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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 12:17

L02.jpgLe Nez

Gogol

éditions Folio

1836

 

"C'est un roc ! C'est un pic... c'est un cap ! Que dis-je c'est un cap ? ... C'est une péninsule !" Si Cyrano de Bergerac souffrait de son nez trop grand, Kovaliov lui aimerait bien retrouver le sien, car voilà qu'un matin, en se réveillant, il se retrouve sans cet appendice indispensable. Que va-t-il faire lui le brillant fonctionnaire pour occuper ses fonctions habituelles sans se couvrir de ridicule ? Qui a fait le coup ? Est-ce le fait d'Alexandrine Podtotchine, vexée qu'il se refuse à épouser sa fille? Est-ce le fait du barbier Ivan Yakovlevitch qui a parfois la main un peu maladroite? Kovaliov s'affole, interroge, porte plainte... et retrouve son nez sous les traits d'un autre fonctionnaire. Son nez le repousse : ils ne sont pas du même niveau hiérarchique...

Alors que "Les 1001 livres..." nous ont habitué à des romans fleuves, on ne peut qu'être déconcerté par ce court texte (à peine une quarantaine de pages) qui détonne entre Oliver Twist et La chartreuse de Parme. Le récit lui-même est d'une délicieuse absurdité, récit des mésaventures d'un petit chef privé de nez et qui se rend compte avec embarras que toutes ses relations ne lui servent pas à grand-chose dans ce cas précis. Valsant entre le trivial et le comique de situation (le barbier qui retrouve le nez dans son pain, Koliakov qui se résigne à lancer un avis de recherche), le franchement absurde (le nez devenu un fonctionnaire haut gradé qui se refuse à adresser la parole à son propriétaire) et le un peu moins absurde, Gogol avec Le Nez nous livre une drôle de narration qui, pour ma part, me séduit assez.

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Published by beux - dans Classiques
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