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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 12:29

L07.jpgLes souvenirs

David Foenkinos

éditions Gallimard

2011

 

Place à toute la fraîcheur et à la sensibilité du génie français avec ce roman d'une rare émotion parlant de mort, d'amour, du temps qui passe, de l'urgence de cueillir le jour qui fuit et....

Stop! Vous y avez cru hein? Et bien non je ne serais pas tendre aujourd'hui, pas après avoir lu mon premier vrai navet de la rentrée littéraire. Je n'avais déjà pas beaucoup accroché avec La délicatesse en même temps je devais bien me douter que le second roman de Foenkinos ne me plairait pas... Mais que voulez-vous je suis indécrottable.

Foenkinos s'est donc un jour penché sur son bureau et c'est dit: "hum diable sur quoi vais-je écrire, qu'est-ce qui est vendeur de nos jours? Ah tiens les vieux c'est une valeur sûre. Tout le monde aime les vieux et leur sagesse incommensurable. Et puis on va parler d'amour aussi. Tout le monde aime l'amour." Et voici donc notre vaillant écrivain racontant l'histoire d'un narrateur veilleur de nuit dans un hôtel mais brûlant du désir d'écrire (folle originalité) qui, après la mort de son grand-père prend conscience de la brièveté de la vie (cliché numéro 1: nous mourrons tous un jour ou l'autre alors il faut profiter de la vie) et se rapproche alors de sa grand-mère, que ses enfants indignes ont placé dans une maison de retraite (cliché numéro 2: les maisons de retraites c'est mal). Bien entendu la grand-mère finit par mourir mais, à cette occasion, le narrateur fait la connaissance de Louise, une institutrice, avec qui il copule fougueusement avant de l'épouser (après la drague dans la rue, Foenkinos lance la drague dans les cimetières: à votre prochain enterrement les filles, sortez vos minijupes!) Mais le mariage ne tarde pas à battre de l'aile car le narrateur ne parvient toujours pas à écrire....

La première partie de l'histoire est ennuyeuse: la mort du grand-père, le déclin de la grand-mère... ça sent le déjà-vu, les histoires de famille ressassées, les réflexions en gros sabots sur la canicule et  sur nos vieux qu'on néglige, les relations tendues père/fils, nous on s'aime mais on ne sait pas comment le dire parce qu'on est tous différents...Un moment donné le récit prend une certaine légèreté avec la fugue de la grand-mère mais ce semblant d'intrigue est vite désamorcé pour laisser place à la seconde partie de l'histoire, la romance entre le narrateur et son instit. Et là, on sombre dans le grotesque le plus total: scènes d'amour d'une mièvrerie sans nom, embrassades, roucoulades à la je t'aime moi non plus, sexe effréné dans un hôtel, visite de Paris la nuit... L'auteur accumule les clichés tout en essayant de s'en démarquer: ainsi le narrateur, embrassant sa belle sur un quai de gare, s'insurge en voyant un autre couple faire de même. Ils lui volent son cliché eux qui se sont sans doute rencontrés sur Internet! (à noter: pour Foenkinos se rencontrer sur Internet c'est trop naze, mais se rencontrer lors d'un enterrement c'est trop la classe) Le résultat: une histoire d'amour insipide et qui rend les personnages aussi têtes à claques les uns que les autres... Je ne suis pas contre l'écriture du banal et du quotidien, des souvenirs et de l'amour etc. Encore faut-il le faire bien: mais en lisant Foenkinos, j'aurais tout aussi bien pu lire n'importe quel auteur contemporain. Ce n'est pas qu'il écrit mal, non, mais c'est qu'il n'a aucun style. C'est le style bateau, celui du narrateur tourmenté et omniprésent qui multiplie les phrases courtes, les réflexions philosophiques de bas étage et les comparaisons niaises. La seule touche personnelle de l'auteur c'est l'interruption de la narration par les souvenirs d'autres protagonistes. Bon c'est lassant mais ça a le mérite d'être original...

Vous me trouvez sans doute un peu dure mais ce qui m'énerve, ce n'est pas tellement le roman: au fond libre à chacun d'écrire et de lire ce qu'il aime, aussi insipide cela puisse-t-il paraître à d'autres. Non ce qui m'énerve c'est le battage médiatique des Souvenirs qui a tout de même été sélectionné pour le Goncourt si ma mémoire est bonne. Or, je n'ai pas vu beaucoup de différence avec un Marc Levy ou un Guillaume Musso à ceci près qu'eux au moins assument ce qu'ils sont: des auteurs populaires pour un lectorat essentiellement féminin.

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

Anis 26/02/2012 20:09

Je n'ai pas beaucoup aimé "La délicatesse" non plus et c'est sûr, je ne lirai pas celui-là .

Stéphanie 19/11/2011 09:11

J'aime quand on a la dent dure et que c'est drôle (quand c'est mérité, bien entendu ; ce qui a l'air d'être le cas ici). Mais je ne saurais jamais si cette critique est justifiée, car elle m'a
définitivement convaincue de ne pas lire "Les souvenirs" !

beux 20/11/2011 13:36



Il m'arrive parfois d'avoir la dent très dure je le reconnais... Ceci dit si tu veux te faire une idée tu peux déjà tester le précédent livre de Foenkinos "la délicatesse" qui est moins
dégoulinant. (même si je n'ai pas trop aimé non plus je l'avoue)



fabien 13/11/2011 16:42


"Je n'avais déjà pas beaucoup accroché avec La délicatesse en même temps je devais bien me douter que le second roman de Foenkinos ne me plairait pas..."
en même temps c'est toujours tentant de lire un deuxième livre d'un auteur dont le premier n'a pas beaucoup plu, pour une idée plus précise (j'ai fait ça avec Amélie Nothomb) et comme toi,je me
suis fait avoir, mais bon c'est aussi ça le plaisir de la lecture...


beux 15/11/2011 21:38



Ben oui, c'est vouloir aussi donner une chance à un auteur qu'on n'a pas forcément apprécié une première fois... Après ceci dit cette seconde expérience, sauf si l'intrigue me tente vraiment, je
ne pense pas lire de nouveau du Foenkinos...