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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 10:31

L05.jpgLa montagne de minuit

Jean-Marie Blas de Roblès

éditions Zulma

 

ça commence un peu comme L'élégance du hérisson: un gardien dans un lycée catholique, taciturne, solitaire et, de l'avis de tous forcément misanthrope et idiot. De l'avis de tous sauf de sa nouvelle voisine Rose, jeune mère célibataire, et de son petit Paul; ces deux-là ne tardent pas à découvrir que, sous ses dehors rustiques, le vieil homme cache une profonde sensibilité et une connaissance considérable sur le lamaïsme. Rose et Bastien (le gardien) se lient d'amitié et, pour faire plaisir à ce dernier, Rose décide de lui offrir le voyage de ses rêves: ensemble, ils s'envolent pour le Tibet. Exit L'élégance du hérisson (et tant mieux pour ma part car j'avais trouvé ce livre prodigieusement niais), place au voyage et à la découverte dant un pays envahi, l'occasion également pour les héros de s'épancher sur leurs passés respectifs...

Mouais. Question peut-être de thématique tout d'abord car, j'avoue que moi, les méditations sur des collines, le Dalaï-Lama ou les mandalas, c'est pas mais alors pas du tout ma tasse de thé. Ceci dit, je reste plus que dubitative sur l'intrigue également très, trop légère. La montagne de nuit, supposé être un roman d'une profondeur abyssale, est à mon avis une baudruche gonflée au vent; le style est sympathique mais n'a rien d'extraordinaire. De façon maladroite, l'auteur préfère alterner la narration; tantôt l'histoire est écrite par Paul, devenu adulte, tantôt elle est vue à travers les yeux de sa mère ou de ceux de Bastien. C'est très à la mode mais là ça ne marche pas. Les atermoiements de Rose me semblent superflus par exemple, ou alors ils auraient dû venir vraiment tout à la fin. Parlons-en de la fin justement. Après quelques péripéties et quelques révélations plutôt bien pensées qui auraient pu conclure La montagne de minuit de façon intéressante et me laisser sur un sentiment meilleur, Jean-Marie Blas de Roblès préfère conclure sur un "désaveu" indigeste, prétexte avant tout à un exercice de style pompeux et ennuyeux au possible. Rien de pire pour boucler un récit qui avait le mérite d'être sobre et court. Certains verront dans La montagne de minuit  "une exploration intrépide des savoirs et des illusions", une interrogation sur la manière de s'approprier l'Histoire pour lui faire dire ce qu'elle veut mais moi j'y vois avant tout un de ces romans un peu creux dont se gargarisent les prix littéraires...

 

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Published by beux - dans Roman
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