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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 19:24

L08.jpgCamarades

Shaïne Cassim

éditions Ecole des Loisirs

2016

 

L'Ecole des Loisirs devrait faire quelque chose pour ses couvertures de romans ados, vraiment. La couverture de Camarades est, à mon sens, ratée. La photo est trop sombre et ne donne pas du tout envie de découvrir un livre qui, de toute façon, toujours selon moi, est raté également.

Nous sommes en 1870 sous le Second Empire et quatre destins d'adolescents se croisent en cette période trouble qui précède la Commune. Il y a Eulalie, une jeune normande qui a mis le feu au domaine de sa grand-mère; Eddie, un gallois qui se refuse à vivre la paisible vie de ses parents et rêve d'aventures; il y a Gisèle, une parisienne qui a fui un père qui la battait pour trouver refuge auprès d'un couple de médecins. Enfin, il y a Evguéni, un jeune russe qui a réussi à s'échapper du goulag en Sibérie. Ces quatre jeunes vont se retrouver, liés par leurs solitudes respectives et par un désir commun quoique confus de trouver enfin le bonheur.

Quand je dis que Camarades est raté, je ne veux pas dire que c'est mal écrit. Le style est plutôt joli, il n'y a rien à dire là-dessus, mais l'histoire est creuse. On vous promet un roman sur la Commune, sur les bouleversements sociaux, et tout ce qu'on a c'est une narration découpée en tranches, s'intéressant vaguement à quatre adolescents à tour de rôle mais sans vraiment développer leurs caractères, pire sans même chercher à les différencier dans le récit. Gisèle et Eulalie sont interchangeables ainsi qu'Eddie et Evgueni, on ne distingue pas leurs particularités, ils se confondent tous dans une même écriture, un choix que la fin du livre peut plus ou moins justifier mais qui, pour ma part, me laisse profondément dubitative. L'intrigue ? Il n'y en a pas. L'histoire traîne vers un but qui n'est jamais atteint et le lecteur lassé se désintéresse d'une action balançant ça et là des informations historiques que l'auteur ne se soucie même pas d'expliquer (les nouvelles techniques d'impressions, le discours de Victor Hugo, les tensions entre la France et la Prusse) tout en mêlant le bon vieux cours d'éducation civique propre à ce type de romans où l'on vous explique de façon très didactique qui sont les "gentils" (les esprits libres comme Pétronille), les "méchants" (Napoléon III, le tsar, les religieuses de l'hôpital) et les "gentils mais un peu trop zélés" (Sidonie) ce qui est à mon sens la pire façon d'appréhender l'histoire. On peut certes trouver de l'intérêt à certaines scènes dans Camarades, heureusement, quelques touches de subtilité dans un roman qui utilise de bons gros sabots, le passage où Gisèle propose à Eulalie de devenir camarades, celui où Eddie monte dans un arbre pour échapper à sa vie.. J'aime beaucoup également le personnage d'Evgueni qui reste malheureusement le personnage le plus effacé du récit. Il n'en demeure pas moins que cette lecture a été pour moi une expérience ennuyeuse qui je m'abstiendrai de conseiller, sauf pour les adolescents passionnés d'histoire et encore...

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Published by beux - dans Jeunesse
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