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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 16:53

L02.jpgL'année brouillard

Michelle Richmond

éditions Pocket

 

 

Abby, jeune photographe de trente-deux ans, n'avait jamais réellement songé à fonder une famille. Mais un jour, son chemin croise celui de Jake, un professeur divorcé, et de sa fille, Emma, six ans. Elle tombe aussitôt sous le charme des deux et est bien déterminée à devenir une épouse et une belle-mère idéale. Mais un jour brumeux quelques mois avant le mariage, seule sur une plage avec Emma, son attention est détournée par un bébé phoque mort sur le sable. Lorsqu'elle se retourne à nouveau. La petite fille a disparu. Les événements tournent alors au cauchemar. L'enfant s'est-elle noyée, a t-elle été enlevée? Les secours s'organisent, mais devant l'absence de preuves matérielles, tous renoncent peu à peu, y compris Jake. Emma s'est tout simplement évaporée. Seule Abby persévère, fouillant la ville et sa mémoire, à la recherche du moindre indice qui lui permettrait de retrouver la fillette vivante et de mettre ainsi un terme à son chagrin et à sa culpabilité.

Narré à la première personne du singulier l'année brouillard fait partie de ces livres dont l'objectif premier est de tirer des larmes aux ménagères sensibles. Une jolie petite fille qui disparaît, une femme perdue dans la brume et dans ses doutes qui essaie de comprendre comment et pourquoi cette enfant a disparu, un couple dont le quotidien tourne à l'enfer, des questions sans fin.... C'est sans doute le principale reproche que je ferai à ce roman, le côté convenu et un brin larmoyant de l'histoire. L'auteur pouvait se contenter du thème de l'enfant disparu, pourquoi donc a t-elle voulu en rajouter en évoquant l'enfance difficile de l'héroïne ou une réflexion plus ou moins bancale sur la mémoire et la photographie et le temps qui passe et on ne se baigne jamais dans les mêmes eaux pour ça oui ma bonne dame? Pour le coup tout ça fait un peu cliché, de même que la relation idyllique qui unit Abby à Emma et à son père, ou encore le portrait féroce de la mère biologique qui a déserté le domicile conjugal. En fait de subtilités, on a vu mieux. C'est dommage car l'intrigue principale, le quotidien d'une femme qui essaie de retrouver sa presque fille, est en revanche, très réussie. Abby multiplie les recherches, tente désespérement de se souvenir, hante la plage maudite, cherche à comprendre, lance des appels à la télévision, distribue des prospectus, affronte la pitié ou l'indifférence des autres.... Pour le coup, le personnage est très réussi, l'auteur parvenant à pointer toutes les contradictions d'une héroïne dont la force est un profond entêtement: "Je sais que je n'étais pas douée d'un talent indiscutable. Mon art a toujours été d'une autre nature: une détermination indéfectible. Avant, c'est toujours comme ça que j'y suis arrivée. Je pensais que ça marcherait aussi cette fois-ci, que si j'étais assez déterminée, aussi longtemps qu'il le fallait, je la trouverais."  Un véritable acte de foi face à l'horreur de l'absence et du doute. Ainsi si l'année brouillard  n'échappe pas aux longueurs, si le style est souvent maladroit et les personnages secondaires sans intérêt, il est difficile de commencer le livre sans avoir envie de connaître la fin, ne serait-ce que pour savoir si l'entêtement de l'héroïne a payé...

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

Harry Chipoteur 18/01/2011 01:03


"a t'elle été enlevée", "a t'elle voulu en rajouter"... Normalement, l'apostrophe (le signe ') signifie que le t est la réduction d'un tu. Ce qui n'est pas le cas ici : le t est de pure
euphonie, donc il s'écrit : -t-
(a-t-elle été enlevée... a-t-elle voulu...)
Vos critiques sont toujours aussi précises et vivantes.


beux 18/01/2011 20:27



Corrigé!



luxsword 13/01/2011 18:20


Je sais ! En fait, tout cela n'était qu'un rêve ! ^^


luxsword 10/01/2011 18:25


Elle la retrouve, alors ? ^^


beux 12/01/2011 19:47



Euh j'ai pas le droit de le dire sous peine de me faire tuer par mes collègues qui ne l'ont pas encore lu...