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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 10:49

L02.jpgBlacklistée

Cole Gibsen

Hugo et Compagnie

2015

 

Tout est affaire de contexte. J'ai commencé Blacklistée vendredi dernier et j'ai trouvé le début assez sombre. On y suit Regan, une adolescente névrosée, sujette à des crises d'angoisse et constamment sous pression. Normal, sa mère est au Sénat et la jeune fille se doit d'être irréprochable. Faire partie de l'équipe de pom-pom girls du lycée, se présenter aux élections de l'établissement, se montrer agréable avec tout le monde... quitte à être une vraie peau de vache par derrière. Car s'il y a bien une chose que Regan a appris de sa mère, c'est l'art de manipuler autrui. Tout vole en éclats le jour où, en arrivant au lycée, elle découvre placardés sur tous les murs ses messages privés : mensonges, manipulations, vacheries...Aussitôt, la populaire Regan devient une paria et découvre les joies du harcèlement et de la solitude.

ça commençait très fort : une lycéenne mis au ban qui se retrouve abandonnée par ses prétendus amis, des graffitis sur son casier, chronique de la haine ordinaire à l'école... Si on comprend très vite que Regan est loin d'être irréprochable, le fait que ce soit elle qui raconte l'histoire nous permet malgré tout de nous identifier à elle et de souffrir de son isolement. Le tout servi par une écriture incisive et sans complaisance décrivant des scènes assez dures : la meilleure amie qui ne répond pas au téléphone, la mère qui fouille la chambre de sa fille pour y trouver de la drogue avec la participation du père, les crises d'angoisses violentes d'une héroïne qui n'arrive pas à garder pied.

J'ai lu jusqu'à assez tard ce soir-là et me suis couchée tranquillement. Le lendemain je suis allée au travail pour y retrouver des visages défaits et pour apprendre ce qui avait empêché la moitié des autres de dormir.

Quand j'ai repris le livre samedi soir, était-ce ma perception qui avait changé, était-ce simplement la fin de l'ouvrage qui laissait à désirer ? J'ai levé les yeux au ciel devant l'histoire d'amour oh combien prévisible, je me suis lassée des atermoiements de l'héroïne et j'ai trouvé la fin sirupeuse au possible. Encore une fois tout est affaire de contexte je suppose. Difficile de s'attendrir sur les malheurs d'une lycéenne américaine ce week-end.

Paradoxalement, je n'ai pas envie de démolir tout à fait ce livre non plus qui véhicule des valeurs plutôt positives : Blacklistée nous dit qu'en réalité il n'y a pas vraiment de "méchants", que justement tout est affaire de contexte, qu'on devient ce que l'on attend de nous et que la haine est loin d'être la solution. Même Amber, la peste de l'histoire se révèle plus complexe que prévu tandis qu'à l'inverse le gentil Nolan a aussi des zones d'ombres. La solution réside apparemment dans la compréhension et l'amour des autres. C'est simpliste, c'est niais, et en temps ordinaire j'aurais traité ce dénouement avec tout le cynisme et le mépris possible. Mais de la haine il y en a eu beaucoup ces derniers temps alors pour une fois, juste pour cette fois, je vais me mettre en mode bisounours et croire que l'auteur a raison, qu'on peut tout arranger en parlant, en s'excusant et en aimant. Quelquefois, ça fait du bien d'y croire.

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Published by beux
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