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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 20:04
L04.jpgTreize raisons
Jay Asher
éditions Albin Michel



"Elle est morte
Pour treize raisons.
Tu es l'une d'elles."

Hannah Baker est morte. Elle a avalé des cachets et s'est endormie pour ne plus jamais se réveiller. Pourtant, quelques temps après son suicide, un garçon de sa classe nommé Clay reçoit un colis contenant sept cassettes. Sur ces cassettes, la voix d'Hannah explique pourquoi elle a décidé d'en finir et comment treize raisons l'ont poussée à se suicider. Plus précisément, les personnes qui ont reçu les cassettes sont ceux qui l'ont conduite à cet acte final. Avec horreur, Clay écoute ainsi l'histoire d'Hannah dans l'attente d'entendre son nom et d'apprendre quel a été son rôle dans le drame...

C'est pas franchement une histoire gaie et il vaut mieux éviter de la mettre entre les mains d'une adolescente suicidaire. En revanche, Treize raisons est un roman original, tant au point de vue du fond que de la forme. D'un point de vue formel pour commencer, nous alternons la narration de Clay (écrite à la première personne) avec la narration "enregistrée" de l'héroïne, ce qui donne au récit un rythme hâché, un peu perturbant au début, mais qui établit de la sorte une dynamique à l'intérieur du roman et permet tout autant à Clay qu'à Hannah d'être les héros de l'histoire. Quant au contenu, j'ai apprécié la sobriété du livre sur un sujet aussi casse-gueule que le suicide. Il aurait été facile de sombrer dans le larmoyant. Jay Asher ne tombe pas dans le piège. Tout comme Eugenides dans Virgin Suicides, il ne voit pas le suicide comme le résultat d'un traumatisme, mais comme celui de petites fissures qui, à force de se multiplier, entraîne la destruction de l'édifice. C'est un effet boule de neige que l'auteur traite avec simplicité en évoquant sans mièvrerie inutile (bon de temps en temps ça glisse très légèrement vers le sentimental mais c'est un roman pour ados en même temps) le quotidien d'une adolescente que la trahison, les petites mesquineries et, surtout, le poids des rumeurs ont détruite.  Au demeurant, il n'y a pas vraiment de morale (et c'est tant mieux), l'auteur invitant seulement le lecteur à se souvenir qu'une décision ne tient quelquefois qu'à un fil; un sourire, un geste un regard (c'est beau ce que je dis là) ... Le tout étant de se souvenir qu'il vaut mieux réagir avant qu'il ne soit trop tard et que le bruit des pas que vous entendez devant vous ne s'éloignent à jamais...

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Published by beux - dans Jeunesse
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commentaires

inkan 01/04/2010 15:30


Le film non, bien qu'il tourne autour du théme du suicide. En revanche le scénariste/réalisateur (20 ans à l'époque!)a dit avoir créé ce film pour exorciser une expérience similaire. Peu de temps
aprés le suicide d'un ami, il avait reçu une vidéo dans lequel il lui expliquait pourquoi il allait mettre fin à ses jours. Comme on peut l'imaginer, ça l'avait quelque peu marqué ^^


beux 01/04/2010 20:33



J'imagine!



inkan 31/03/2010 09:49


Trés belle présentation, même si ça n'est absolument pas mon type de livre, ça donne envie de s'y plonger : )

La trame m'a rappelé la "petite histoire" cachée derriére le film 2h37 de Murali K. Thalluri.


beux 31/03/2010 19:31



Je ne connais pas du tout. C'est le même genre d'histoires?