Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 12:22

Un trombone rouge

Kyle MacDonald

 

 

 

Je ne fais pas que lire des livres. J’en vends aussi. Mais je ne vends ni science-fiction ni policier. Je ne parle pas de la complexité des œuvres de Joyce ni de la richesse de la littérature jeunesse contemporaine. Non, je vends des codes de droit et des ouvrages d’entreprise et d’économie. Et si j’en feuillette beaucoup, sans réelle conviction je l’avoue, il m’arrive parfois d’en lire.

Alors aujourd’hui vous l’avez deviné, vu votre grimace, je vais vous parler d’un livre d’entreprise. Non, restez s’il vous plaît ! Vous verrez c’est marrant promis….

Il s’agit plus précisément d’un témoignage. En 2005, Kyle MacDonald est un paisible canadien, un peu fainéant sur les bords il faut l’avouer. Il cherche du travail sans réelle conviction, mais sa seule passion est le troc (ne me demandez pas pourquoi il y en a bien qui collectionnent des petites cuillères) Fasciné par la notion d’échanges, il décide un soir subitement de se lancer dans le troc « professionnel » et, par ce biais d’obtenir une maison, rien de moins. Entreprise d’autant plus audacieuse que le seul objet dont il dispose pour démarrer est le trombone rouge qui sert à maintenir en place son CV.

Voilà donc notre Kyle qui se lance. Sur Internet on peut faire n’importe quoi et Kyle échange bientôt son trombone contre un stylo en forme de poisson (trouvé par terre) le stylo contre une poignée de porte rigolote (bric-à-brac d’une femme) la poignée contre un réchaud, le réchaud contre une génératrice pleine d’essence, la génératrice contre une fête instantanée, la fête contre un motoneige, la motoneige contre un voyage, le voyage contre un grand fourgon, le grand fourgon contre un contrat d’enregistrement, le contrat d’enregistrement contre un an à Phoenix, l’année à Phoenix contre un après-midi avec une star de rock, l’après-midi avec une boule de neige, la boule de neige contre un rôle dans un film, le rôle contre une maison. Au final, un an plus tard, Kyle se retrouve avec l’objectif qu’il s’était fixé.

Bon ça fait rêver mais ne nous emballons pas. D’une part parce que l’opération est vite relayée par les médias et que notre troqueur dispose dès le sixième troc d’une publicité qui lui permet de faire ses échanges très facilement. Si quelqu’un d’autre se lançait dans l’aventure y parviendrait-il aussi facilement ? Rien n’est moins sûr. Reste que le personnage est sympathique. Bien sûr nous avons droit aux petites phrases choc tout au long du livre, en majuscules s’il vous plaît, quand on veut on peut, et autres foutaises, mais Kyle Mac Donald a le mérite d’aller jusqu’au bout de son idée ; il refuse les dons et sur le principe troque toujours ; ainsi si comme moi vous avez noté une aberration lors des échanges décrits ci-dessus, vous saurez que la petite boule de neige a été troqué avec un acteur collectionneur (quand je vous dis qu’il y a des bizarreries de la nature) qui voulait absolument participer à l’aventure.

Le livre se lit donc à la manière d’un roman à suspens, un peu ralenti par les descriptions des effets médias. C’est à mon avis son plus gros défaut. Peut-être que ça présente un intérêt pour le lecteur anglophone, mais pour les étrangers, avoir la liste des différentes émissions auxquels participe Kyle est très ennuyeuse, sans compter l’énumération des personnalités qu’il a rencontré (sommes-nous sensés nous évanouir d’émotion ?) Reste un périple intéressant, les différents mails de monsieur et madame tout le monde que Kyle a reçu et une intéressante aventure humaine. Pour information, sachez que le site initial de l’auteur oneredclippaper.com existe toujours et qu’à l’heure actuelle, il échange sa maison contre l’offre la plus intéressante. Bon Ok, faut être disposé à aller vivre là-bas et je pense que peu d’entre nous sont intéressés mais sait-on jamais… Quant à moi je suis sérieusement encline à me lancer dans le troc pour obtenir une maison à mon tour ou une wii au moins. Ça intéresse quelqu’un un petit navire en bois ou un chat schizophrène ?

 

Par beux - Publié dans : Témoignage
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 6 juillet 2008 7 06 /07 /Juil /2008 19:07

Le fantastique des fétichistes

Présenté par Estelle Valls de Gomis

 

 

Pour mon anniversaire, l’une de mes amies m’a offert un livre dont le titre m’a laissée profondément perplexe : Le fantastique des fétichistes. Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’un ouvrage sado-masochiste et, désolée, je ne vous parlerai pas aujourd’hui de fouets en cuir ni de viols de cadavres. Le livre en question est un anthologie de nouvelles fantastiques traitant donc, si vous suivez bien, du fétichisme, sous toutes ses formes.

Au départ un peu sur la réserve, j’ai été plutôt impressionnée par la qualité éditoriale du recueil, tant au niveau de la couverture que de la mise en page. Le choix des textes me paraît  cependant discutable. Ainsi la nouvelle Il Viccolo di madama Lucrezia de Prosper Mérimée ne me frappe pas par son aspect fétichiste, tout comme le texte de Pierre Louÿs : Léda ou la louange des bienheureuses ténèbres. Après peut-être est-ce moi qui donne au terme de « fétichiste » un sens bien particulier, celui de mon dictionnaire : « Perversion sexuelle qui confère à un objet particulier (vêtement, etc.) ou à une partie du corps du partenaire le pouvoir exclusif de susciter l’admiration érotique » (in Dictionnaire encyclopédique universel, éditions Précis) Or, dans les deux nouvelles citées ci-dessus comme exemple, rien de tel. En fait, il m’a été difficile de trouver la dimension fétichiste du recueil, si ce n’est dans son aspect érotique.

Après avoir dit cela, que reste-t-il ? Une anthologie de nouvelles fantastiques, plus ou moins sulfureuses. Et comme dans tout recueil, il y a du bon et du mauvais. L’édition propose de nombreux textes du XIX è siècle et j’ai été ravie de pouvoir découvrir certains auteurs que je ne connaissais que de nom, tel Gogol ou Pierre Louÿs. On retrouve également des incontournables, Oscar Wilde, Maupassant ou  encore Mérimée. Obsession des fleurs pour certains, fixation sur les cheveux pour d’autres… Ma nouvelle préférée du recueil, un classique, restera sans aucun doute  Le manteau de Gogol, récit qui retrace l’histoire d’un malheureux petit fonctionnaire russe qui, suite à la confection d’un manteau neuf et par un effet boule de neige, perd la vie tragiquement.

Je suis restée beaucoup plus sceptique sur la fin, avec les nouvelles des auteurs contemporains. Je vais me faire des ennemis, mais autant j’aime bien le langage un peu précieux pour les auteurs justement des siècles derniers, autant celui-ci me paraît compassé dès lors qu’il est employé par des gens qui sont plus jeunes que moi.  Par pitié ! Certes le fantastique est plutôt l’apanage du XIX è siècle mais pourquoi s’entêter à imiter les classiques au lieu de chercher à se créer un nouveau style qui ne sentirait pas la poussière ? Le résultat n’a donc pas été à la hauteur de mes espérances. Seul deux textes de la compilation m’ont plu parmi les auteurs actuels, celui de Léonor Lara Villa Vesper nouvelle qui nous conte l’obsession d’un français à Venise pour les chevelures rousses, passion qui le conduira à se livrer à un véritable trafic de chair dans sa villa, et Le palais des eaux d’Armand Cabasson, nouvelle dans laquelle un sultan, rendu fou de chagrin par la mort de sa femme, devient amoureux d’un masque à l’effigie de cette dernière. Le reste ne m’a pas du tout touchée.

Ceci dit, s’il me fallait faire un bilan de ma lecture, il serait globalement positif. D’une part parce que j’aime le fantastique et qu’il m’est agréable d’avoir un échantillon du genre, d’autre part parce que la plupart des auteurs ne sont pas n’importe qui. Le pari était risqué : mêler auteurs connus et nouveaux venus. Si je n’ai pas été forcément convaincue, on peut néanmoins saluer une certaine audace éditoriale. Et retourner vérifier le mot « fétichisme » dans le dictionnaire….

Par beux - Publié dans : Fantastique
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 21:18

Ulysse

James Joyce

 

 

Non je n’ai pas décidé d’arrêter ce blog, pas plus que je ne suis passée sous un train depuis la dernière fois. Mais c’est seulement depuis hier que je suis venue à bout d’Ulysse, le pavé de 1000 pages de James Joyce.

Ulysse est une référence en matière de littérature. Pourtant, toutes les personnes que j’ai interrogé (et pas des plus bêtes) m’ont avoué qu’ils avaient été incapables de le lire jusqu’au bout, ce qui n’a pas été sans me faire peur. J’ai compris assez vite pourquoi.

L’intrigue ? Assez difficile à expliquer. Pour résumer à l’extrême, une journée à Dublin vécue essentiellement par deux personnages, Dedalus et Bloom. L’un est un jeune professeur honte de son père, l’autre un juif de la quarantaine blasé, tous deux portés sur les femmes et l’alcool. Ceci dit, si la narration tourne autour de ces deux personnages, elle adopte une multitude de points de vue et permet ainsi d’embrasser une foule de protagonistes secondaires, une Pénélope désoeuvrée, des jeunes saintes-nitouches pas si farouches, des prêtres alcooliques, des prostituées, etc.

S’il ne s’agissait que de la profusion de personnages on pourrait s’en sortir (après tout j’ai bien survécu à l’épopée des trois royaumes) mais là où ça se complique, c’est que non content de multiplier les références littéraires (la plus évidente étant évidemment l’Odyssée d’Homère) James Joyce prend un malin plaisir à inventer des mots, à démolir sans cesse la structure de son roman en sautant  indifféremment du récit théâtralisé au texte écrit d’une traite en passant  par la narration standard et à utiliser indifféremment le style épique et le langage parlé. Au final un joyeux mélange sans queue ni tête.

Au début, pleine de bonne volonté, j’avais décidé d’aborder le texte de la meilleure manière qui soit : dans le silence, l’esprit reposé, prête à bondir sur le dictionnaire en cas de besoin. Las ! J’ai failli abandonner puisque dès le premier chapitre, une évidence s’est imposée à mon esprit : Je capte que dalle ! Les personnages sortent d’on ne sait où, font on ne sait quoi, tiennent des propos sans queue ni tête, se remémorent des souvenirs que nous ne connaissons pas… J’ai tenu bon. J’ai essayé toute sorte de lectures tandis que j’avançais péniblement : j’ai déclamé à voix haute (pour ceux qui se gausseraient sachez que la lecture à voix haute entraîne plus le cerveau que la lecture silencieuse) je suis restée en contemplation devant certaines pages pendant dix minutes (que diable veut-il dire par là ?) j’ai essayé de lire tantôt le matin tantôt le soir… Le roman restait pour moi une énigme.

Et finalement j’ai trouvé ! Ce week-end j’ai fait en moyenne douze heures de train. Seule lecture : Joyce. Et curieusement, c’est à moitié malade (début d’insolation) et complètement crevée par des levers extrêmement matinaux que j’ai pu enfin entrer dans le récit. Ça y était, mon esprit embrumé ne trouvait plus étrange les divagations de l’auteur et de ses protagonistes, ma conscience abrutie appréciait le style décousu et les mots-valises… Bref, j’ai lu les 700 pages qui me restaient sans presque m’en apercevoir.

 

Conclusion ? Ulysse, à mon sens et comme le souligne la postface, est un roman qui cherche à imiter la conscience humaine, tout en contradictions, en fouillis et en répétitions. Il est vain de lutter contre le texte en cherchant à se l’approprier. Personnellement, j’avoue humblement ne pas avoir saisi toutes les références culturelles qui fourmillent dans le récit, car Joyce ne se réfère pas seulement au texte d’Homère, mais également à Shakespeare, à l’histoire de son pays, à Aristote, aux textes bibliques… bref, il faudrait être un génie pour pouvoir en saisir toute la trame, ce que je ne suis malheureusement pas. J’ai opté pour une lecture facile ; je me suis laissée porter par un style unique et un humour ravageur, j’ai cherché à établir le parallèle avec l’Odyssée, relevé quelques allusions et je me suis contentée de suivre Joyce dans son délire personnel, tout en jeux de mots et en facéties (à l’instar de Nabokov, Joyce est un des auteurs qui me font regretter de ne pas savoir lire assez bien l’anglais pour pouvoir l’aborder en version originale) Bref, j’ai passé un bon moment, mon chapitre préféré restant incontestablement celui de Circée, chapitre sous forme de pièce de théâtre où réel et imaginaire se lient de façon inextricable si bien qu’il est difficile de dissocier les deux.

Délires d’ivrogne et pleurs d’un enfant, un enterrement et  une naissance, le jeune et le vieux, la prostituée et la jeune vierge, le mari infidèle et l’épouse lassée, crieurs de journaux et chants d’opéra, l’œuvre de James Joyce est le reflet de notre propre vie, à la fois tragique et comique, mesquine et sublime. Et si vous vous en sentez le courage, n’hésitez pas à le lire. Euh un petit conseil néanmoins ; sauf si vous êtes un surdoué, buvez un petit coup avant ou faites comme moi, abordez-le avec un bon manque de sommeil. Si j’osais, je dirais presque que Ulysse est un roman surréaliste qu’il faut aborder avec un état d’esprit bien particulier….

Par beux - Publié dans : Roman
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 12:33

La cathédrale de la mer

Ildefonso Falcones

 

 

J’ai fait un rêve bizarre cette nuit. J’ai rêvé que j’étais poursuivie par de grands méchants qui me traquaient dans des campagnes isolées, peuplées ça et là de maisons en attente de logement. Style maisons témoins. Les grands méchants finissent par me rattraper (jamais de chance même dans mes rêves). Au début je ne comprends pas ce qu’ils ont de si terrible et finalement je comprends lorsque lors d’une soirée, mes compagnons de captivité se mettent à débattre le plus sérieusement du monde des méfaits de la cigarette et des colorants ; les méchants nous ont transformé en des êtres totalement aseptisés qui rejettent avec horreur tout ce qui est mal vu aujourd’hui de la société (même les produits comme le lait, qui, il faut l’avouer, ne nécessite pas autant de polémique) pour privilégier une tiédeur et un politiquement correct de bon aloi. Peut-être qu’au fond c’est ça le véritable danger de notre civilisation ; un troupeau de moutons qui organise des manifestations solidaires tout en n’ayant aucun scrupule à voter Sarkozy.

 

Bref. Pourquoi ce rêve ? C’est peut-être dû au rhum ajouté dans l’eau chaude ingurgité le soir (vous en connaissez des moyens pour combattre le rhume ?) Mais peut-être est-ce dû au livre dont je vais vous parler aujourd’hui. A priori, rien pourtant ne s’apparente moins au politiquement correct que les romans historiques. Bien au contraire, sous couvert d’histoire, généralement les auteurs en profitent pour déballer toutes les thèmes qu’ils n’oseraient pas forcément mettre dans un roman contemporain : viol et sexualité débridée, bon vieux racisme, accès de testostérone primaire (youhou le roi nous appelle à la guerre ! courons massacrer les huguenots/ sarrasins/ sales étrangers) Généralement d’ailleurs c’est ce genre de thématique qui me fait reposer ce type d’ouvrages avec ennui. Lorsque j’avais quinze ans ce genre d’histoires passaient ; l’exaltation et tout ça je suppose. Maintenant je trouve ça un peu suspect. Ceci dit j’ai découvert une chose ce week-end ; c’est qu’un roman historique propret à l’inverse peut être très agaçant aussi.

 

Espagne, Moyen-Age. Au rythme de la construction de la cathédrale Santa Maria à Barcelone se tisse en parallèle l’histoire d’Arno Estanyol. Arno, au départ fils d’un serf en fuite devient peu à peu un personnage important de la ville. D’abord bastaix (il transporte des pierres pour la construction de l’église) à la suite du décès de son père, il vit avec son frère d’adoption, Joan, de la charité des autres. Le temps passe, Joan devient un franciscain puis un inquisiteur tandis qu’Arno se marie une première fois, mais trompe sa femme avec son amour d’enfance. Bourrelée de remords lors du décès de l’épouse dévouée (la peste) il se jure de ne plus être infidèle. (La maîtresse entre-temps est devenue prostituée, moyen commode apparemment pour l’auteur de se débarrasser des personnages féminins encombrants puisqu’il l’avait déjà fait avec la mère du héros). Comme il a sauvé deux enfants juifs lors d’une émeute, le père des petits le récompense en faisant de lui un usurier et en le rendant prodigieusement riche. Arno adopte du coup une petite fille de six ans, Mar, et coule des jours heureux. Accessoirement, il tombe amoureux de sa pupille sans s’en rendre compte. Las ! Trop fort, il sauve Barcelone d’une attaque et le roi le récompense en lui donnant une baronne infecte à épouser. La baronne aigrie et jalouse marie Mar en la faisant violer au préalable et livre son mari à l’Inquisition. Heureusement, comme Arno est très gentil et très fort il est délivré par le peuple de Barcelone et à la fin il épouse Mar et a un fils avec elle (ouais les conjoints respectifs sont morts entre-temps faut pas charrier non plus)

Bref. Je m’attendais à quelque chose d’assez violent, haut en couleurs, misant pour cela sur la nationalité espagnole de l’auteur et les échos positifs entendus. Et en fait, je me suis rarement autant ennuyée devant un roman historique. La seule passion qui se dégage, c’est lorsque le narrateur parle de la fameuse cathédrale de Santa Maria. Le reste est d’une fadeur sans nom : les morceaux historiques plaqués ça et là, les personnages, même la peste ou l’Inquisition, qui devraient pourtant être un des points forts du récit, prend un ton de colonie de vacances. Et ce héros ! Jamais vu un personnage manquer autant de relief. Arno est parfait : il n’a aucun défaut, il aime tout le monde, juifs, esclaves, il prend la défense de la veuve et de l’orphelin et tout le monde l’aime. Je ne suis pas en train de dire qu’il faut détester esclaves, juifs, etc. seulement que dans le contexte ça n’a pas tellement de sens. C’est comme si j’écrivais un roman sur un camp de concentration et que je créais un personnage de gardien qui amènerait des bonbons aux prisonniers. Non mais franchement faut être réaliste. Le roman, qui plus est, est d’un manichéisme des plus primaires. A ma droite, les gentils : Arno, Mar, les prostituées au grand cœur, les amis d’Arno ; à ma gauche les méchants : l’Inquisition, les nobles. Bien entendu il n’y a aucune chance pour un glissement dans l’une ou l’autre des catégories. Le seul personnage qui du coup est intéressant dans le récit est celui de Joan, le frère Inquisiteur, luttant avec l’amour de son frère et son fanatisme primaire. Bien entendu, il meurt à la fin. Morale de l’histoire : tu as péché, aucune chance de rachat pour toi.


Vous l’avez compris : La cathédrale de la mer ne présente pour moi aucun intérêt. Comparé aux romans de Ken Follet (dont je ne suis pourtant pas fan) il lui manque la dureté et la cruauté de ces derniers. Qui plus est, le roman manque son but principal qui est de nous faire découvrir la grande Histoire à travers la petite car c’est fait de façon tellement didactique que ça ennuie plus qu’autre chose. Mais ce qui m’ennuie le plus dans tout ça c’est que je l’ai offert pour la fête des mères….

Par beux - Publié dans : Roman
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 21:39

L’ÂNE D’OR

Apulée

 

 

C’est difficile à expliquer, mais autant j’ai éprouvé des difficultés de compréhension et, il ne faut pas le cacher, de temps en temps un certain ennui devant mes romans chinois plein de sabres et de dépeçage de femmes adultères (oui je sais je vais avoir du mal à m’en remettre) autant j’ai éprouvé un grand plaisir à redécouvrir une littérature que je n’avais plus approché depuis la fac et les cours de latin : la littérature latine justement ! Plus proche culturellement peut-être, je n’ai eu ainsi aucun mal à entrer dans l’histoire d’Apulée L’âne d’or.

Alors, avant tout je vais faire profiter tout le monde d’une récente découverte (merci la préface !) en précisant que « or » ne signifie pas que la bête de somme est recouverte de pierres précieuses, ni que, à l’instar de l’âne de Peau-d’Ane il se soulage en monnaies sonnantes et trébuchantes. Non, seulement que l’adjectif est ici employé pour nous faire comprendre que le récit qu’Apulée va nous narrer est d’une grande qualité, c’est parole « d’or ». Voilà c’était la minute culturelle.

Le récit se déroule du temps de Marc-Aurèle, époque romaine. Lucius jeune aristocrate plus ou moins désoeuvré est accueilli chez des hôtes un peu particuliers. L’épouse notamment se livre à la sorcellerie et à l’art de la métamorphose. Lucius, d’une curiosité mal placée, décide de s’attirer les bonnes grâces de la petite servante de la maisonnée. Une fois celle-ci dans son lit (et plutôt deux fois qu’une), il la supplie de l’initier au talent de sa maîtresse et de le transformer à son tour en oiseau majestueux. L’esclave y consent volontiers (que ne ferait-on pas pour un homme) mais, à la suite d’une erreur de manipulation, voilà notre brave Lucius transformé en âne !! Un seul remède pourrait le sauver, l’ingestion de roses, mais c’est pile au moment où des brigands envahissent la maisonnée et embarquent les biens de la famille, bêtes y compris….

A partir de là, l’histoire prend un ton rocambolesque puisque Lucius se retrouve embarqué dans une série d’aventures qui le mènera de maîtres en maîtres et qu’il manque perdre la vie à plusieurs reprises.  Très drôle parce que décalé, l’auteur nous embarque dans une visite de l’univers des esclaves et des bêtes de somme. Les maîtres n’ont guère d’intérêt dans le roman ; distants, ils ne participent guère au fond à l’histoire, étant vus comme ceux du dessus, ceux à qui ils arrivent des aventures merveilleuses et tragiques que Lucius s’empresse de relater certes. Mais les vrais héros, ceux qui participent activement au récit, ce sont les esclaves, les bergers ou les paysans, ceux que l’âne va côtoyer au quotidien et qui contribuent à la série de mésaventures (bagarres, attaques de brigands, adultères…). Paradoxalement leurs vies à eux semblent ne guère avoir d’intérêt. Frustres, ils meurent ou fuient assez vite et nous ne savons pas grand-chose d’eux, tout comme en y réfléchissant, nous ne savons pas grand-chose de l’âne qui autrefois s’appelait Lucius.

Au final qu’est-ce que ça donne ? Un roman assez hétérogène où le tragique alterne avec le comique, et le mythe (c’est notamment dans L’âne d’or que Apulée fait le récit du mythe de Psyché) avec la farce quotidienne. Quelques passages sont assez licencieux, notamment cette scène où Lucius sous sa forme animale s’accouple avec une jeune femme de bonne naissance. Je vous épargne les détails mais, je vous rassure, Apulée n’a pas mes scrupules ! Ecrit avec légèreté, c’est un récit simple qui fait sourire même si la fin apparaît plutôt en décalage avec le reste du roman (je ne vais pas tout raconter, mais disons qu’on change quasiment de registre) Et pour les latinistes, il y aura toujours cette petite tendance à essayer de retrouver la structure de la phrase originale dans la traduction… Ah là y a que moi ? Bon ok je sors….

Par beux - Publié dans : Classiques
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>






































































Cedric.jpg







Canthilde.jpg







Idrac.jpg







RDP.jpg



 

 

 

 

 


  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés