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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 19:17

L01.jpg8h29

Lisa Bresner

éditions Actes Sud Junior

 

On reste un peu au Japon avec un joli roman pour ados un peu triste, écrit par Lisa Bresner, une jeune écrivain spécialisée dans la culture asiatique et professeur de chinois. Le livre est d'ailleurs posthume: l'auteur s'est suicidée avant sa parution, ce qui lui donne d'ailleurs peut-être ce vernis mélancolique...

Un soir à Nantes, une jeune japonaise, Fumiko, enceinte, est quittée par son amant japonais, le marin Jean. Pendant ce temps, dans le noir, une voyante part se jeter d'un pont en laissant derrière elle, enfermée dans le casier d'une consigne automatique, un bébé du nom de Louisa. Fumiko sauve la petite fille. Quelques mois plus tard, elle-même met au monde une enfant qu'elle appelle Eimi. Les années passent... Louisa, adolescente et restée en France, prend contact avec  Fumiko retournée au Japon avant la naissance de sa fille, et entame une correspondance avec les deux femmes. Eimi et Louisa rêvent de se rencontrer avant longtemps. Hélas, un jour, à 8h29 précisément, le destin va en décider autrement...

Il est assez difficile de décrire ce livre, plus proche du roman adulte que du roman ado, et dont l'écriture tout en finesse n'est pas forcément accessible et peut tout d'abord déstabiliser. Lisa Bresner joue volontiers avec les phrases, mêle les différents types de narration et s'attarde peu sur les sentiments des personnages, préférant les retranscrire dans des scènes révélatrices: Louisa qui se tient sur le bord du pont, fascinée par le vide et prête à sauter comme l'a fait sa mère des années plus tôt, Fumiko qui accroche des prières à un arbre, Eimi qui se fait prendre en photo avec son petit ami... Autant de moments qui, par petites touches apportent bien plus d'émotion que n'importe quel épanchement... 8h29 a aussi la particularité d'être extrêmement décousu: à un moment donné, il m'a fallu repartir en arrière pour être sûre que je n'avais pas raté un épisode. Mais non, c'est comme ça, il y a des blancs, des flous, des interrogations qui restent en supens: un être dont on ne verra jamais le visage, un père dont on ne connaîtra pas l'histoire, une mère dont on ne comprendra pas le suicide... Mal raconté, ce genre de récit peut être une catastrophe: là ça passe très bien. Roman court, 8h29 est une jolie réflexion sur le deuil, pleine de poésie, et qui apporte cependant une touche d'espoir, une histoire qui allie la pudeur asiatique à la passion française. Mariage réussi.

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Published by beux - dans Jeunesse
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