Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 11:54

L02.jpgL'écorchée

Donato Carrisi

éditions Calmann-Levy

2013

 

Il y a de cela quelques années est sorti un roman policier dont nous avons déjà parlé ici, Le chuchoteur. Un livre plutôt sympa et qui avait fait l'unanimité malgré un style de qualité médiocre. Aujourd'hui, l'auteur revient sur le devant de la scène avec la suite, L'écorchée.

Sept ans se sont écoulés depuis l'affaire du chuchoteur. Mila Vasquez a fait désormais le choix de travailler au bureau des personnes disparues. Elle essaie de retrouver ces hommes, femmes et enfants qui, un jour, semblent s'être volatilisé de la surface de la terre, certains depuis des années. Un travail qui convient parfaitement à son tempérament solitaire et à son incapacité totale à ressentir des émotions. Mais, un jour, son ancien collègue, Boris, vient la sortir de sa retraite : une famille entière à l'exception du plus jeune s'est fait fait massacrer et le meurtrier n'est rien d'autre qu'un des disparus de notre héroïne. Mila se lance dans l'enquête, aidée officieusement par Simon Berish, un paria de la police...

Donato Carrisi m'avait un peu déçue avec son dernier livre Le tribunal des âmes, aussi c'est avec beaucoup de précautions que j'ai abordé L'écorchée. Il faut être honnête : Donato Carrisi est loin d'avoir un beau style et il écrit même plutôt mal. Déjà, dans Le chuchoteur, tout l'intérêt du roman résidait dans l'intrigue mais une intrigue qui pour le coup était particulièrement soignée et prenante. Avec l'écorchée, le risque majeur était de faire du réchauffé, l'effet de surprise étant passé. De fait, le livre est un semi-échec : le personnage de Mila est intéressant mais sonne un peu creux. Présentée comme un être dépourvu de sentiments par l'auteur, cette particularité ne saute pas immédiatement aux yeux du lecteur qui la voit plutôt comme un personnage usé par la vie mais pas inhumain. Quant au personnage de Berish, il aurait gagné à être développé. L'intrigue a de plus effectivement un petit goût de déjà-vu, avec des retournements de situations, des protagonistes qui ne sont pas ce qu'ils devraient être et des indices un peu tirés par les cheveux. Ceci dit, je ne dirais pas que j'ai détesté L'écorchée. J'ai lu le livre assez rapidement ce qui tend à prouver que l'intrigue n'est pas si mauvaise que ça puisque je voulais vraiment connaître la fin (quand vous ne terminez pas un roman policier ou que vous traînez, un indice : c'est vraiment un très mauvais roman). De plus, l'auteur s'intéresse à un phénomène qui nous fascine tous, celui de ces personnes disparues qui, au fond, avait déjà disparu bien avant qu'on le signale: marginaux, adolescents fragiles, vendeuses anonymes, femmes battues...toutes ces ombres que Donato Carrisi s'emploie à nous décrire succintement mais qui, confondus,  finissent par prendre plus d'importance que les personnages principaux. Un joli tour de force qui fait pardonner beaucoup de choses.

Partager cet article

Repost 0
Published by beux - dans Polar
commenter cet article

commentaires