Xanth
t.1 : Lunes pour Caméléon
Piers Anthony
Editions Milady
Je savais que ça vous manquait terriblement ; nous allons parler aujourd’hui gros monstres, monarchies fantastiques, gentils magiciens, méchants magiciens, filles stupides avec de gros seins et thons très intelligents.
Etape numéro 1 : Bink gentil garçon fort, intelligent mais malheureusement incapable de réaliser le moindre tour de magie, ce qui dans Xanth, son monde, est impensable, se met en quête du bon magicien, Humphrey, le seul à pouvoir lui révéler si oui ou non il possède un don quelconque, et ce afin d’éviter le bannissement en Vulgarie (en gros notre monde) et de pouvoir épouser sa promise, Sabrina. En chemin il rencontre des êtres monstrueux, une multitude de pièges magiques, des bombes sexuelles, des gens peu recommandables… Bref les ingrédients nécessaires à de la fantasy. Pourquoi pas ? Le style est loin d’être génial, voire même très mauvais à certains endroits, mais ne manque pas d’humour, et le ton de l’auteur est léger : « Je sais c’est du réchauffé mais faites comme si vous découvriez ce genre d’univers pour la première fois… » Allons-y. Mais peu à peu l’agacement commence à pointer devant ce périple qui n’en finit pas. Il va finir par y arriver à son magicien oui ou non ?
Etape numéro 2 : Merveille ! 170 pages plus tard, Bink arrive auprès d’Humphrey qui lui révèle qu’il dispose apparemment d’un incroyable pouvoir, mais est incapable de lui en dire la teneur. Un peu décevant. Un héros looser et sans pouvoirs magiques aurait été nettement plus original qu’un de ces innombrables élus qui à la fin de la saga sauvent le monde sans même le vouloir.
Etape numéro 3 : En dix pages, Bink revient chez lui et se fait bannir, incapable de prouver ses pouvoirs. Son histoire d’amour avec Sabrina prend brutalement fin, le jeune homme se rendant compte finalement qu’elle n’est qu’une égoïste et qu’elle ne l’aime pas. A ce stade, je lâche mon dessert et je feuillette rapidement le livre pour être sûre de n’avoir pas loupé quelques pages et de découvrir où Sabrina a fauté et comment l’auteur après nous avoir fait lanterner durant toute la première partie du livre décide soudain qu’il faut accélérer l’intrigue (sauf que là ça s’appelle bâcler) si on veut pas y passer la nuit. Bon faisons comme si de rien n’était.
Etape numéro 4 : Bink se fait exiler en Vulgarie, tombe sur le terrible et maléfique magicien Trent (pas de chance) qui essaie de lui extorquer le moyen de revenir à Xanth. Il est fait prisonnier avec Fanchon, une jeune fille absolument atroce qui refuse de lui révéler ses propres pouvoirs, mais qui se révèle au demeurant brillante et parvient à les faire évader.
Etape numéro 5 : Après une course-poursuite, Fanchon et Bink reviennent à Xanth et sont obligés de faire alliance avec Trent, le magicien qui les a suivsi... De nouveau, dangers sur la route, des châteaux hantés, des maléfices de charme… On s’attendrait presque à voir surgir Harry Potter au détour du chemin… sauf que, soyons honnêtes, Harry Potter date de bien après.
Bon je ne dévoile pas l’étape numéro 6 mais sachez en gros que ça finit bien, avec des mariages, des couronnements et tout et tout… Fin typique de la fantasy mais qui me laisse après la lecture profondément perplexe. Car, voyez-vous, j’ai commis une erreur : centaures, harpies, élus… tout ça m’apparaissait si conventionnel que j’ai relégué injustement le malheureux Piers Anthony, l’auteur, au rang des écrivains en mal d’inspiration qui pompe allégrement sur ses ancêtres. Or, Piers Anthony est né en… 1934 ! Et l’ouvrage dont je fais la critique aujourd’hui date très exactement de 1977. L’ancêtre c’est lui. Ce qui après coup expliquerait bien des petits détails : l’infime part de misogynie de l’ouvrage, l’humour pas toujours léger léger et le manque d’originalité… car, à son époque, nulle doute qu’il était original… Ceci dit cette erreur historique n’excuse pas le style bâclé et un monde qui est loin d’être construit avec la rigueur de celui de Tolkien. Xanth en tous cas me semble avoir bien mal vieilli mais pour rendre justice au malheureux auteur que j’ai maudit durant toute la lecture pour sa fantasy réchauffée, je vais faire un effort et poursuivre la saga… La prochaine étape n’est pas loin !