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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 14:59

L02.jpgLe Neveu de Rameau

Denis Diderot

éditions Livre de Poche

 

Oui, pas la peine de chipoter: non effectivement, Diderot ne fait pas partie des auteurs du 19ème siècle et la logique voudrait qu'on n'en parle plus. Mais Le neveu de Rameau est un texte publié de façon posthume et, à ce titre, les 1001 livres le classe dans les oeuvres incontournables de cette époque. Donc, parlons-en.

La scène se passe dans un café parisien, fréquenté essentiellement par des joueurs d'échecs. Le narrateur, un "moi" derrière lequel se cache l'auteur, s'entretient avec le neveu de Rameau, le célèbre musicien. "Lui", le neveu, n'a rien d'un être de génie, se définissant lui-même comme un médiocre, mais son intelligence n'a d'égal que sa moralité des plus douteuses. Rameau est un vaurien sans scrupules qui ne croit guère qu'au pouvoir de l'argent et qui considère les hommes avec cynisme, les voyant comme des marionnettes soumises au bon vouloir d'hommes plus puissants. "Moi", le philosophe désapprouve sa conduite légère. Le dialogue est moins un échange qu'une passe d'armes entre deux personnages et l'occasion pour Diderot de mettre à face-à-face deux conceptions opposées du libertinage, tout en égratignant quelques-uns de ses contemporains au passage. C'est aussi l'occasion pour l'auteur d'exprimer sa pensée sur la musique, seul sujet sur lequel "lui" et "moi" sont en harmonie...

J'avais déjà lu Le neveu de Rameau dans le cadre de mes études et j'en ai déjà fait des dissertations et des analyses de texte aussi, vous ne m'en voudrez pas si je fais court aujourd'hui. Rien à dire, le style de Diderot est brillant, le ton est féroce et le dialogue ponctué par la pantomime constant du neveu est un régal littéraire. Les sujets abordés sont des brûlots pour l'époque, la forme du récit est original... Voilà, après le texte est dense, fourmille de références diverses et variées et, surtout, se lit plus à mon sens comme un essai que comme un roman. Si le neveu a un côté canaille qui fait rire, le "moi" pontifiant et plein de principes est plus ennuyeux. N'allez pas hurler: oui, je sais que Le Neveu de Rameau est un chef-d'oeuvre, un brillant exercice de style, etc. Mais, pour tout vous dire, ça ne me parle pas. Il en est comme pour Candide de Voltaire: je reconnais les mérites de l'écriture mais je n'y accroche pas. Je lis le début avec plaisir, je comprends les implications mais, petit à petit, l'entrain s'essouffle et je quitte le texte aussi soulagée que j'étais contente d'y rentrer... Le 18ème et moi ne seront définitivement jamais bons amis...

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Published by beux - dans Classiques
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