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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 18:46

L02.jpgLe temps des lézards est venu

Charlie Price

éditions Thierry Magnier

 

 

La folie est une chose curieuse.  Elle fascine tout autant qu'elle fait peur. Bipolarité, schizophrénie, psychoses... Si nous sommes tous névrosés, peu d'entre nous savent ce qu'est la  véritable folie. Et sans doute très peu d'entre nous imaginent ce que c'est que de la vivre au quotidien... C'était donc un pari osé d'en parler  dans un roman, encore plus dans un roman pour adolescents...

Ben, dix-sept ans,  vit seul avec sa mère depuis que son père les a quittés. Il faut dire que sa mère souffre d'"un trouble schizo affectif" aggravé depuis le départ de son époux. En clair, elle perd les pédales et est persuadée que les lézards ont envahi le monde, Les médecins lui prescrivent des médicaments qu'elle ne prend pas et son fils vit sa vie en pointillé, ratant ses cours et négligeant ses loisirs, dans l'attente d'une prochaine crise, d'autant plus angoissé qu'il sait ce genre de troubles héréditaire... Un jour, il croise Marco dans la salle d'attente de l'hôpital. Ce dernier a une mère bipolaire et lui révèle qu'il a découvert dans son jardin un passage menant à l'an 4000. Dans ce monde futuriste, les maladies mentales n'existent plus et Marco propose à Ben d'y retourner pour trouver de quoi guérir leurs mères respectives...

C'est un récit vraiment très étrange, qui colle assez bien avec son thème d'ailleurs: le temps des lézards est-il un roman de science-fiction, un roman fantastique, un récit ordinaire? J'ai passé tout le temps de ma lecture à essayer de le déterminer, pour finalement déclarer forfait. C'est avant tout un livre bizarre qui est loin d'être exceptionnel certes mais qui suscite la plus vive curiosité. Sa force? Un héros qui est loin d'être irréprochable et qui agit comme un adolescent lambda: il se meurt d'amour pour la grande soeur gothique de son meilleur ami, picole quand sa mère fait des crises pour oublier ses problèmes... La narration, écrite la plupart du temps à la première personne, joue beaucoup sur l'auto-dérision et sur un humour noir qui passe bien. Sa faiblesse? Un style pas toujours très clair lorsqu'il s'agit de l'histoire de Marco et un monde futuriste qui reste flou et pas vraiment attirant. Dans l'ensemble le livre est parfois confus et plus d'une fois je me suis surprise à vérifier si une page ne manquait pas: les transitions sont brutales, l'intrigue parfois elliptique... Mais en même temps, pour parler de la folie, quoi de mieux qu'un livre un tantinet embrouillé? Au final, malgré une fin un peu frustrante, Le temps des lézards reste un ouvrage audacieux qui tranche agréablement avec une production plus lisse...

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Published by beux - dans Jeunesse
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