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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 11:51

L03.jpgRevival

Stephen King

éditions Albin Michel

2014

 

Ah ce brave Stephen King... Rien de plus inégal que son oeuvre, capable aussi bien du meilleur que du pire. Qui oserait comparer Shining à Docteur Sleep, Le Fléau à Cellulaire ? Ce qui est bien quand on lit son dernier roman du coup, c'est qu'on ne sait absolument pas à quoi s'attendre...

Direction Marlow dans la petite ville du Maine où le jeune Jamie, petit dernier d'une fratrie nombreuse, coule des jours paisibles jusqu'à l'arrivée d'un jeune et charismatique révérend, Charles Jacobs. Passionné par l'électricité, ce dernier initie Jamie à sa passion. Trente ans plus tard, alors que Jamie est devenu un guitariste rongé par l'alcool et la drogue, leurs chemins se croisent de nouveau...

Une fois encore, Stephen King renoue avec ses thèmes de prédilection : l'enfance, la religion, l'addiction sous toutes ses formes. Il y rajoute des références inspirées directement de l'oeuvre de Mary Shelley, Frankenstein, faisant de son révérend un scientifique consumé par le désir de braver la mort. La mort d'ailleurs occupe une place centrale dans l'ouvrage (rien de surprenant d'ailleurs chez King) et s'accompagne également d'une réflexion sur la vieillesse, assez positive cependant : Jamie accepte facilement son âge et s'il est plein de mélancolie, il s'accommode bien de sa situation. Le personnage de ce fait est  touchant car on sent l'auteur derrière ce portrait d'un homme qui a dû se battre contre la drogue et l'alcool à un moment de sa vie et affronter des deuils douloureux.

Mais... car il y a toujours un "mais" avec moi, vous devriez le savoir, je n'ai pas pour autant été convaincu par Revival. L'écueil majeur à mon sens tient dans la structure du récit qui s'étale sur plus de cinquante ans. L'horreur se dilue dans des actions trop espacées pour inspirer vraiment la terreur ou même l'inquiétude. Pour ma part je trouve que King s'en sort mieux dans les huis-clos (Shining, Salem, Misery) ou tout du moins dans des histoires plus ramassées dans le temps. Là, on n'arrive pas vraiment à se sentir mal à l'aise en lisant cette histoire qui joue essentiellement sur deux personnages qui ne font que se croiser, jusqu'à un final assez inattendu pour le coup et plutôt réussi, bien que très sombre. On ne peut cependant se contenter d'une fin glaçante et de quelques cauchemars au fil des pages pour ressentir cette angoisse si délicieuse propre au genre. Semblerait-il que sur ce coup-là le maître de l'horreur a manqué son coup.

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Published by beux - dans Fantastique
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