Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 18:58


La fenêtre jaune

Serge Brussolo

 


Allez un peu de légèreté et passons à des lectures plus estivales. Ainsi parlons un peu d’un auteur que j’apprécie assez : son nom est Serge Brussolo ! Brussolo est un auteur spécialisé en fantastique et en jeunesse. Je n’avais lu de lui jusqu’à présent que la série pour enfants des Peggie Sue et même si au bout du cinquième tome j’ai décroché, j’avais apprécié l’ambiance glauque qu’il savait rendre dans son œuvre. Brussolo a un mérite : quand il a une idée, il va jusqu’au bout de cette idée et il en explore toutes les facettes.
Le roman dont je vais vous parler est un écrit pour les adultes cette fois, un récit fantastique qu’à dire vrai j’ai récupéré dans les poches gratuits de mes collègues. Cassie, à la recherche de son frère et de son fiancé qui ont mystérieusement disparu, se rend au milieu du désert californien pour comprendre les raisons de cette double disparition. Là, elle découvre un mystérieux phénomène : des automobiles vidées de leurs occupants et une fenêtre jaune qui, parfois, tard dans la nuit, apparaît, comme l’unique compartiment d’un train qui s’allumerait subitement. Extraterrestres, mânes des ancêtres indiens, dimension parallèle ? Cassie, aidée de son ancien amant et professeur, va tâcher de le découvrir…
Bon je ne peux pas trop en dire plus car le propre de ce genre d’ouvrages réside aussi dans le suspens. Disons que j’ai été agréablement surprise. Ça ressemble à du Stephen King, celui de ses premiers romans, et si le style n’est pas formidable, du moins il ne fait pas grimacer. C’est une lecture plaisante. Comme je le soulignais, Brussolo ne cède jamais à la tentation de la facilité. Il a choisi un thème, il va jusqu’au bout ; pas de deus ex machina pour simplifier une fin bancale, pas de questions laissées au hasard… Ce que j’apprécie aussi et qui se fait de plus en plus rare de nos jours, c’est l’absence de bons sentiments et de grandiloquence propre à la littérature fantastique. Les personnages ne sont ni bons ni forcément mauvais : le frère est un raté, le fiancé est sur le point de rompre quand il disparaît, l’ex amant est un vieux beau sur le retour qui fricote avec ses jolies étudiantes… Cassie elle-même est une héroïne tout ce qu’il y a de plus ordinaire : un gentil auteur de récits pour enfants certes, mais avec ses doutes et ses peurs. Rien de ce qu’elle fait dans le roman n’est forcément très courageux ou inaccessible du coup l’histoire est crédible.

Côté ambiance, mon jugement est plus en demi-teinte. Ça part très fort avec un décor sinistre, une maison délabrée au plein milieu du désert, coupée de toute civilisation, puis la tension retombe dès que les premières explications commencent à apparaître, que le décor perd de son mystère et que Cassie court chercher de l’aide (en même temps c’est logique. Personnellement si j’étais toute seule paumée au fin fond de nul part j’irais tout comme l’héroïne chercher du secours) Après un passage un peu ennuyeux, plus « explicatif », le rythme reprend et le suspens va crescendo jusqu’au bout de l’histoire (à noter que Brussolo très intelligemment nous évite un épilogue interminable et une scène d’amour sur lesquels d’autres auteurs auraient sauté à pieds joints)

Conclusion : une lecture facile, tout comme le style de cet article (je suis en vacances moi aussi !) un roman qui se lit d’une traite et qui plaira à tous les amateurs de fantastique dont je fais partie

 

Partager cet article

Repost 0
Published by beux - dans Fantastique
commenter cet article

commentaires

Dr Orlof 04/08/2008 13:23

"Suspense", pas "suspens"! Tu vois que je lis tes notes!
C'est amusant, parce que le Brussolo que j'ai lu ("l'enfer, c'est à quel étage") avait un peu les mêmes caractéristiques que ce que tu décris : un début intriguant mais qui se dégonfle un peu lorsque les explications arrivent...

beux 04/08/2008 13:33


Oh ça va j'ai toujours du mal avec ce mot "suspense" et si j'ai fait que cette faute d'orthographe dans l'article, c'est déjà bien! Boulet m'avait fait il me semble une remarque à peu près du même
style que la tienne sur Brussolo: ceci dit, je pense que c'est plutôt difficile de maintenir une tension dans un roman fantastique. Cite moi un roman qui t'ait "fait peur" et tenu en haleine de
bout en bout?? Reste que c'est un peu dommage car le début de La fenêtre jaune était vraiment très prenant.