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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 11:32

L05.jpgNos ancêtres les Gaulois et autres fadaises

François Reynaert

éditions Le livre de Poche

2010

 

Nous avions parlé il y a peu de l'Orient mystérieux et autres fadaises que j'avais beaucoup apprécié. Alléchée par cette lecture, je me suis décidée à me plonger dans le premier livre d'histoire de François Reynaert, Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises. Autant vous le dire tout de suite : si j'avais commencé par celui-ci, je n'aurais vraisemblablement jamais ouvert le second (ce qui aurait été ceci dit ma foi bien dommage).

Dans cet ouvrage, François Reynaert se propose de mettre à bas tous les clichés de l'histoire de France pour la raconter de la façon la plus objective possible : Jeanne d'Arc n'était pas la seule héroïne de son époque, Napoléon n'était pas un grand homme, la première guerre mondiale n'avait rien de noble, le Moyen-Age n'était pas une époque aussi obscure qu'on le croit de même que la Renaissance avait ses parts d'ombre, l'idée même de nation est une invention toute récente, etc.

L'idée était bonne... et à mon humble avis voué à l'échec. Quand il parle de l'Orient, François Reynaert a très probablement un regard plus neutre que lorsqu'il parle de la France. Mais, qu'il le veuille ou non, en parlant de son pays, l'auteur est forcément subjectif et cette subjectivité se retrouve tout le long de son récit ; si vous aviez un doute sur les positions politiques de notre homme, vous n'en avez plus à la fin de Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises. En soi, ça ne me dérange pas mais pour quelqu'un qui prétend réécrire l'histoire en toute neutralité je trouve ça un peu dérangeant : reconnaissons-lui ceci dit ce mérite, François Reynaert s'attarde très peu sur l'époque actuelle, par peur sans doute de perdre cette sacro-sainte objectivité (je ris) qui le caractérise. Pour en revenir au texte, je ne suis pas non plus séduite par une succession de chapitres assez confus qui fait la part belle aux considérations théoriques mais s'intéresse au fond peu aux faits. La seconde guerre mondiale est survolée, l'auteur, même s'il s'en défend, tombant dans le cliché du méchant collabo et des gentils résistants; la révolution française est abordée avec beaucoup de précautions... L'histoire la plus ancienne est finalement la plus intéressante, l'auteur rappelant intelligemment qu'à cette époque la notion de nation n'existait pas vraiment et mettant en garde contre les anachronismes. Pour le reste... voilà quoi, bof. Je ne suis pas franchement convaincue. Je m'interroge sur la finalité du livre: était-ce en réaction au livre de Lorent Deutsch, Metronome, tout aussi médiocre que celui-là mais avec des sympathies politiques de toute évidence complètement opposées ? Tous les deux après tout ont en commun une chose: ils ne sont pas historiens, mais leurs ouvrages ont pourtant très bien marché. Voilà de quoi laisser songeurs... et un peu inquiets.

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Published by beux - dans Histoire
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