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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 14:36
La chambre des morts
Franck Thilliez


Toujours dans notre série : « Lecture de vacances », passons maintenant au roman policier. Bon Franck Thilliez est connu. Si je me souviens bien, le livre dont je vais vous parler a été adapté il y a peu de temps au cinéma. J’avais déjà lu de lui la forêt des ombres et j’avais beaucoup aimé. J’étais curieuse de découvrir La chambre des morts mais cette lecture m’a rendue profondément perplexe…
Vigo et Sylvain sont deux paisibles français, l’un célibataire, l’autre marié et père d’une petite fille, vivant près de Dunkerque. Tous deux au chômage grâce à la magie de ce qu’on appelle les licenciements économiques. Un soir, après avoir commis un acte de vandalisme sur les murs de leur ancienne entreprise, ils percutent accidentellement un homme sur la route et le tue. Prévenir la police alors qu’ils roulaient trop vite et qu’ils viennent de taguer des murs ? Peut-être l’auraient-ils fait si à côté du cadavre, il n’y avait pas un sac avec à l’intérieur deux millions d’euros… Voilà donc nos deux paisibles français qui se transforment en apprentis meurtriers et font disparaître le corps en prenant l’argent. L’ennui c’est que cet argent devait servir à payer la rançon d’une fillette enlevée par un tueur en série qui découvre de ce fait que tuer est beaucoup plus drôle que de devenir riche… Ainsi commence une série de disparitions qui permettent à Lucie Hennebelle, jeune policière maman de jumelles, de faire ses premiers pas dans la tête des tueurs…
Avant tout je lance un appel : quelqu’un sait-il si La chambre des morts fait partie d’une série avec des personnages récurrents ? Je n’ai pas souvenir dans La forêt des ombres d’avoir croisé les policiers qui interviennent dans le récit, mais je pose la question car les personnages sont présentés de façon succincte, comme si l’auteur avait déjà fait ces présentations par le passé et qu’il n’éprouvait pas le besoin de revenir là-dessus. Ainsi on ne sait pas qui est le fameux Paul avec qui Lucie a eu ses enfants, pourquoi il est parti, ce que cache cette même Lucie dans son armoire aux portes vitrées pas plus que sa passion morbide pour les tueurs en série. De même on ne comprend pas l’intérêt de certains personnages comme la femme d’un taxidermiste, qu’on aperçoit de façon énigmatique au cours du roman et qui n’intervient plus par la suite. Alors ? De manière générale, ce que j’ai déploré le plus dans ce roman, c’est cet aspect « fouillis », comme si l’auteur s’était efforcé d’absorber tous les canons du récit policier et de tous les réunir dans un seul ouvrage. Ainsi nous avons l’aspect médecine légale, le côté serial killer, le suspense, l’humour à l’anglaise… Bref, un mélange qui peut paraître indigeste. Par exemple à un moment donné de l’histoire, en plein milieu du récit, Vigo, le chauffard voleur des deux millions explique tout tranquillement à son collègue comment faire couler un cadavre dans un marécage en lui perçant l’épiglotte. Suit un petit cours d’anatomie totalement en décalage avec l’action (les deux hommes viennent tout de même de tuer un homme et ne sont pas coutumiers du fait) De même, Lucie, empêtrée dans l’enquête se lance plus d’une fois sur de grands discours ou de grandes réflexions sur des sujets comme la taxidermie, les tueurs en série ou la dissection (bon appétit !) coupant net une action qui était bien partie. A côté de ça nous avons une intrigue un peu bâclée, le portrait du tueur en série est tout juste esquissé, la fin plutôt décevante avec des ficelles trop grosses pour remporter l’adhésion du lecteur.
Ceci dit le positif (car il y en a) est nombreux ! Certes Thilliez peine à trouver sa « patte » (était-ce son premier roman ?) mais au-delà de quelques maladresses, il sait déjà planter des décors sinistres et maintenir une ambiance glauque à sa narration du début à la fin. Ici, contrairement à du Mary Higgins Clark, les gentils enfants ne seront pas épargnés et le monde ne se divise pas en bons et méchants. Personnellement j’ai presque trouvé plus inquiétant les deux chauffards à priori « normaux » qui, suite à un accident se retrouvent impliqués dans plusieurs meurtres, que le tueur en série, plus conventionnel. Et que dire de la « gentille » policière Lucie, jeune mère, qui éprouve une fascination morbide pour les meurtriers et confessent avoir toujours été attiré par les psychopathes ? Là est le point fort de l’auteur à mon avis. Montrer qu’entre la raison et la folie, entre l’altruisme et le meurtre, il n’y a qu’un pas que nous pouvons tous un jour franchir si nous ne prenons pas garde….

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Published by beux - dans Polar
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commentaires

Orchéon 16/01/2012 14:18

Voilà, fini, bon, et bien, comme vous dites, on dirait qu'il à du mal à trouver ses marques dans ce roman. Je trouve qu'il s'explique un peu trop ou l'on en aurait pas besoin, et ne s'explique pas
assez là ou on aimerait savoir.

beux 17/01/2012 14:08



J'essaie de me souvenir de ce roman: curieusement Franck Thilliez est très apprécié mais j'avoue que ses romans ne m'ont pas laissés de souvenirs impérissables, celui-ci en particulier. Je lui
préfère largement Lemaître, auteur que, si vous ne connaissez pas encore, je vous invite à découvrir! Mais "la chambre des morts" et "le syndrôme E" m'ont laissé dubitative...



Orchéon 13/01/2012 13:43

je viens de le commencé, mais l'ambiance sombre qui s'en dégage pour le moment, me captive, avec un tueur qui se découvre et deux meurtriers qui sont surtout des nouveaux escrocs. XD, à voir la
suite!!!

pierrot 19/08/2008 02:00

PREUM'S

beux 19/08/2008 10:51


C'est bien tu as seulement douze jours de retard... Et quand je pense que tu m'as hurlée dessus parce que j'avais mis deux secondes de trop à laisser un commentaire chez toi.