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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 23:18

Dexter revient !

Jeff Lindsay

 

 

Je connais désormais mon héros parfait de roman policier : ce n’est pas le brillant inspecteur au service de la loi, ce n’est pas la brute épaisse au grand cœur qui jure mais qui enlace gauchement sa promise, ce n’est même pas le loufoque commissaire Adamsberg, héros de la plupart des récits de Fred Vargas (et pourtant qu’est-ce qu’il est bien !) Non, mon héros, je le confesse humblement, est un psychopathe qui se nomme… Dexter.

 

J’ai découvert le personnage de Dexter par le biais de la série du même nom et, séduite par cette dernière, je me suis penchée sur les livres qui ont généré l’adaptation. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, voici un petit résumé ; Dexter est en apparence un gentil garçon, bien sous tous rapports. Expert judiciaire spécialisé dans le sang, il ramène chaque matin des beignets à ses petits camarades et courtise la gentille Rita, ex femme battue mère de deux chérubins. Ce que tout le monde ignore, c’est que Dexter est un psychopathe, froid et insensible. Incapable de ressentir des émotions (l’amour, la pitié, etc. lui sont des notions étrangères) il passe son temps à feindre et n’éprouve qu’une seule pulsion : le besoin de tuer. Mais, élevé par son père adoptif Harry, policier, Dexter a été éduqué afin de tuer uniquement « ceux qui le méritent ». Ainsi, il passe son temps à traquer des meurtriers comme lui qu’il découpe soigneusement en tranches, assouvissant de la sorte ses besoins coupables en toute bonne conscience. Un ange de la mort un peu particulier si vous préférez…

Dans ce roman (qui est le second de la saga) Dexter se voit réfréné dans ses élans : à la suite de la mort d’une de ses collègues (bon elle il avait été forcé de l’assassiner car elle avait découvert qui il était) il tombe sous la surveillance de l’agent Doakes, le seul de l’équipe qui semble ne pas avoir succombé à son charme et qui est bien déterminé à le démasquer. Hélas pour notre pauvre Dexter condamné à traîner sur le canapé de Rita en sirotant des bières au lieu de se livrer à ses petites activités nocturnes ! Le destin cependant vient à sa rescousse ; un mystérieux individu enlève des personnes qu’il découpe méticuleusement, poussant la perversion jusqu’à les laisser en vie du début à la fin. Peut-on parler de tueur en série quand la victime est encore vivante mais qu’il n’en reste plus que le tronc et la tête ? (mais pas la langue, ni les dents, ni les lèvres. Faut pas pousser non plus ! Ah pas non plus les oreilles) Très vite, par le biais de sa sœur Deborah, elle-même policier, Dexter se retrouve mêlé à l’affaire, une affaire qui, qui sait, pourrait peut-être lui permettre de se débarrasser de l’agent Doakes sans se salir les mains…

Autant vous prévenir : c’est très cynique. Si dans la série Dexter semble être parfois humain, il n’y a rien de cette humanité dans le roman. Ecrit à la première personne, le récit est cependant plein d’humour et de verve, jouant sur le décalage entre les actions du personnage et ses sentiments réels. Dexter est un monstre, il l’admet volontiers, mais un monstre courtois qui est très gêné d’enfreindre les lois de la vie quotidienne et qui a une sainte horreur du sang. Ses efforts pour paraître « normal » donnent lieu à de grands moments de comédie, notamment ce passage où, incapable d’avouer une méprise à Rita, il se retrouve fiancé à cette dernière sur l’heure. L’intrigue a l’avantage d’être originale (vous en connaissez beaucoup vous de romans avec des victimes encore vivantes ?) et le style est vivant, ironique et volontiers corrosif. On pourrait croire que la philosophie de Dexter « Je tue ceux qui le méritent » donnerait lieu à de pompeux discours sur le prix de la vie et à une revendication plus ou moins douteuse de la peine de la mort (en gros : le héros n’est pas vraiment méchant puisqu’il tue les méchants) mais il n’en est rien. Pour l’auteur, il ne fait aucun doute que Dexter est un monstre, ni pire ni meilleur que ceux qu’ils tuent. Dexter d’ailleurs ne justifie absolument pas ses actes : il se contente, comme Harry le lui a appris, à leur trouver un exutoire plus ou moins satisfaisant…

Dénué de bons sentiments larmoyants, captivant tout en étant très drôle, j’invite donc tout le monde à découvrir Dexter, tant en série qu’en roman d’ailleurs, ne serait-ce que pour satisfaire le petit monsieur Hyde que nous avons tous en chacun de nous…. Ames sensibles s’abstenir !

 

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Published by beux - dans Polar
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commentaires

Alex 11/10/2008 14:59

Une apologie de la torture, génial... Avec un "héros" glauque, que tout le monde adore parce que "ça change". Arf.

beux 12/10/2008 12:53


Non je rectifie: c'est pas une apologie de la torture. Les scènes de violence sont extrêmement rares et plutôt sobres, beaucoup plus que dans certains policiers mettant en scène de "gentils" héros
(où l'auteur nous décrit des situations atroces et feint ensuite de prendre un ton horrifié). En fait je trouve "Dexter" beaucoup moins malsain que les autres romans de sa catégorie parce qu'il
assume clairement la part de violence qu'il y a en chacun de nous, SANS POUR AUTANT L'EXCUSER. Dire de ce roman de ce fait que c'est une apologie de la torture est aussi stupide que de prétendre
que les jeux vidéos ou les films d'horreur sont responsables de violences. ça s'appelle tout simplement l'effet cathartique et ça permet de se "défouler" mentalement sans faire de mal de personne,
en aucun cas ça n'encourage au meurtre ou autres bêtises.


liliplum 10/10/2008 10:13

J'ai lu le premier, et j'étais un peu déçu car il m'a semblé trop court...je suis restée un peu sur ma faim! En général, il y a beaucoup plus de détails dans le roman que dans la version écran, et là, j'ai trouvé que c'était l'inverse. Mais peut-être le deuxième est plus enrichissant, même si l'on connaît la saison 2 ?
En tous cas, je suis fan du générique, je le trouve parfait! :)

beux 10/10/2008 18:09


OUi je confirme, le deuxième tome est infiniment mieux que le premier. D'une part je le trouve plus drôle et ensuite comme l'histoire diffère radicalement de la saison deux tandis que le premier
volume collait plus ou moins à la saison un de la série. Et le générique est effectivement inoubliable!


Un Ange Passe... 02/10/2008 18:38

j'achete !
Tous les ingrédients d'un bon bouquin semblent réunis, et approuvés par vos soins, donc, je pense que je vais aimer cette serie d'ouvrage. Le theme est allechant et a priori, d'après votre écrit, à un bon petit goût de reviens-y..! C'est le style de livre que j'aime devorer à pleine page. Melange subtil d'horreur dans les scenes et d'humour dans les dialogues (arretez moi si je me trompe) ça donne forcement envie de s'y mettre.
je ne connaissais pas la serie, et sans vous je pense que je n'aurais pas connu la version papier non plus. Donc je rejoins le commentaire precedent : merci !
(enfin; merci, merci, c'est vite dit..je vais exploser mon budget livre si je continue a lire votre blog !! :)

beux 02/10/2008 19:44


J'espère effectivement que ça va vous plaire... quelle pression sinon! Ceci dit, vu ce que vous m'avez dit de Deaver, je pense que vous ne pourrez qu'aimer mais je peux toujours me tromper... Bonne
lecture et désolée pour le budget!


Lilly 02/10/2008 17:47

Waaah je ne savais pas que la série (que j'adore) est l'adaptation de livres!!! Un grand merci Beux, dès que j'aurai le temps, j'irai lire ça!

beux 02/10/2008 19:42


Ben de rien! J'espère que les livres te plairont autant que la série... Ceci dit attention, ça varie légèrement, surtout dans le deuxième volume qui n'a absolument rien à voir avec la seconde
saison....


greg 02/10/2008 01:18

Formidable! Moi aussi Dexter est mon personnage de série préféré et j'en suis à la saison 3! Quelle classe ce Michael C Hall, il est tout autant convaincant (mais carrément gay) dans 6 feet under! (Et je n'en reviens toujours pas que Nate meurt si violemment dans la saison 5)

beux 02/10/2008 11:41


Je savais déjà que Nate mourrait dans la saison 5 de six feet under! De toute façon j'aime pas cette série, je préfère Michael C Hall en psychopathe qu'en entrepreneur de pompes funèbres. Mais
l'acteur est bien je le reconnais. Et pour une fois miracle! Greg a lu un de mes articles jusqu'au bout...