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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 21:51

L03.jpgLe syndrôme [E]

Franck Thilliez

éditions Fleuve Noir

 

Vous entendez le vent qui souffle à travers vos volets? Vous entendez la pluie? C'est un temps à se replier sous la couette avec un bon livre. Il y a des livres pour toutes les saisons. L'automne, rien ne vaut un bon polar.

Ludovic, un quadragénaire vieux garçon, passionné de films anciens, trouve à la suite d'une annonce dans le journal, toute une collection de vieilles bobines qu'un fils revend suite au décès de son père. Parmi celles-ci se trouve un film sans étiquette, dont la simple projection suffit à le rendre aveugle! L'une de ses ex, Lucie Henebelle, lieutenant de police à Lille, intriguée, décide de mener l'enquête. Pendant ce temps, près de Rouen, cinq cadavres non identifiés sont retrouvés, atrocement mutilés. Franck Sharko, commissaire brillant mais souffrant de schizophrénie suite au décès de sa femme et de sa fille, enquête sur ces cadavres qui ne semblent avoir aucun point commun si ce n'est la cruauté de leur exécution. Malgré les apparences, les enquêtes de Henebelle et de Sharko sont liés et, bientôt ces deux-là vont se retrouver pour enquêter sur une affaire mêlant complots, savants fous, neurologie, psychanalyse et cinéma...

Argh, je vais encore me faire des ennemis. On m'avait dit beaucoup de bien de Franck Thilliez et présenté Le syndrôme [E] comme un chef-d'oeuvre. Cependant la lecture de ce dernier m'a laissée sur un sentiment mitigé. Je n'ai pas détesté. Je n'ai pas non plus franchement adoré.

La première critique que je ferais est purement personnelle et concerne le style de l'auteur. Il me semble avoir déjà lu La chambre des morts (ça m'a tellement marquée que je ne m'en souviens plus) et avoir eu les mêmes ressentis. Je n'aime pas. Je trouve les dialogues artificiels, manquant de spontanéité et ne se démarquant pas suffisamment d'une narration au demeurant tout à fait sympathique. De plus, c'est lent. Normalement, les romans ont plutôt tendance à mettre du temps à démarrer avant de réellement  entrer dans le vif du sujet mais là c'est l'inverse: l'intrigue démarre fort (le film qui rend aveugle le personnage, les cinq corps découverts...) et soudain ralentit, ralentit, jusqu'à ce que le lecteur se demande un peu perdu où il en était. Certes, il s'agit du premier tome d'un dyptique, mais bon tout de même, un minimum syndical de rebondissements est exigé non? Allez fini pour les mauvaises critiques, passons aux bonnes: le thème du récit est sympathique. Il faut une bonne dose de culot pour mêler sans complexe fiction et réalité historique (les orphelins de Duplessis) et Franck Thilliez s'en tire avec les honneurs. Il aborde avec beaucoup de finesse des sujets passionnants et un peu effrayants, tout particulièrement celui de la neurologie. Sommes-nous tous des machines soumises aux influx électriques de notre cerveau? La science pourra-t-elle un jour tout contrôler, émotions, sentiments, folie? L'auteur s'interroge là-dessus, parfois un peu longuement (d'où aussi les ruptures de rythme du récit) et invite son lecteur à enquêter à son tour sur les mystères du cerveau humain. Les personnages ne sont pas à l'abri de cette inspection, étant eux-même des êtres complexes (l'un est schizophrène, l'autre obsédée par son travail). En bref; du bon et du moins bon dans ce récit dont la suite sortira en avril 2011 mais quelques scènes très réussies notamment celui du film que visionne d'abord Ludovic puis Lucie et qui, de façon condensée résume le sentiment de malaise qui caractérise le roman, l'idée sous-jacente que nous sommes tous des voyeurs à notre insu...

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Published by beux - dans Polar
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