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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 10:36

L02.jpgL'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Romain Puértolas

éditions Le Dilettante

2013

 

Ajatashatru Lavash Patel est un fakir indien fraîchement débarqué en France pour une seule et unique raison : visiter le magasin Ikéa le plus proche de l'aéroport et repartir avec le dernier modèle de lit à clous, le tout avec un faux billet de cent dollars imprimé sur une seule face. Vaste et ambitieux programme mais Ajatashatru Lavash Patel plus qu'un fakir est surtout un escroc qui maîtrise à merveille l'art de la supercherie et de l'arnaque. Cependant, des événements inattendus viennent mettre à mal son plan ingénieux. Après être tombé amoureux d'une jolie française rencontrée dans la file d'attente du restaurant du magasin, notre héros se retrouve coincé durant la nuit dans une armoire Ikéa en partance pour le Royaume-Uni. Ajoutez à cela un chauffeur de taxi floué qui a juré de le traquer jusqu'au bout du monde, des clandestins africains, une jolie actrice française, des contrebandiers libyens... La vie de Ajatashatru se complique considérablement mais toutes ces péripéties ainsi qu'un voyage qui le mènera jusqu'en Libye va lui faire comprendre à quel point son existence a été futile jusque là...

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa bénéficie de trois atouts pour être populaire : sa couverture jaune flashy qui attire immédiatement l'oeil, son titre à rallonge absurde qui suscite la curiosité et, enfin, un ton humoristique qui ne peut que plaire à l'heure où les livres drôles ne sont pas légion. Personnellement, il n'est pas sans m'avoir fait penser quelque peu au Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire : l'auteur met en scène un personnage atypique qui, à la suite d'événements aussi délirants qu'inattendus, se retrouve embarqué presque malgré lui dans une aventure dont il ignore tout du dénouement. C'est amusant et j'ai souri plusieurs fois grâce à des personnages comme l'improbable gitan chauffeur de taxi ou le directeur du magasin Ikéa. L'ensemble est léger même si certains running gags finissent par être lassants : les noms indiens imprononçables, les jeux de mots sur les vaches sacrées... Ceci dit, je l'avoue, ce qui m'a le plus gênée, ce sont les bons sentiments. Il y en a à la pelle dans ce récit : le fakir arnaqueur comprend qu'il est plus glorieux de faire plaisir aux gens que de les dépouiller, son amoureuse Marie prend conscience qu'il est plus gratifiant de se lancer dans une longue histoire d'amour que dans des aventures d'un soir. Personne n'est vraiment méchant, les bons finissent presque toujours par s'en sortir et le récit s'achève sur un Happy End dégoulinant de sucre. Dommage, car l'auteur est plus convaincant lorsqu'il fait preuve d'humour ou de cynisme, notamment lorsqu'il évoque le sort de ces immigrés clandestins que les pays européens se balancent mutuellement pour s'en débarrasser. L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa est loin d'être un mauvais livre : c'est facile et agréable tout en étant distrayant. Justifie-t-il pour autant un tel succès comparé par exemple aux livres de Lalumière chez le même éditeur? Voilà pour le coup ce dont je suis loin d'être convaincue.

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Published by beux - dans Roman
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commentaires

Dr Orlof 24/11/2013 13:43

Lu ! Plutôt d'accord avec toi dans l'ensemble. C'est amusant et agréable mais moins piquant que les livres de Lalumière. Et les "bons sentiments", nous sommes aussi sur la même longueur d'ondes
(mais pour moi, les personnages de clandestins participent à ces bons sentiments).

beux 28/11/2013 10:45



Oui, c'est vrai que les personnages de clandestins sont parfois un peu too much aussi... Ceci dit, j'ai été assez touchée par ce personnage que l'auteur aide à embarquer en Libye en lui donnant
de l'argent et qui au final meurt dans un naufrage... En tous cas cas me voilà rassurée : ce n'est pas moi qui suis devenue cynique.