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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 09:35

L01.jpgPiège nuptial

Douglas Kennedy

éditions Pocket

(1994)

 

Nick, journaliste américain amateur de plans foireux et de petits boulots minables a décidé de frapper très fort sur ce coup-là. En voyant un simple carte routière du pays, sur un coup de tête, il décide de partir pour l'Australie lui qui n'a jamais voyagé hors des Etats-Unis. Une erreur qu'il ne tarde pas à regretter sitôt arrivé au milieu de nulle part, ce qui ne l'empêche pas de persévérer en achetant une camionnette pourrie à un couple de cinglés mystiques, de conduire en pleine nuit dans le bush australien et se faire de la sorte percuter par un kangourou et, enfin, de prendre en stop et de se laisser séduire par une charmante autochtone, Angie, qui se révèle aussi une dangereuse cinglée... Tombé dans le panneau, Nick se fait ainsi droguer, enlever et épouser par Angie qui l'emmène de force dans son village au fin fond de l'Australie. Wollanup est une communauté vivant quasiment en autarcie, oubliée de tous et avec son propre règlement. Nick ne tarde pas à comprendre qu'il est pris au piège...

Douglas Kennedy si vous ne connaissez pas est un auteur qu'on peut qualifier de sans prétention. Le style est coulant mais sans rien d'exceptionnel, les histoires ne sont jamais des brûlots. En revanche, dans son genre, il est plutôt doué, naviguant entre le roman et le policier avec une parfaite aisance et c'est faute de terme plus approprié, un très bon conteur. Quand on commence un de ses livres, on va jusqu'au bout et c'est encore plus vrai avec Piège Nuptial qui est à ce jour mon préféré. Déjà parce que c'est assez drôle. Narré à la première personne, le récit de Nick prend de ce fait une dimension beaucoup plus cynique, le héros narrateur n'hésitant pas à faire de l'Australie la description d'un enfer sur terre et forçant le trait des autres personnages. Angie, vue à travers les yeux de son "mari" est une protagoniste absolument hilarante, une brute avinée, une Misery sauce australienne capable de sussurer des mots d'amour après avoir flanqué une torgnole à son époux. Les autres habitants de Wollanup ne sont guère mieux, si ce n'est la douce Krystal, la soeur de Angie, d'ailleurs le seul personnage tragique de l'histoire. On rit donc beaucoup devant cette communauté donc la seule occupation est de picoler et de dépecer des kangourous; on rit aussi beaucoup des réactions de Nick qui, sans complaisance, se peint comme un être asocial, un aventurier de pacotille qui, après avoir passé deux jours dans le bush, se hâte de retrouver la ville et qui se fait gentiment pièger non seulement par Angie mais par à peu près tous les australiens qu'il rencontre. Ceci dit, il y a également un bon suspens (à noter d'ailleurs que la première traduction française de Piège Nuptial, Cul-de-Sac, était publié dans une collection de policiers) et le lecteur lit les derniers chapitres d'une traite, impatient de savoir si oui ou non Nick va se sortir de cette galère. En bref, pour une lecture de vacances, n'hésitez pas: Kennedy est l'homme qu'il vous faut! Le tout après, c'est de n'être pas trop dégoûté par l'Australie...

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

Orchéon 13/01/2012 14:03

je me suis retrouvé comme dans l’atmosphère du livre, piégé, oppressé. j'ai adoré, mais quand même heureux de le finir, pour m'aérer la tête avec un pays moins chaud mais pas plus accueillant. XD
(dans "l'évangile du bourreau" par les frères Vaïner.)

echolalie 30/09/2011 17:56


un film doit normalement se faire ^^


julien 31/05/2011 10:51


purée ça fait longtemps que je n'étais pas venu, j'ai pas mal d'articles en retard, perso piège nuptial m'a particulièrement plu, l'ambiance loser et cul-terreux plutot flippant est déjanté comme
j'aime. De plus je l'ai lu après Nullarbor (folio) qui est un magnifique récit de voyage et les kenneth cook (le koala tueur et cinq matins de trop) que je ne peux que conseiller, meri bien pour
ces nombreuses critiques, ça m'aide pour conseiller lorsque je n'ai pas lu le livre (quoi vous ne lisez pas tout ??)


beux 05/06/2011 17:05



Le koala tueur? On m'en a déjà parlée et plutôt en bien, il faudrait que j'essaie également... Ravie sinon de pouvoir venir en aide à un confrère si j'ai bien compris. Entre libraires, il faut se
serrer les coudes...



Justine 16/05/2011 10:01


Je l'ai lu à l'époque où il s'appelait cul de sac. Et pour ma part, malgré le côté joyeux et un peu ironique du début, j'ai quand même trouvé que l'ambiance devenait de plus en plus étouffante et
flippante. Après, j'étais encore jeune et innocente quand je l'ai lu, alors je l'ai peut-être pris trop premier degrés. Mais ce qui est sûr c'est que je mangerai jamais de kangourou.


beux 19/05/2011 11:54



Personnellement moi non plus je ne verrais plus jamais les kangourous du même oeil! L'ambiance est un peu étouffante, après pour le coup la description du village m'a plus fait rire qu'elle ne
m'a fait peur, mais je comprends ton sentiment, surtout si tu as lu le livre étant jeune...



nath 15/05/2011 10:34


Tu m'enlèves les mots de la bouche : j'aime ta façon de résumer, de parler du style et dépeindre l'auteur, comme dans tous tes articles d'ailleurs (sauf un !!!).Que du bonheur! Tu es une très bonne
conseillère de lecture. Merci.


beux 19/05/2011 11:53



Merci beaucoup Nath, c'est très gentil! Surtout qu'en ce moment je me demande vraiment si ça vaut le coup de continuer ce blog... donc je suis contente si tu apprécies mes articles! (sauf un!!!)