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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 10:04

L05.jpgPersonnages secondaires

Alejandro Zambra

éditions de l'Olivier

2012

 

Les hasards des piles à lire et des services de presse oubliés m'ont fait tomber sur un ouvrage curieux publié il y a environ deux ans par les éditions de l'Olivier : il s'agit de Personnages secondaires. Dans ce livre, le narrateur vit au Chili et raconte son histoire, celle d'un enfant sous la dictature de Pinochet et qui, pressé par sa jeune et jolie petite voisine, Claudia, se met à épier l'individu à côté de chez lui. Mais, au tiers du livre, changement de ton : il s'avère que cette intrigue n'est que le roman d'un autre narrateur qui, s'inspirant très largement de sa propre expérience et de celle de ses parents, espère par le biais de l'oeuvre reconquérir sa bien-aimée Eme qui l'a quitté il y a peu mais qui songe à revenir...

Un roman dans un roman ou l'histoire d'un homme qui écrit un livre, tel est en résumé Personnages secondaires. La partie la plus intéressante est, pour une fois, l'intrigue politique avec cette ambiance oppressante liée à la dictature de Pinochet et l'incertitude qui suit. Avec beaucoup de finesse, Alejandro Zambra parvient à restituer le climat tendu d'un pays qui tente de se relever d'un régime autoritaire et qui en est encore à s'interroger sur son avenir. Ni les opposants ni les sympathisants ne sont tout à fait stigmatisés, l'auteur se contentant en les mettant en scène de poser cette éternelle question: et vous, qu'auriez-vous fait à leur place?

Passé cet aspect, Personnages secondaires se révèle cependant un peu creux. Les personnages n'ont aucune profondeur, on ne s'attache pas à eux, et le style est plat. Il n'y a pas vraiment d'intrigue et on a du mal à voir où l'auteur veut aller. Certes, il s'agit de décrire le processus créatif et la façon dont un roman s'approprie des morceaux de vie de son auteur pour exister (il y a un passage très intéressant où l'écrivain explique à sa soeur qu'il ne souhaite pas la mettre dans son livre pour la protéger) ce qui donne à l'ensemble un côté décousu qui n'est pas inintéressant. Tout cela demeure cependant un peu artificiel et n'est pas sans me rappeler le bon vieux procédé narratif qui consiste à écrire tout un roman pour dire à la fin que pouf! il s'agissait d'un rêve et faire perdre ainsi tout son sens à l'histoire. Non, je ne suis vraiment pas convaincue par le roman de Zambra dont le titre paraissait pourtant bien prometteur.

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Published by beux - dans Roman
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