Les aventures de Simplicius
Simplicissimus
Grimmelshausen
Editions Aubier
L’histoire de Grimmelshausen est, d’après les témoignages, largement autobiographique. L’auteur allemand du 17ème siècle s’est largement inspiré de son expérience de soldat pour relater certains chapitres de son récit, Les aventures de Simplicius Simplicissimus. Mais, au-delà du simple vécu de l’auteur, ce roman est avant tout l’une des œuvres clés du genre picaresque. Hélas oui ! Encore du picaresque…
Le narrateur, encore enfant, est arraché lors de la guerre de trente ans (1618-1648) à ses parents. Il assiste au viol de sa mère et de sa sœur ainsi qu’à la mise à la torture de son père, scènes dont il est le témoin curieux, trop jeune pour en comprendre toute l’horreur. Ballotté ça et là, Simplicius Simplicissimus (nom dont on l’affuble) devient tour à tour compagnon d’un ermite, page et fou, change de maître à de nombreuses reprises et finit par devenir soldat, état dans lequel il excellera. Ce changement de statut va de pair avec l’évolution de son caractère. D’abord un peu simple d’esprit (d’où son nom) ce qui lui attire bon nombre de mauvaises plaisanteries, le narrateur fait preuve de sagesse et d’une grande piété précisément au moment où il joue son rôle. Mais c’est au moment où il endosse la fonction de soldat et devient lui-même acteur de son destin que la véritable personnalité de Simplicius se révèle : avide d’argent et de pouvoir, il tombe dans les travers qu’il a jusque là dénoncés : excès, libertinage, avarice… De victime il devient acteur de cette guerre atroce dont l’auteur dénonce avec légèreté toutes les horreurs : les paysans qui meurent de faim, les soldats pouilleux, les jeux de pouvoirs…
Maintenant, si vous avez déjà lu les notes précédentes, vous devriez être capables de déterminer sans mon aide ce qui permet de définir Les aventures de Simplicius Simplicissimus de roman picaresque. Non ? Bon allez : déjà le récit qui met en scène un héros « en apprentissage ». Mais, loin d’incarner toutes les vertus de l’héroïsme comme dans un roman de chevalerie, ce héros est tout à fait ordinaire, parfois même un peu demeuré et succombe facilement aux vices. Son quotidien qui plus est reste trivial. Ensuite, le ton la narration est très léger, plutôt humoristique, même si cet humour est relativement grinçant. Enfin, l’auteur n’hésite pas à tourner en dérision son personnage, se désolidarisant de la sorte de la narration et lui ôtant toute crédibilité.
Si vous êtes comme moi, vous commencerez peut-être vous aussi à vous lasser du roman picaresque. Ceci dit, il faut reconnaître à Grimmelshausen une narration
efficace dans son découpage (une succession de chapitres courts qui évitent la lassitude) ainsi qu’un fatras de connaissances digérées sur la mythologie et la religion. De plus, l’auteur s’amuse
à faire intervenir dans son récit prédictions astrologiques, prophéties diverses et scènes de sorcellerie qui donne au roman une dimension fantastique assez intéressante. D’un point de vue
historique, Les aventures de Simplicius Simplicissimus sont sans conteste une mine d’or. D’un point de vue littéraire c’est plus inégal, mais à titre de curiosité…
Ps: Le week-end est fini, mon accès à l'ordinateur également. Si tout va bien, je serais de retour d'ici une petite semaine, peut-être moins. A bientôt!
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