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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 18:54

L08.jpgAnton Reiser

Karl Philipp Moritz

éditions Fayard

(1785)

 

 

Il m'a fallu du temps pour me remettre de la lecture des 120 jours de Sodome mais ça y est, me revoilà prête à vous parler de nouveau des 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie. Passons de la sulfureuse France du 18e siècle à la passionnée Allemagne...Pas sûre qu'on y gagne au change.

Anton Reiser, oeuvre parue pour la première fois en 1785, met en scène Anton, un jeune homme de condition modeste élevé dans une piété austère. Le garçon est intelligent mais émotionnellement  instable. Promis à une situation peu enviable, il attire l'attention de riches protecteurs grâce à son esprit et peut entamer des études. Mais sa pauvreté et sa dépendance vis-à-vis des puissants empoisonnent son existence. Tiraillé entre des sentiments contradictoires, une passion du romanesque et du théâtre, sa timidité et son orgueil, Anton se bat contre tous les obstacles, réels ou imaginaires, humiliations et railleries, et échoue finalement à trouver ce qu'il cherchait: le bonheur.

Très largement inspiré par l'expérience de son auteur, le malheureux Karl Philipp Moritz, contemporain et ami de Goethe, Anton Reiser doit beaucoup à Rousseau et à ses Confessions au niveau du style et du sujet. Il s'agit pour l'auteur de présenter au mieux un héros, ses forces et ses faiblesses et de le décrire dans toute sa vérité. Anton est un personnage de ce fait qui paraît terriblement humain puisqu'il nous est présenté sans fard: prétentieux mais intelligent, sensible mais fier et surtout... très jeune. Anton rêve de liberté et d'aventures mais doit vivre de la charité des autres. Il aimerait être un grand et se retrouve sans cesse rabaissé... La psychologie du héros est très bien rendue et certains passages sont particulièrement intéressants car, tout comme ceux de Rousseau, ils mettent en situation certaines scènes et certains sentiments qui sont rendus avec une telle exactitude que l'auteur semble les avoir vécus lui-même.

Mais après... et bien c'est très inégal et c'est long. Quelques pointes de poésie ou de justesse ne peuvent racheter un roman qui se perd dans les états d'âme de son héros et qui fait traîner une intrigue... euh quelle intrigue d'ailleurs? N'est pas Rousseau ou Goethe qui veut et le pauvre Moritz, guère plus vieux que son personnage (il n'aura pas la chance de mûrir d'ailleurs puisqu'il mourra avant ses quarante ans) échoue à donner vie à un récit bâtard, hésitant entre romantisme et psychologie. Le lecteur peut être intéressé, il n'est pas touché par les mésaventures de Anton, à moitié poète et comédien, à moitié génie et à moitié homme de rien, héros inabouti qui voulait toucher les étoiles et qui s'est retrouvé à terre... 

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Published by beux - dans Classiques
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