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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 10:35

L01.jpgBrochettes à gogo

Anne Fine

éditions Ecole des Loisirs

2009

 

Pour avoir incendié involontairement la cuisine de ses parents, le jeune Harry est exilé par ces derniers le temps des travaux. C'est son oncle Tristram qui hérite de lui pour la semaine et qui l'emmène chez sa dernière conquête en date, la très jolie Belle-de-Jour. Le problème c'est que Belle-de-Jour est très "nature", un peu extravagante, et qu'elle vit sur une île où il n'y a ni télé ni ordinateur. Même la nourriture y est étrange : beignets de pissenlits, terrines d'orties... Le second problème c'est que le ferry ne passe que le samedi et que Harry et son oncle sont coincés ici pour la semaine et condamnés à passer des vacances pour le moins insolites. Au programme : concours de brochettes et de la plus belle barbe, chasse aux anges, maisons qui s'effondrent...

Anne Fine si ça vous dit quelque chose est l'auteur du Journal d'un chat assassin, une série pour les premiers lecteurs et qui était déjà très drôle. Brochettes à gogo, pour les plus grands cette fois, est également une réussite. Anne Fine n'a pas ce côté gentiment moralisateur qu'ont la plupart des auteurs de jeunesse. BIen au contraire, l'histoire de Harry et de son oncle a une petite touche de politiquement incorrect des plus rafraîchissantes : Harry enchaîne bêtises sur bêtises, son oncle ne vaut guère mieux et se révèle en plus être un coureur de jupons. De façon générale, tous les personnages sont tournés en ridicule, que ce soit Belle-de-Jour qui parle à son ange ou qui remercie ses pieds avant de marcher, ou les habitants de l'île, tous barbus et patibulaires. On aurait pu craindre que le récit se révèle un vibrant hommage à notre Mère Nature, mais Brochettes à gogo est surtout un enchaînement de situations plus absurdes les unes que les autres qui ne donne pas plus le beau rôle à notre narrateur pyromane qu'il ne le donne à l'excentrique Belle-de-Jour ou aux insulaires. C'est seulement une histoire très drôle qui multiplie les rebondissements les plus improbables et qui n'a d'autre vocation que de faire rire avec talent sans chercher à toute force à instruire. Et vous savez quoi ? Personnellement, c'est comme ça que je préfère les livres pour enfants.

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Published by beux - dans Jeunesse
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commentaires

luxsword 01/06/2014 09:56

Harry, oncle Tristram, ça m'a fait penser à "Au secours, c'est Noël", que j'avais beaucoup apprécié, de la même Anne Fine. Mais j'ai vérifié et l'oncle s'y appelle Tristan. La famille était si
sympathique que j'espérais bien les retrouver dans uns autre histoire...

Jacques C 15/05/2014 00:11

► "On aurait pu craindre que le récit se révèle un vibrant hommage à notre Mère Nature"

Et ?

J'avoue ne pas comprendre comment l'on peut "craindre" qu'un récit soit un vibrant hommage à notre Mère Nature. Bon, effectivement, la formule "Mère Nature" sous-entend une mièvrerie ou un
mysticisme, et ça, je peux comprendre que l'on puisse le redouter.

Mais en dehors du risque de mièvrerie (qui peut toucher n'importe quel sujet et pourrait être redouté pour TOUS les livres et tous les sujets), en quoi un tel point de vue poserait-il le moindre
problème sur le plan littéraire (Giono ou Le Clézio ont écrit des chefs-d’œuvres inoubliables qui "rendent un vibrant hommage à la nature"), sur le plan philosophique ou autre ?

Cette prévention me rend perplexe.

beux 29/05/2014 12:26



C'est bien entendu dans le sens mièvre ou mystique qu'il fallait comprendre ma formule. Je ne suis pas contre les hommages à la Nature qui peut même être dans certains cas le personnage à part
entière d'un livre. En revanche, je suis contre l'écologie moralisatrice : dans un livre pour enfants surtout, il aurait été tentant d'opposer deux concepts, une technologie mauvaise opposée à
une nature bienfaisante et de faire une petite leçon du style : "nous sommes englués dans notre monde virtuel vite balançons tout ça et allons courir nus dans les bois". Voilà le fond de ma
pensée. De façon générale il n'y a qu'une chose que je ne pardonne pas dans les romans, c'est la morale: qu'un livre nous livre une leçon d'ordre général, qu'il nous force à réfléchir par exemple
sur la place de l'homme et de la nature oui, qu'il nous donne en revanche un cours d'éducation civique non.