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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:08

L01.jpgLes Assassins

R.J Ellory

éditions Sonatine

2009

 

Nous avions déjà parlé dans ce blog de Ellory et de son livre Seul le silence, un roman policier atypique tout en lenteur et plutôt glaçant. Aujourd'hui, c'est avec son dernier ouvrage paru en France, Les Assassins, que nous renouons avec lui.

Irving travaille dans la police et enquête sur des meurtres. Et à New York Dieu sait qu'il y en a des meurtres. Aussi, lorsque quatre homicides sont commis à quinze jours d'intervalle mais avec des modes opératoires et dans des secteurs différents de la ville, personne ne fait forcément le rapprochement. Personne sauf un homme, John Costello, enquêteur pour le compte d'un journal et qui découvre qu'il s'agit de la main d'un même tueur, ce dernier oeuvrant les jours anniversaires de meurtres de célèbres serial killers. Irving, d'abord dépassé, décide de faire appel à John pour l'aider à résoudre l'enquête. Mais ses moyens sont limités et les morts s'accumulent...

Il pourrait s'agit d'un énième roman sur les serial killers, sauf que Ellory choisit d'aborder le phénomène sous un angle totalement différent. Oubliez les analyses psychologiques à six sous, les courses poursuites haletantes, les révélations subites. Durant tout le livre, le héros, Irving, se retrouve à la traîne, freiné dans son enquête par la lenteur administrative, les budgets serrés et sa propre incapacité à comprendre l'assassin. Le serial killer n'a ici aucun visage précis et l'auteur se détache complètement de lui, stigmatisant de la sorte la fascination qu'on peut éprouver pour ce genre de personnages. Toute la narration se centre sur Irving, Costello ou encore les victimes du tueur, si bien qu'il est impossible au lecteur de s'identifier à cet assassin malin, quasiment toujours gagnant mais qui au final ne demeure qu'un monstre, assassinant des gens dont Ellory a soin de nous raconter l'histoire auparavant. C'est important de le préciser car, à l'ordinaire, dans ce genre de romans, le serial killer, aussi monstrueux soit-il, a souvent plus d'importance dans la narration que les victimes, voire que le héros ce qui est loin d'être le cas ici. Ajoutez à cela une écriture soignée, une intrigue prenante mais dépourvue des clichés du genre et une très jolie réflexion sur la solitude et vous obtenez un livre qui conforte Ellory dans son statut d'auteur majeur du polar américain.

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Published by beux - dans Polar
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