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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 12:23

Watership Down

Richard Adams

éditions Toussaint Louverture

1972

 

"Qu'est-ce que c'est?" m'interroge mon collègue en revenant de sa pause déjeuner et en me retrouvant en train de regarder amoureusement un livre sur le bureau.

"C'est Watership Down ! je lui répond avec enthousiasme, c'est un classique de la littérature et ça fait des années que j'essaie de le lire en anglais puisqu'il n'était plus disponible en français. ça y est, ils l'ont retraduit!

- C'est vrai que la couverture est belle, admire mon collègue d'un air intéressé. Et ça parle de quoi ?

- Heu... de lapins."

La lueur d'intérêt disparaît immédiatement pour laisser place à une expression mi-moqueuse mi-incrédule.

"De lapins ?

- Oui mais c'est pas ridicule hein. Ce sont des lapins qui fuient la garenne et..."

Bon, lui je n'arriverai pas à le convaincre. Mais je suis sûre que j'arriverai à rallier quelques-uns d'entre vous à ma cause, du moins ceux qui veulent bien admettre que des lapins peuvent être les héros d'une histoire. A titre indicatif, sachez tout de même que ma collègue du rayon littérature, trompée il est vrai par une accroche prometteuse "Le Walking Dead des Lapins!" (les éditeurs sont vraiment prêts à tout pour vendre leurs ouvrages) a lu le livre et, un peu perplexe, l'a bien aimé malgré tout alors que pour le coup ce n'est vraiment pas son genre de romans.

Watership Down c'est l'histoire de Hazel, un lapin paisible qui vit dans sa garenne sans se préoccuper de grand-chose jusqu'à ce que son frère Fyveer, un chétif doué d'étranges intuitions, le supplie de quitter les lieux, persuadé qu'un horrible danger les menace tous. Echouant à convaincre le Maître, les deux frères parviennent néanmoins à persuader quelques autres lapins de fuir la garenne avec eux : il y a entre autres Bigwig le lapin de combat fort en gueule, Rubus le rusé, Pipkyn le petit timoré, Dandelion le conteur... Les voilà tous partis pour un long voyage semé d'embûches et de rencontres et qui les mènera jusqu'à Watership Down la terre promise.

Il est difficile de résumer un livre qui est un mélange de conte animalier et de roman initiatique et qui mêle l'histoire de Hazel et  de ses compagnons aux légendes de Shraavilshâ le premier lapin. L'auteur a un talent rare, celui d'humaniser ses héros tout en ne tombant pas dans le travers d'anthropomorphisme. Hazel et ses compagnons restent des lapins avant tout : ils craignent l'homme et le vilou (les prédateurs), ils lèchent leurs blessures pour guérir, ils cherchent en priorité des terriers pour se protéger, des endroits pour manger et des femelles pour se reproduire. Tout l'art de Richard Adams réside dans le fait que le lecteur va se passionner pour cette quête qui va permettre des réflexions plus profondes. Lors de leur périple les lapins vont ainsi tomber sur une garenne en apparence prospère mais qui vit en permanence dans la peur de l'homme et de ses pièges, et une autre garenne à visée expansionniste, qui pour le coup vit en sécurité mais est soumise à une véritable dictature militaire. L'occasion pour les lecteurs de réfléchir aux différents modèles de société... Atypique, Watership Down a donc de quoi surprendre mais ne vous laissez pas arrêter par sa thématique animalière, moins prisée chez nous il est vrai que dans les pays anglo-saxons : ce serait vous priver d'un roman au charme unique.

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Published by beux - dans Classiques
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commentaires

Clydeb1 03/11/2016 12:54

Je ne connais pas, merci pour ce conseil et l'info de cette sortie, que je n'ai pas vu ailleurs ni en librairie.
Je me le note pour le réclamer à mon libraire !

Dominique 17/10/2016 16:32

Je désespérais de le lire en français, alors je l'ai acheté au cours d'un voyage à Londres sans savoir qu'il venait d'être réédité. Pour ceux qui voudraient le lire en anglais, c'est assez ardu car le langage est très riche (description de la faune et de la flore), et plein d'expressions très anglaises (c'est le moins), et c'est très par conséquent très enrichissant au niveau du vocabulaire.
Je vais donc le lire trois fois : une première en anglais pour décrypter, une seconde plus fluide et une troisième en français mais j'ai peur d'être désorienté par les changements de noms (Shraavilshâ original c'est El-haraïrah, c'est souvent problématique dans les traductions)

Jun Kyle 05/10/2016 22:42

Voilà qui fait ma journée ! Je ne savais pas que Watership Down était de nouveau disponible en français. J'avais vu le film animé et il m'avait vraiment accroché (et traumatisé) avec son style graphique si particulier. Merci pour la critique, je vais m'empresser de le lire enfin !

beux 12/10/2016 11:49

De rien ! Je suis heureuse que mes lapins trouvent des amateurs...^^