Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 22:13

L08.jpgPeregrine Pickle

Tobias Smollett

éditions Routledge

 

 

Lire les 1001 livres... relève parfois du challenge. J'espérais en avoir fini avec les lectures en anglais mais hélas pour moi, les auteurs jugés indispensable par mon fidèle guide ne le sont pas forcément pour les traducteurs. Ainsi, pour Peregrine Pickle, le roman dont je vais vous parler aujourd'hui, il a fallu commander d'occasion le livre en Angleterre (le dernier propriétaire a soigneusement noté au crayon sur la première page son année d'acquisition: 1901) et lire près de 600 pages dans ce charmant anglais du 18e siècle avec la moitié des mots qui ne sont pas dans mon dictionnaire (et pourtant c'est pas un dictionnaire de poche, je m'insurge!) Bref, presque deux mois plus tard, Peregrine Pickle est à terre et moi, triomphante, prête à vous en parler.

Et en fait je vais pas vous en dire grand-chose parce qu'au demeurant je n'ai pas trouvé ça extraordinaire. Tout ça pour ça! L'histoire démarre pourtant plutôt bien: un frère et une soeur, tous deux célibataires sur le retour s'installent à la campagne. La soeur, déterminée à perpétuer le nom de sa famille, trouve une femme pour son vieux garçon de frère qui s'en passerait bien. De cette union naît Peregrine. La tante, ayant accompli son devoir, se met en quête à son tour d'un mari, déçue par sa belle-soeur, plutôt peste il est vrai. Elle jette son dévolu sur un ancien marin, ami de son frère, vieil excentrique mysogine qui avait juré de ne jamais s'encombrer d'une femme mais qui se retrouve presque malgré lui marié à son tour. Le couple, déçu de ne pas avoir d'enfants malgré leurs efforts, finit par adopter Peregrine, rejetté par ses propres parents et surtout par sa mère... Jusque là, tout va bien. Cette première partie est plutôt drôle et les personnages sont campés avec beaucoup de fraîcheur et d'humour. Mais après ça se gâte quand l'action se centre sur le personnage éponyme. Peregrine grandit, se révèle un enfant puis un adolescent malicieux (descriptions de ses farces sur toutes les coutures) tombe amoureux de la jolie Emilia, s'embrouille puis se réconcilie avec elle, part en France pour découvrir le monde, découvre le goût du luxe et du libertinage, noue quelques relations amoureuses, revient en Angleterre pour essayer de faire d'Emilia sa maîtresse, trop imbu de lui-même pour l'épouser, se fait rudement rembarrer, mène une vie dissipée en dépensant de l'argent qu'il n'a pas et en tentant de se faire un nom dans la politique, se fait jeter en prison puis finalement, par un heureux concours de circonstances, parvient à payer ses dettes et, repentant, épouse Emilia pour mener une vie tranquille avec elle, retiré à la campagne...

Alors oui, le ton est alerte, oui la critique est mordante: critique de la société anglaise au 18e siècle avec le règne du paraître et de l'argent, critique d'une société ou les tricheurs et les voleurs évoluent en toute sérénité dans les cercles de la noblesse. Le libertinage apparaît comme du dernier chic et les pédants se ridiculisent en évoquant à tour de bras les sages qu'ils n'ont jamais lu. Peregrine lui-même n'est ni idiot ni pédant. C'est un personnage cependant très faible, sorte de anti-héros qui, promis à un grand avenir, le détruit lui-même par son orgueil et sa suffisance, persuadé de valoir tellement mieux! En soi, il n'est pas inintéressant pas plus que la satire de Smollet, parfois burlesque, parfois plus méchante. Mais c'est tellement long!!!!!!!!!!!!!! L'auteur ne se contente pas d'énoncer des faits, il en rajoute, décrit en détail toutes les machinations politiques de Peregrine, ses multiples tours (ses farces d'étudiant ou comment il aida l'un de ses amis à monter un faux cabinet de voyance), nous fait le récit complet de la vie d'une "dame de qualité", une amie de Peregrine...  En français je pense que j'aurais déjà eu envie d'abréger alors en anglais! J'aurais peut-être été plus indulgente avec ce livre ceci dit si je n'avais pas lu avant Histoire de Tom Jones. Mais après comparaison, il est clair que si Fielding continue à être traduit et pas Smollett, et bien c'est peut-être qu'il y a une raison...

Partager cet article

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article

commentaires

canthilde 20/11/2010 18:14


Ce roman me semble complètement pompé sur Tom Jones ! Je suis contente de lire ta note parce que j'avais envie de lire Smollett dans un avenir proche mais là, je vais avoir d'autres priorités !