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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 12:46

L01.jpgLe caveau de famille

Katarina Mazetti

éditions Gaïa

2005

 

Désirée et Benny, les héros du Mec de la tombe d'à côté n'avaient rien en commun, elle la bibliothécaire dévoreuse de livres, lui l'éleveur de vaches un peu bourru. Ils s'étaient même séparés. Mais voilà: amoureux malgré tout, ils ne pouvaient se résoudre à vivre loin l'un de l'autre. Ils ont donc décidé de se laisser une chance et de passer un marché: faire trois essais pour avoir un enfant ensemble. L'enfant a été conçu. Désirée et Benny, après le choc des cultures, se lancent dans une aventure tout aussi difficile, celle de la vie de famille.

Après Le mec de la tombe d'à côté qui s'employait à démystifier l'amour, Katarina Mazetti s'attaque cette fois aux enfants et à la famille. Désirée, qui rêvait pourtant d'un bébé, découvre que le quotidien d'une mère n'est pas de tout repos et que les joies de la maternité sont peut-être un peu exagérés. Qui plus est, elle doit gérer une vie de couple compliquée. Quant à Benny, il a du mal à accepter l'idée que sa femme ne soit pas une parfaite femme d'intérieur. Ceci dit, même si, comme dans Le mec de la tombe d'à côté, la voix des deux héros s'alternent pour narrer l'histoire, il devient très vite évident que l'auteur prend cette fois clairement le parti de Désirée: c'est elle qui part vivre à la campagne chez Benny, c'est elle qui doit faire le plus de concessions... Benny, lui, est qualifié par un personnage extérieur d'homme d'une "génération perdue". Le caveau de famille n'est pas pour autant une critique de la maternité ou de la vie de famille, tout comme le précédent roman de l'auteur n'était pas une critique de l'amour. Il s'agit là encore pour Mazetti de dépasser les clichés de la maternité comme accomplissement de la vie d'une femme et son plus grand bonheur. Non, les enfants ne sont pas forcément un don du ciel! Coliques du petit ou difficultés financières, les narrateurs ne nous épargnent pas les détails triviaux, et, si le lecteur (plutôt la lectrice d'ailleurs) peut rire devant les mésaventures conjugales de Benny et Désirée, faites de joies et de peines, il peut aussi se sentir un peu effrayé devant la résignation qui pointe sous l'humour parfois grinçant de l'histoire d'un couple qui se croyait unique (surtout elle) et qui découvre qu'il est, au final, comme les autres. Le caveau de famille est un récit tendre et amer à la fois, faussement léger, dans lequel se reconnaîtra sans doute la mère de famille et qui laissera les autres indécises de savoir si, oui ou non, tout ça en vaut la peine...

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

dasola 21/07/2011 18:02


Bonsoir, c'est sûr que quand on lit la suite des (més)aventure de Désirée et Benny, on n'a pas forcément envie de fonder une famille. Mais leur attachement les fait triompher de beaucoup de choses.
Ils sont touchants ces deux-là. Bonne soirée.


beux 29/07/2011 13:54



Oui je trouve les personnages assez touchants moi aussi, même si Benny me donne envie plus d'une fois de le gifler! 



kame 21/07/2011 08:45


Je ne me semble pas que les lectrices attendent une super love story, le premier livre donne bien le ton.
Dans mon cas, je n'attendais même pas de suite, me laissant le plaisir d'imaginer ce que serait leurs vies si l'enfant était conçu.
Je ne sais pas encore si je vais lire ce livre, je n'aime pas trop les suites, mais cet article m'a tout de même donné envie.


beux 29/07/2011 13:53



A vrai dire, je n'aurais jamais lu la suite moi non plus si une amie ne me l'avait pas offert car, comme vous, je ne suis pas une inconditionnelle des suites, souvent décevantes. Mais, pour le
coup, j'ai presque préféré Le caveau de famille au Mec de la tombe d'à côté...



urgonthe 19/07/2011 22:24


J'ai déjà mon idée sur la question ! ;-) C'est courageux de se mettre à dos ses lectrices fleurs bleues qui attendaient la love story ultime. Mais les désillusions des jeunes parents ne
m'intéressent pas plus que ça, parce que je ne comprends pas comment on peut se faire la moindre illusion...