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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 10:21

L03.jpgScènes de la vie d'un propre à rien

Joseph von Eichendorff

éditions Libretto

1826

 

Dans un petit village allemand, près du moulin de son père, un jeune homme rêvasse paisiblement en contemplant la nature qui s'éveille d'un long hiver. Mais le meunier n'a que faire d'un fainéant et envoie son propre à rien de fils parcourir le vaste monde. Sitôt dit, sitôt fait : notre héros s'exécute et, sans rien d'autre que son violon sous le bras, se lance dans une aventure qui l'emmènera jusqu'en Italie et lui fera rencontrer peintres et nobles, soubrettes et villageois... Situations cocasses et romances sont au rendez-vous.

Quiproquos, rebondissements, intrigues tortueuses et chansons rythment ce court roman considéré par beaucoup comme la dernière oeuvre majeure du romantisme allemand. De fait, j'ai trouvé que le romantisme était ici plus qu'affaibli; hormis les très belles descriptions d'une nature célébrée à travers les chansons du narrateur, on ne retrouve guère dans Scènes de la vie d'un propre à rien tout ce qui fait la spécificité du genre que sous une forme atténuée, allégée. Le narrateur a beau clamer sa souffrance à la lune et aux étoiles, les situations grotesques et invraisemblables dans lesquelles il se retrouve en font surtout un personnage comique. L'histoire d'amour qu'il vit avec une belle et inaccessible inconnue est également loin d'avoir la profondeur et la gravité de celles que l'on retrouve dans les oeuvres de Goethe. Aussi, si j'ai apprécié le style léger d'Eichendorff, à mille lieux de l'emphase pompeuse d'un Novalis, j'aurais aimé je l'avoue, un peu plus de consistance à une histoire qui en manque cruellement et qui s'apparente plus à mon sens à une opérette : c'est distrayant, amusant, les rebondissements sont multiples, mais le le lecteur à aucun moment n'est vraiment touché ou ému, se contentant de suivre les pérégrinations d'un héros volatile. Fantôme du romantisme allemand, Scènes de la vie d'un propre à rien en est un peu le chant du cygne: j'avoue que pour ma part, j'en suis soulagée.

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Published by beux - dans Classiques
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