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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 19:20

L02.jpgMargaret Mitchell

Anne Edwards

éditions Belfond

1983

 

 

Dans la rubrique livre improbable que personne ne lira et que diable faisait-il d'ailleurs dans ma bibliothèque? nous allons parler aujourd'hui d'une biographie de Margaret Mitchell, épuisée depuis belle lurette dans l'indifférence la plus générale. Margaret Mitchell pour les ignares est l'auteur du livre Autant en emporte le vent dont nous reparlerons sans doute l'un de ces jours dans ce blog. Bien qu'aujourd'hui, elle ne suscite plus les passions, elle eut son heure de gloire, à l'instar d'une Rowling aujourd'hui, et c'est donc tout naturellement que Anne Edwards, sollicitée pour écrire une suite à son oeuvre (heureusement, cette insanité n'existe plus) fit d'une pierre deux coups en narrant l'histoire de son auteur immédiatement après. 

Bon après, il faut dire ce qu'il est, Margaret Mitchell n'a pas eu une vie trépidante non plus: si dans sa jeunesse elle se montra plutôt audacieuse (alcool, cigarettes, premier mariage sur un coup de tête), passée vingt-cinq ans elle se rangea sagement et épousa en secondes noces un bonnet de nuit. Plus ou moins hypocondriaque, elle n'a guère voyagé, passant presque toute sa vie dans sa Georgie natale. Le seul événement majeur dans son existence ce fut l'écriture et la parution de son roman fleuve qui bouleversa sa vie de telle façon qu'elle fut incapable par la suite d'écrire de nouveau.

La biographie d'Anne Edwards est intéressante car elle ne s'attarde pas uniquement sur la face riante de Margaret Mitchell (ses engagements sociaux, sa patience pour ses admirateurs) mais également sur sa face "cachée": sa pingrerie, sa misanthropie et aussi son égocentrisme qui n'est pas sans faire songer à celui de son héroïne. Ce qu'il ressort de cette étude c'est que Margaret Mitchell est devenue un écrivain par hasard, l'auteur d'un seul livre, ce qui est assez rare pour le souligner, et qu'elle s'est laissée déborder par son succès tout en le quémandant. Anne Edwards nous dresse donc le portrait d'une femme complexe, souffreteuse, volubile et qui très sincèrement, ne m'a pas touchée. Est-ce dû au style ampoulé et plutôt plat de sa biographe qui, tout en encensant la jeune femme souligne avec complaisance ses petits travers et ses petites manies? Est-ce dû tout simplement au sujet lui-même, une femme ancrée dans un passé sclérosé, sudiste jusqu'au bout des ongles et dont le quotidien se résume toujours au même paysage? Bref, j'ai lu sans déplaisir Margaret Mitchell,  intéressée par la genèse et du livre Autant en emporte le vent et de celle du film, mais je ne peux pas dire que cette lecture m'apportera grand-chose, si ce n'est la perspective de frimer un peu lors de soirées mondaines en parlant de Clark Gable...

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Published by beux - dans Essais
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