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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 21:09

L08.jpgDocteur Sleep

Stephen King

éditions Albin Michel

2013

 

Comme la plupart des fans de Stephen King, j'étais impatiente de découvrir Docteur Sleep, la suite officielle de Shining, l'un de mes livres fantastiques préférés étant ado. Que dire? Ma déception a été à la hauteur de l'attente.

Trente-cinq ans se sont écoulés depuis la destruction de l'Overlook et Danny Torrance, notre héros, a bien grandi. Tout comme son père, il est devenu alcoolique, en partie pour échapper aux fantômes du passé. Mais son arrivée dans une petite ville du New Hampshire le pousse à changer de vie :  il devient sobre, s'inscrit aux AA et se sert de ses dons pour accompagner les mourants en douceur dans l'autre monde... Tout se passerait bien pour lui si bientôt sa route ne croisait pas une adolescente, Abra. Tout comme lui, Abra est dotée de pouvoirs étranges, des pouvoirs qui malheureusement attire à elles des vampires d'un genre un peu particulier, des hommes et femmes qui se nourrissent du Don.

Il y a tous les ingrédients du Stephen King traditionnel; des enfants aux pouvoirs paranormaux, des héros un peu largués, des petites villes au fin fond des Etats-Unis, des flash-backs... mais ça ne marche pas. Vraiment, vraiment pas. Ce qui faisait la force de Shining, de Salem ou encore plus récemment de Dôme, c'est ce huis-clos angoissant que notre auteur parvenait à générer et la confrontation de différents personnages qui tournait rapidement au désastre. Les héros se retrouvaient livrés à eux-mêmes et à leurs démons. Là, rien de tel puisque Docteur Sleep a une narration qui s'étend aussi bien dans le temps (entre le début du roman et sa fin il s'écoule quand même quinze ans) que dans l'espace (le Noeud vrai sillonne les Etats-Unis, Danny voyage). L'action est diluée, l'effet d'étouffement manque et le lecteur rapidement s'ennuie. L'héroïne est une tête à claques et les grands méchants ne présentent absolument aucun intérêt : en dépit de leur statut de quasi-immortels, ils se comportent ni plus ni moins comme des humains. On est bien loin des fantômes de l'Overlook, des vampires de Salem, des clowns tueurs ou des infirmières givrées. Quant à Danny... C'était pour le coup une bonne idée d'en faire un alcoolique mais loin de partir dans cette direction et de construire une intrigue basée sur la face sombre de son personnage, Stephen King préfère s'en détourner presque immédiatement pour repartir sur une intrigue vue et revue, de même qu'il n'insiste pas assez à mon sens sur son métier officieux de "Docteur Sleep", idée que je trouvais pour le coup assez poétique. Pas une seule fois je n'ai ressenti la petite angoisse que je ressentais autrefois quand je lisais Salem ou ça et que j'ai ressenti encore un peu en lisant Dôme. En revanche, n'ayant pas pu entrer dans la narration, j'ai donc pu tout à loisir retrouver des "tics"d'écriture de King qui sont franchement agaçants quand justement on n'est pas pris par l'histoire: les parenthèses pour finir des phrases ou représenter des pensées, les interruptions, les flash-backs en italique... Bref, un joli fiasco qui me ferait presque regretter que le petit Danny ne soit pas mort trente-cinq auparavant.

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Published by beux - dans Fantastique
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commentaires

Duma 27/01/2014 15:21

Quel dommage! Je me demandais si la suite en valait le coup maintenant j'ai des doutes. Je vais certainement l'emprunter plutôt que l'acheter.
Merci pour votre avis.

beux 29/01/2014 21:33



Mauvaise idée effectivement. Ceci dit, en lisant les commentaires sur Internet, je me suis rendue compte que beaucoup de personnes avaient bien aimé; j'avoue je ne comprends pas pourquoi. Si vous
avez aimé n'hésitez pas du coup à revenir m'en parler...