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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 10:35

L03.jpgBjorn le Morphir

Thomas Lavachery

éditions Ecole des Loisirs

2005

 

On va encore parler jeunesse aujourd'hui (j'en ai vu certains lever les yeux au ciel, désolée les gars mais j'essaie d'écouler mes services de presse en retard moi) avec un livre déjà sorti il y a plus de dix ans mais que son éditeur remet au goût du jour en ce début d'année. Il s'agit de Bjorn le Morphir : nous sommes en 1065 et la neige tombe drue, entité maléfique déterminée à ensevelir les villages vikings sous ses flocons géants. Bjorn, jeune adolescent, et son entourage proche (ses parents, son grand frère, sa petite soeur, les proches de la famille..) se claquemurent chez eux en espérant survivre à cet hiver meurtrier. C'est là que Bjorn, jusque là garçon plutôt timide et maladroit va se révéler, se transformant en un combattant redoutable. Serait-il un "morphir" cet être d'exception des légendes nordiques ?

Encore un livre qui me laisse perplexe. Ce n'est pas mal écrit, pas du tout au contraire, et j'ai bien apprécié le côté huis-clos du récit (en revanche, je pense que l'auteur devrait s'abstenir d'illustrer ses histoires, je ne trouve pas ça beau du tout) ainsi que le sujet, mélange de traditions vikings et chrétiennes qui permet à Thomas Lavachery de glisser en vrac loups-garou, neige satanique, dragons et trolls. Cela pourrait être indigeste or cela passe bien mais... mais voilà, là où je bloque, c'est dans la façon d'écrire de l'auteur. Comme je l'ai déjà dit, c'est bien écrit mais l'écriture m'a parue très... vieillotte. Je ne sais pas comment vous l'expliquer mais un livre où les chapitres sont titrés par une phrase (Chapitre 1 : "Elle est méchante") ça a déjà un côté rétro. De plus Bjorn le Morphir a beau être écrit à la première personne du singulier, le ton reste très distant, très détaché : impossible pour un lecteur de rentrer dans la peau du personnage ou même de s'attacher. Le danger, pourtant souligné à de nombreuses reprises, reste virtuel, comme dans un conte : on a beau savoir que le petit Poucet est poursuivi par un ogre, cela ne nous inquiète pas plus que ça, le pacte est qu'il s'en sortira ; de même Bjorn et sa famille ont beau être confinés à bouffer leurs chaussures, on a la certitude qu'ils trouveront une solution. Du coup, cette indifférence s'étend à l'histoire d'amour (car il y en a une) et même aux rares morts qui parsèment l'histoire (pareil soyons francs: l'un d'entre vous s'est-il senti concerné par la mort de la grand-mère dans Le petit chaperon rouge?) Je n'ai rien contre les contes pour ma part, c'est un genre que j'aime bien, mais je trouve ça assez lassant sur le long terme. Du coup Bjorn le Morphir, classé en romans ados me semble peu adapté pour ce type de lectorat, pas à l'âge où l'on a envie de s'identifier à un héros et de rentrer vraiment dans un roman. En revanche, pour des plus jeunes (dix onze ans) amateurs de fantastique et de légendes, pourquoi pas ?

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Published by beux - dans Jeunesse
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