Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 18:00

L08.jpgHenri d'Ofterdingen

Novalis

éditions Gallimard

 

Et oui! Nous avons gaiement sauté dans le 19ème siècle avec Les 1001 livres...(il était temps) et pourtant, déception, le début du siècle ressemble fort à la fin de l'autre: des auteurs allemands hypersensibles qui rêvent d'amour et de poésie.

Henri d'Ofterdingen est un jeune homme tout ce qu'il y a de bien, peut-être un peu trop sensible et souffrant d'un curieux manque qu'il ne saurait définir. Son âme aspire à la beauté de la poésie mais il ne sait comment répondre à cet appel. Sa mère décide de l'emmener en voyage pour lui faire rencontrer son grand-père et, dans la foulée, un bon parti. Sur la route, ils font de nombreuses rencontres qui émeuvent notre héros et le font progresser, mais ce n'est qu'arrivé chez son grand-père que Henri vit le terme de son apprentissage. En effet, il fait la connaissance de la belle Mathilde dont il tombe immédiatement amoureux et qu'il épouse presque aussitôt; le voilà prêt à devenir poète. Hélas pour lui, Mathilde meurt et Henri devient un itinérant, prêt à percer le secret des mots et de l'âme, à la poursuite de l'amour  et du bonheur entrevus avec sa jeune épouse et qu'il espère retrouver dans l'essence même de la poésie.

Bon, Novalis n'a pas eu une vie très drôle puisqu'il est mort de phtisie alors qu'il n'avait pas trente ans et qu'il a perdu son premier amour, encore une adolescente, alors qu'il n'en avait pas vingt. Cela fait de lui la caricature du poète maudit et cela explique son style plein d'emphase et son goût pour les allégories. Henri d'Ofterdingen est l'essence même du romantisme allemand; les sentiments sont exacerbés, la nature est magnifiée, souffrance et joie se confondent... Le problème c'est que j'en ai un peu ma claque des poètes maudits pleurant sous des arbres à la recherche de leur amour perdu. L'oeuvre de Novalis est loin d'être inintéressante mais ça fourmille d'allégories, il y a des poèmes partout, des histoires à l'intérieur de l'histoire, le héros tout comme celui de Hölderlin est élevé au rang de demi-dieu et ce n'est que passions sublimes et êtres flamboyants. Heureusement pour moi, malheureusement pour les amateurs du genre, le roman est inachevé, l'auteur étant mort avant d'avoir pu comme il en avait l'ambition faire le tour de l'idée même de poésie. Je ne vais pas prétendre que Novalis ne vaut rien: d'autres mieux que moi sauront vous faire découvrir toute la beauté d'une prose pleine de délicatesse et d'images lyriques: jeu sur les mots et l'amour, mythes anciens et nouveaux qui se mêlent, etc. Peut-être n'étais-je pas d'humeur, peut-être ne suis-je pas taillée pour le romantisme allemand. Toujours est-il que Henri d'Ofterdingen fait partie de ce genre de livres qui ne me marqueront pas. A bon entendeur...

Partager cet article

Repost 0
Published by beux - dans Classiques
commenter cet article

commentaires