresseurs, des vétérinaires, des particuliers, des comportementalistes et a vu des animaux de toutes sortes, du rat de laboratoire à l'éléphant thaïlandais.

Le résultat est à dire vrai plutôt effrayant. Si la folie humaine a déjà quelque chose d'angoissant, c'est un phénomène que nous pouvons un peu appréhender, encore que... Mais la folie animale nous paraît bien mystérieuse et peut même sembler choquante : des baleines suicidaires, des singes atteints de TOC, des éléphants violents, des rats dépressifs, des oiseaux au coeur brisé... Contrairement à mon habitude, je n'ai pas lu Chienne de vie d'une traite : en effet, c'est un livre qui peut rapidement vous filer le cafard, surtout lorsqu'on se rend compte que la folie animale est souvent liée directement au comportement de l'homme: déforestation, zoos où des animaux vivent dans des territoires cent fois moins grands que leur territoire habituel, chiens qui vivent dans des appartements minuscules et ne voient leur maître qu'au retour de leur travail... Voilà de quoi augmenter le malaise et de s'interroger sur notre rapport avec les bêtes. Laurel Braitman ne pense pas comme certains cependant qu'il faudrait laisser les animaux en dehors de notre vie : le dernier chapitre plaide pour de nouvelles relations inter-espèces, à son sens la meilleure thérapie à la fois pour l'animal mais aussi pour l'homme. Dense, mais clair et instructif.

Par beux - Publié dans : Essais
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