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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 11:10

L03.jpgJe t'aime à la philo

Quand les philosophes parlent d'amour et de sexe

Olivia Gazalé

éditions Robert Laffont

 

Peut-on philosopher sur un sujet comme l'amour? Beaucoup semblent le penser puisque ces derniers temps bon nombre d'auteurs dissertent sur l'amour que ce soit Badiou avec son Eloge de l'amour dont nous avons déjà parlé, mais aussi Luc Ferry avec sa Révolution de l'amour ou encore Precht avec Amour: déconstruction d'un sentiment. Aujourd'hui, c'est une femme qui s'y colle, Olivia Gazalé, maître de conférence et rédactrice de plusieurs articles dans Philo magazine.

Le pari est ambitieux puisque l'auteur prend le parti d'aborder le phénomène de l'amour sous tous les angles: religieux, scientifique, et en s'appuyant non seulement sur des philosophes mais également sur des romanciers. 

Pari réussi? Pas vraiment. Au début du livre, la pensée de l'auteur est claire: ses analyses historiques sont intéressantes (la différence de conception de l'amour entre l'orient et l'occident par exemple) et ses explications sur la neuroscience, à défaut de susciter l'approbation, nous paraissent cohérentes. En clair, tant que Olivia Gazalé se contente d'expliquer les "théories" de l'amour, elle s'en sort très bien, ce qui me fait penser qu'elle doit être très intéressante à écouter. Cependant, dès qu'on sort de questions plus "théoriques" justement ("Sommes-nous biologiquement programmés pour aimer?" ou encore l'histoire du mariage) pour passer à des domaines plus délicats ("Pourquoi l'amour fait-il souffrir?", "Peut-on promettre l'amour éternel?", "Le désamour est-il ineluctable?") la pensée de l'auteur se fait plus confuse: elle navigue entre les auteurs avec moins d'aisance, citant en vrac Rousseau, Schopenhauer, Stendhal ou Sartre et nous perd dans les méandres des théories diverses et variées, polygamie et désir sexuel, amour courtois et mariage éternel... Son opinion à elle ne ressort jamais clairement et, s'il ressort, c'est sous la forme d'un sentimentalisme un peu bébête ou de lieux communs. Autre défaut du livre, c'est de nier l'amour dans sa dimension unilatérale (pour Gazalé, l'amour à sens unique n'existe pas) et, surtout, de vouloir aborder tous les aspects du sentiment et, au final, de bâcler l'ensemble. Bon, je suis peut-être un peu dure. Pour une néophyte de la philosophie comme moi, Je t'aime à la philo est un ouvrage clair, qui se lit très bien et accessible à tous. J'en veux peut-être simplement à Gazalé de théoriser un sentiment qui, à mon sens, est trop personnel pour être généralisé.

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Published by beux - dans Essais
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