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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 20:02

Encore une danse

Katherine Pancol

 

 

La musique commence. Chef d’orchestre : Katherine Pancol, l’auteur du best-seller Les yeux jaunes du crocodile. Ça commence comme une ronde ; les personnages se mettent en place et tour à tour sortent du cercle pour interpréter leurs pas. Nous avons l’insupportable Clara, célibataire de 36 ans, impétueuse, amoureuse du beau Rapha, l’artiste rêveur au regard perdu. Ensuite vient Agnès, la mère de famille petite souris, engoncée dans une vie confortable mais un peu étroite pour ses espérances. Puis c’est le tour de Joséphine, la bourgeoise provinciale délurée qui trompe son mari médecin, amoureuse de Philippe le frère de Clara mais chut ! ça personne ne le sait et surtout pas Clara qui ne le supporterait pas (on vous avait prévenus qu’elle était tête à claques celle-là) Enfin, l’élégante et froide Lucille clôt la série. Trois femmes et deux hommes donc si vous suivez bien.

Bon c’est assez ennuyeux pour quiconque n’aime pas tenir la mains des autres et chanter en chœur. La musique est à un moment donné un tantinet grinçante et c’est sans doute le passage le plus réussi de l’histoire. Figurez-vous que Rapha, amoureux de Clara et vice-versa, découvre qu’il a peut-être contracté le sida (attention c’est de la danse moderne tout de même. Vous inquiétez pas on parle aussi de chômage de sexe, de drogue et de pédophilie dans ce roman. Tant qu’à faire...) Drame et sueurs froides. Il se résigne à avouer la vérité à Clara qui à son tour se confie à ses copines. Re-drame car toutes ses copines, à l’exception de Joséphine, ont couché à un moment donné avec Rapha (Joséphine elle a couché avec Philippe, vous ne suivez donc pas ?) Du coup c’est une occasion pour l’auteur de lever les masques et d’éreinter gaiement ses personnages. Qu’est-ce que ça fait du bien de se moquer de ces femmes modernes qui ne se sont pas privés d’éreinter leurs amants/maris, l’homme jaloux, l’époux stupide, l’amant infidèle, le mari froid ! Ôtez le fard et nous voici avec une Clara égocentrique qui ne conçoit pas que le monde puisse tourner autrement qu’autour d’elle, une Joséphine nymphomane, une Agnès pitoyable, une Lucille prétentieuse et hautaine… On espère avec délectation un inévitable clash. Hélas ! Les violons se déclenchent et c’est l’inévitable slow langoureux. Cette fois les couples se forment. Clara et Rapha, Philippe et Joséphine… Agnès retourne, résignée, avec plus ou moins d’entrain vers son mari lourdaud tandis que Lucille reste sur place. La guimauve n’est pas loin.

Non sincèrement je ne peux pas. D’une part, je n’adhère absolument pas au schéma du couple « nous sommes liés pour la vie et nous nous regarderons dans le blanc des yeux pour le reste de notre existence tout en visitant le monde (pas facile mais Clara et Rapha savent faire ça) et en mangeant des produits sains (car, rassurez-vous, pour le prix modique d’un livre de poche, Katherine Pancol vous gratifie en plus d’un cours sur l’hygiène et sur les méfaits du Mac Do) » Bref, ce type d’amour sirupeux et soi-disant transcendant m’ennuie profondément. D’autre part, je trouve que loin de tirer parti du triangle amoureux Clara/Rapha/Lucille, l’auteur le simplifie à l’extrême pour le résoudre d’une manière que je déteste : en fait Lucille n’est pas amoureuse de Rapha comprenez-vous, enfin pas vraiment, parce qu’elle n’a jamais été aimée, ne peut donc pas comprendre ce qu’est l’amour et, de toute façon, est froide et mauvaise donc, mérite de rester seule.  Ce qui m’amène au dernier point, celui de la philosophie de Katherine Pancol qui n’est pas pour me plaire, l’idée sous-jacente d’une destinée. A ce titre le personnage d’Agnès est exemplaire ; voilà une femme qui tente de sortir d’une vie médiocre, qui aspire à un peu d’aventure et qui comprend toute seule que l’aventure n’est pas pour elle qu’elle est faire pour une vie simple et sans histoires avec un mari qu’elle aime ??? Bref, à chacun son rôle, à Clara ou Joséphine les passions sublimes, retourne dans tes pénates misérable femelle et fais le ménage. Et Lucille… C’est sans conteste le personnage le plus caricaturé de l’histoire, celle qui, de par sa prétention et son narcissisme, est condamnée à être privée d’amour. Fin de la leçon. Les cavaliers ont été choisis avant la danse, on va pas tout recommencer non plus.

Voilà. Libre à vous de danser en versant une petite larme sur une mélodie pas toujours déplaisante et de minauder sur des paroles faciles pour quadragénaires nostalgiques. Quant à moi, je me risquerais peut-être un jour à lire un autre ouvrage de Pancol mais pour l’instant… « Encore une danse ? » « Non merci, j’ai mal aux pieds. »

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

Un Ange Passe... 04/09/2008 18:42

Ah, j'espere egalement que ce livre ne vous decevra pas...j'ai connu Deaver avec ce premier roman..puis j'ai enchainé avec 18h pour mourir, et depuis, je ne decroche plus car j'aime le style, maintenant, si vous n'aimez pas, je vais me sentir coupable de vous avoir envoyé vers lui !
Bonne lecture :)

Un Ange Passe... 27/08/2008 19:51

Rassurez vous , lorsqu'une étude aussi bien faite, le texte aussi bien ecrit avec une belle formulation, assez drôle, eh bien, dans ces cas là, on pardonne les petites fautes..!
Pour moi, vous êtes pardonnée.

(PS : je viens de terminer la horde du contrevent, vous aviez raison, merci de m'avoir fait decouvrir ce livre !)

beux 02/09/2008 20:08


Je suis contente que la horde du contrevent vous plaise, j'avais une petite angoisse; après tout on ne sait jamais! Merci beaucoup pour les encouragements et l'indulgence pour les fautes... Quant à
moi j'ai entamé Le désosseur de Deaver aujourd'hui et, pour l'instant, ça part bien!


Laetitia 27/08/2008 10:48

Vla le chantage! ^^

Laetitia 26/08/2008 10:15

Tain c'est les feux de l'amour ton livre!

Comment as tu pu lire çà jusqu'à la fin? Je te tire mon chapeau !

beux 26/08/2008 22:46


Vincent: Oui je suppose que je peux corriger, mais j'ai peur de tout effacter! Donc je joue à la niaise et je préfère faire comme si de rien n'était en espérant que les fautes deviennent à la
mode...

Laetitia: Une seule réponse; je suis trop claquée en ce moment le soir pour lire autre chose que de la guimauve! Deuxième semaine de déménagement, c'est toujours pas fini et j'ai plus de dos! Un
conseil d'amie: ramène des canelés pour te faire pardonner d'être pas là car nous haïssons tous les vacanciers de ces dernières semaines...


Dr Orlof 26/08/2008 09:22

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