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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 10:24

L01.jpgL'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage

Haruki Murakami

éditions Belfond

2013

 

Au lycée, ils étaient inséparables, comme les cinq doigts de la main. Ils faisaient tout ensemble et partageaient tout. Deux filles et trois garçons. Presque tous avait une couleur dans leur nom : il y avait les filles, Blanche et Noire, les garçons Bleu et Rouge. Et il y avait Tsukuru, l'incolore. Tsukuru c'est également le seul à être parti de Nagoya pour aller faire ses études à Tokyo, le seul à s'être éloigné du groupe, même s'il revenait les voir lors des vacances scolaires. Jusqu'au jour où ses amis l'ont rejeté sans la moindre explication. Une séparation qui l'a anéanti. Pendant des mois, Tsukuru est devenu un fantôme et a côtoyé les portes de la mort, privé des êtres qui lui étaient les plus chers au monde. Seize ans plus tard, la blessure est toujours vive, aussi lorsque la pétillante Sara entre dans sa vie, elle le presse de retrouver ses amis pour avoir enfin des réponses à ses questions. La quête de Tsukuru peut commencer...

Après le décevant 1Q84, Murakami renoue avec le style qui lui est propre, ce mélange de poésie, de musique et d'introspection ponctuée d'une touche de fantastique. D'entrée de jeu le lecteur est porté par cette histoire curieuse, celle d'une amitié forte qui, du jour au lendemain, a pris fin sans qu'on sache pourquoi. Murakami met en scène un héros peu conventionnel : Tsukuru est un être silencieux comme une ombre, un homme qui se sent vide, incolore, et qui ne trouve de joie que dans la construction de gares. Sa vie se résume à regarder passer des trains, jolie symbolique d'une vie vécue en spectateur. Il est difficile de ne pas s'y attacher, tout comme il est difficile de ne pas s'interroger sur les motifs qui ont poussé ses amis à l'exclure. De fait, le livre se présente un peu comme une intrigue policière, une suite de rencontres fortes qui conduisent tout doucement notre héros à une vérité plus ou moins étrange. En revanche, c'est du Murakami, aussi, comme bon nombre de ses livres, l'intrigue s'achève plus ou moins en queue de poisson, laissant bien des zones dans l'ombre et bien des interrogations dont quelques-unes à mon avis auraient quand même mérité d'être résolues... L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage reste néanmoins, malgré quelques dialogues un peu artificiels, une très belle réflexion sur l'amitié et l'amour et l'ombre et la lumière qui est en chacun de nous. Il laisse à la fin de la lecture un sentiment doux-amer et dans la tête la très jolie musique du Mal du pays de Liszt qui nous rappelle qu'au fond, nous sommes tous d'une façon ou d'une autre des déracinés...

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

Nénène 04/12/2014 13:42

C'est malin, j'ai envie de le lire maintenant, et j'ai pas un rond. Je ne te félicite pas :D

beux 05/12/2014 11:02



Ah ah! En plus je suis sûre que tu as encore douze livres de retard à lire!