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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 18:37
L01.jpgCoeur cousu
Carole Martinez
éditions Gallimard



Soledad, dernière née d'une famille nombreuse, relate l'histoire de sa mère Frasquita. Fille unique, cette dernière, née dans un village au sud de l'Espagne, est initiée à la sorcellerie par sa propre mère et reçoit une boîte lors de son passage à l'âge adulte. Dans cette boîte, Frasquita trouve fils et aiguillles. A partir de là, son don inné pour la couture tient de la magie puisqu'elle est capable de coudre les plus belles robes du monde mais également de "réparer" hommes et bêtes de façon miraculeuse... Cependant, son pouvoir suscite vite rumeurs et médisances dans le village et sa réputation ne s'arrange pas avec son mariage: son mari se comporte de façon inquiétante, ses enfants naissent tous plus étranges les uns que les autres: une fille muette, une autre née avec des plumes, un garçon aux cheveux rouges (maudit!) une fille qui brille dans la nuit et une autre qui parle avec les morts...
En bref, Carole Martinez nous raconte l'histoire de Frasquita et de sa famille. C'est un roman qui prend le parti du conte avec un style faussement naïf, parfois agaçant il faut le reconnaître. Ce genre de narration me paraît un peu anachronique, mais c'est un choix audacieux de l'auteur qui parvient de ce fait à introduire dans son récit un merveilleux qui paraît totalement naturel: miracles, sorcellerie, fantômes... tout cela se fond de façon harmonieuse et sans paraître ridicule. Carole Martinez se construit un univers bien à elle, un monde où la Mort apparait pour donner son ultime baiser et où les mots ont un véritable pouvoir. Ses personnages, à peine esquissés, sont comme ceux des contes: ils n'ont pas de psychologie, mais sont plutôt des images, des représentations. Anita n'est qu'une voix de conteuse, Clara et Perdirio sont le Jour et la Nuit., Soledad une image de la solitude. Coeur cousu est véritablement un hymne d'amour au conte, mais au conte dans son sens premier: transmission orale des histoires et des légendes. L'écrit n'apparaît que comme pis-aller (d'où le dépouillement volontaire du texte), substitut au langage. C'est assez étonnant pour une romancière d'adopter ce point de vue mais c'est original. Carole Martinez, loin des romans nombrilistes français actuels (vous savez, là où il y a douze "je" par page et les traces d'un narcissisme exacerbé qu'une thérapie plutôt qu'un livre serait plus apte à guérir) nous offre un joli récit, pas parfait certes, un peu longuet parfois, mais qui offre quelques belles émotions et laisse un sentiment doux-amer qui n'est pas des plus désagréables...

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

dasola 29/06/2010 17:50


Rebonjour, j'ai surtout été emballée par la première grande partie. Le roman aurait dû s'arrêter là. Bonne fin d'après-midi.


beux 30/06/2010 10:56



Oui, c'est possible. La fin était un peu décousu si j'ose dire