Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 12:16

L08.jpg Les Dolce t.1

Frédéric Petitjean

éditions Don Quichotte

2011

 

 

Nous sommes à New York en 2011. La dernière famille de magiciens, les Dolce, y vivent de façon anonyme, pourchassés par la Guilde Noire, une société qui a juré leur perte. Il y a les parents, le père placide et la mère impulsive, le grand-père gâteux qui du fait de son âge canonique (les magiciens vivent bien plus longtemps que les humains) se croit parfois encore à l'époque impériale, le fils musicien qui aimerait s'émanciper, et la petite peste de fille qui, à la veille de son intronisation magique, souhaiterait uniquement faire usage de ses pouvoirs pour se faire gonfler la poitrine... Un éclat du grand-père, un oubli du petit-fils, une crise de la petite-fille et voilà les Dolce repérés par leurs ennemis et contraints de fuir... Mais où?

ça démarrait tellement bien... La famille Dolce il faut le reconnaître est très réussi et dès les premières pages on prend beaucoup de plaisir à suivre les aventures de ces magiciens pas comme les autres: un vieux qui, loin d'incarner la sagesse toute-puissante, perd les pédales, une adolescente tête à claques tendance gothique qui ne rêve que de poitrine refaite et de coucher avec le meilleur ami de son frère, une magicienne caractérielle qui s'essaie avec maladresse à l'amitié avec une humaine. Il ne faut pas non plus oublier la souris immortelle qui loge dans la barbe du grand-père ou encore le chat en peluche qui s'anime quand sa propriétaire est à ses côtés. On saluera également les trouvailles très "visuelles" de l'auteur: le bus magique, la maison qui s'étire ou se rétrécit, le pouvoir des magiciens d'agir sur les matières non travaillées par l'homme... C'est frais et amusant. Le passage où les Dolce invitent des humains et tâchent de donner le change est vraiment très drôle ainsi que les crises nombreuses de la petite dernière.

Alors où ça coince? Pas au niveau du style qui est plutôt pas mal, même si je déplore justement le côté trop "visuel" de l'auteur au détriment d'un travail plus poussé sur les personnages secondaires. A dire vrai, autant les Dolce sont attachants, autant les autres sont inintéressants: le vieux professeur érudit, ancien ami de Rodolphus le père,  et sa cruche de fille, Virginie (vous le saurez en littérature c'est désormais établi: les Virginie sont des oies blanches mais surtout des bécasses sans cervelle) sont consternants de bons sentiments. A l'inverse, les "méchants" à la poursuite des magiciens, sont au contraire caricaturaux, personnages typiques de films américains qui éclatent d'un rire sinistre en se frottant les mains.

Mais mon plus grand reproche réside dans une action interminable et mal menée. Au lieu de s'attacher à un seul point de vue, l'auteur saute de personnage en personnage sans souci de liaisons et donne à son intrigue une certaine confusion et à mon sens, une lenteur insupportable. Beaucoup de scènes ne présentent aucun intérêt et l'histoire s'étire en longueur pour au final pas grand-chose. J'étais contente de commencer le livre, j'étais profondément soulagé de le finir. Dommage pour les Dolce: ils n'ont pas eu le traitement qu'ils méritaient. A voir ce que cela donnera par la suite.

Par beux - Publié dans : Jeunesse
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