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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 10:22

L02.jpgDemain j'arrête!

Gilles Legardinier

éditions Fleuve Noir

 

 

Julie est un peu ce qu'on pourrait nommer un gros boulet. Célibataire proche de la trentaine, elle cumule les gaffes, est la plus mauvaise employée de sa banque et sentimentalement en est au point mort depuis qu'elle a plaqué un musicien de seconde zone qui la traînait à tous ses concerts dans des bars glauques. Elle déprime sec jusqu'au jour où un mystérieux voisin vient s'installer dans son immeuble. Son nom: Ricardo Patatras. Un nom qui éveille la curiosité de la jeune femme et qui la rend bien déterminée à connaître ce mystérieux inconnu, quitte à se coincer la main dans sa boîte aux lettres...Mais quand en plus, le voisin se révèle être un charmant jeune homme, célibataire de surcroît, alors Julie se sent prête à tout pour le conquérir... et surtout au pire.

Bon, on m'a reprochée un certain cynisme, aussi je vais tâcher d'être un peu plus gentil avec ce roman qu'avec La liste de mes envies. Car, tout comme ce dernier, Demain j'arrête! est plein de bons sentiments jusqu'à plus soif: ah l'héroïne toute sucrée entourée d'amis fidèles, ah ces réflexions l'air de rien sur le danger de l'informatique, la nécessité de rencontrer des vrais gens, ah les méchants cupides qui se font punir à la fin, la vieille rentière, le jeune loup aux dents longues qui se fait tabasser par le quartier...Ne cherchez pas de nuances dans ce roman, il n'y en a pas. Pour l'héroïne, la narratrice, le monde se divise en deux sortes de gens: ceux qui aiment et ceux qui n'aiment pas. C'est aussi profond qu'une citation sur un gâteau chinois.

Mais (car il y a un mais), j'ai quand même réussi à apprécier ce livre. Bon, peut-être parce que j'étais malade et que mon coeur de silex était quelque peu attendrie par les médicaments. Mais, surtout, parce que l'auteur, à défaut d'être un bon psychologue, est très doué dans le registre de l'humour. De fait, le récit est très drôle, que ce soit grâce à l'héroïne un peu farfelue toujours prompte à imaginer tout et n'importe quoi ou par les situations incongrues et comiques: le dîner romantique qui vire à la catastrophe naturelle, l'héroïne qui se met au jogging pour courir avec Ricardo alors qu'elle n'a jamais fait de sport de sa vie, la meilleure amie qui file le mystérieux voisin affublée d'un bonnet péruvien, ce qui fait naître à Julie la réflexion suivante: "Ce matin-là, j'ai découvert une des sept vérités fondamentales qui commandent l'univers: le bonnet péruvien ne va à personne." Le tout mâtiné par des considérations sur les chats, l'animal que l'héroïne déteste par dessus tout mais qu'elle ne peut s'empêcher de prendre pour modèle tout le long de sa conquête sentimentale.

C'est donc un bilan en demi-teinte, mais plutôt positif pour un livre qui ne restera certes pas dans les meilleurs souvenirs de ma vie mais qui, tout comme Maudit karma, se lit avec facilité et fait passer un agréable moment. Une lecture de vacances pour les malheureux dont c'est aujourd'hui la rentrée....

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Published by beux - dans Roman
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