Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 15:07

L01.jpgTreize petites enveloppes bleues

Maureen Johnson

Editions Gallimard Jeunesse

 

 

Pour oublier rapidement le livre précédent qui, il faut bien l’avouer, n’était pas fantastique, rien de tel qu’un bon roman derrière. Et, sans réelle surprise, il s’agit d’un livre pour la jeunesse. Treize petites enveloppes bleues n’est pas tout récent : voilà déjà plus de trois ans qu’il a été traduit et, à ma grande honte, je n’avais jamais pensé à le lire jusqu’à aujourd’hui. Grand tort s’il en est.

Ginny, américaine, a dix-sept ans et vient de perdre sa tante, Peg, une jeune femme artiste et excentrique, décédée brutalement d’une tumeur au cerveau. En guise d’héritage, sa nièce reçoit un paquet contenant treize enveloppes bleues avec des consignes très strictes : Ginny doit les ouvrir au fur et à mesure au moment qui lui sera indiqué ; elle ne peut emporter qu’un sac à dos et n’a droit ni aux appareils électroniques, ni aux guides de conversations, ni à son argent… Ainsi équipée, l’adolescente se retrouve bientôt embarquée dans une gigantesque chasse au trésor à travers toute l’Europe qui lui permettra non seulement d’en savoir plus sur sa tante chérie, mais également d’en apprendre plus sur elle-même et de transformer ainsi sa vie de jeune fille un peu trop sage…

Je m’attendais, je l’avoue, à quelque chose d’assez convenu ; à l’histoire d’une héroïne un peu nunuche qui, au terme d’un voyage époustouflant et plein de clichés, danse nue sur des tables à Paris (puisque c’est bien connu que l’Europe est un lieu de débauches) et bénit une tante qui, elle, a tout compris à la vie. Il n’en est absolument rien. Conçu comme un roman d’apprentissage, Treize petites enveloppes bleues a une vision assez réaliste du voyage. Le périple de Ginny est marqué par des fiascos : un contact à Amsterdam qu’elle ne trouvera pas puisqu’il a déménagé, des pickpockets qui tenteront de la voler, un décalage horaire fatiguant, des moments de solitude et de doute… La personnalité de Ginny n’évolue pas fondamentalement : si elle apprend à surmonter sa timidité, elle reste toujours quelqu’un de réservée après son expérience. Peg, la tante excentrique, n’est pas idéalisée non plus : elle reste quelqu’un de très humain et ses faiblesses, notamment sa peur de l’engagement, sont montrées avec beaucoup de sensibilité, ce qui fait d’elle, paradoxalement, un personnage très attachant.

Ceci dit, malgré tout, Treize petites enveloppes bleues est une invitation au voyage. Dès qu’on ouvre le livre, on n’a qu’une seule envie, c’est de faire comme l’héroïne et de partir. Car le voyage est décrit avec ses inconvénients certes (les heures interminables de train, les hôtels plus ou moins douteux, les inquiétudes d’être loin de chez soi), mais aussi avec ses avantages ; l’excitation de voir « autre chose » un sentiment de liberté difficile à exprimer… Et puis, il faut avouer que les destinations choisies par la tante Peg font rêver ; Londres, Paris (bon, Ok un peu moins pour nous français, mais c’est normal) Rome (ah la la Rome) Amsterdam, Copenhague et Corfou… De quoi faire non ? Là encore Maureen Johnson ne tombe pas dans le cliché et évite de nous faire un catalogue d’œuvres art « à voir », préférant jouer sur une ambiance, un sentiment…et nous rappelant que les plus belles découvertes, nous les faisons toujours par nous-mêmes. Ainsi, si sa tante Peg est émue devant les statues des Vestales à Rome, Ginny n’y voit « qu’un tas de statues cassées » ; de même l’adolescente ratera le portrait de la Joconde au Louvre. Invitation à mépriser l’art ? Nullement. L’art occupe au contraire une place prépondérante dans le roman, mais si l’auteur nous disait tout, quel intérêt y aurait-il à aller nous faire notre propre opinion ?

Partager cet article

Repost 0
Published by beux - dans Jeunesse
commenter cet article

commentaires

Pascal le Yukka 27/01/2010 18:38


Oui, "le jeu de l'ange", j'ai le tome sous les yeux, mais ce n'est pas encore le moment de l'ouvrir, j'ai déjà un paquet de lectures en cours. Par contre je te donnerai mon opinion dès que je
l'aurais englouti (c'est un gros pavé).


Pascal le Yukka 27/01/2010 13:32


Rooh, ok, mais où est la fifiche alors?


beux 27/01/2010 18:36


ah ah pareil! J'avais pas fait de fiche à l'époque!! Mais si je suis courageuse j'en ferai peut-être une un jour... En tous cas, ce livre-là je l'ai offert à une pelletée de monde et je le
recommande à chaque fois que je peux!!

Ps: Je pense d'ailleurs que tu as vu qu'il y avait une suite... l'as-tu lu? Moi pas encore mais je pense le faire d'ici peu...


Pascal le Yukka 25/01/2010 15:32


Oh, un coup de coeur: "L'ombre du vent" de Carlos Ruis Zafón ! Ajoute le à ta liste des 1001 livres `lire (ce ne sera pas un de trop)


beux 25/01/2010 18:44


Hi hi c'est gentil mais celui-là c'est déjà fait! Et effectivement je confirme: il est très très bien.


Sandie 23/01/2010 14:14


oui je suis bien "la"Sandie lol...cela me fait plaisir qu'ils t'aient plu, Pierre m'a fait passer le message pour les Quality Street ;)


beux 24/01/2010 04:33


Ah le traître!


Sandie 22/01/2010 18:13


Tu m'as donné envie de lire ce livre...merci.


beux 23/01/2010 09:38


Tant mieux alors... Si tu le lis finalement n'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé!!

(Ps: Es-tu "la" Sandie? Si c'est le cas, merci à toi pour les chocolats: ils étaient très bon!)