Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 11:46

Le puits et la pendule

Edgar Allan Poe

1843

 

Une pièce dans le noir, un homme seul dans cette pièce, condamné par l'Inquisition et ignorant tout du sort qui lui est réservé. Au centre, un puits dans lequel il manque tomber. Au plafond, une horloge avec un balancier acéré qui se rapproche dangereusement pour lui lacérer la chair. Tic, tac...

Tout le talent d'Edgar Allan Poe se retrouve condensé dans cette courte nouvelle glaçante à souhait. Ici il n'y a pas de préambules ni d'explications; qu'a fait le prisonnier narrateur pour se retrouver condamné nous n'en savons rien. De son passé, de sa condition, de ses convictions nous ignorons tout. Ce n'est plus qu'un homme nu luttant seul dans le noir contre une mort irrémédiable et dont toute l'intelligence se retrouve mobilisée à la survie. Le récit à la première personne favorise l'identification immédiate par le lecteur qui tremble pour le malheureux. Allan Poe joue également sur des symboles forts : le puits sans fond, l'horloge dont le tic-tac rapproche le narrateur d'une mort certaine, l'obscurité... Il y a peu d'éléments dans cette nouvelle, à dessein, mais ils sont diablement efficaces. Les descriptions brèves et précises confortent le sentiment de malaise tandis que le dépouillement du "décor" nous force à nous concentrer sur le personnage, ses gestes, ses sensations, et à ressentir d'autant plus sa terreur. Le sentiment d'oppression et d'angoisse va crescendo jusqu'à un final abrupt qui laisse à peine au lecteur le temps se remettre de ses émotions. Bref et efficace.

Partager cet article

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article

commentaires