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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 11:11

L01.jpgLe Fléau

(3 volumes)

Stephen King

éditions J'ai Lu

 

Nous avions déjà parlé de Stephen King avec la série Dôme mais il est temps de revenir à ses oeuvres de jeunesse qui, à mon sens, sont tout de même ses meilleures. Ou peut-être est-ce ma nostalgie qui parle, car pratiquement tous les ouvrages de Stephen King à ses débuts font partie de mes livres doudous: Shining, Charlie, Salem, ça (si vous ne devez lire qu'un livre de Stephen King, lisez ça), Misery, et, celui dont nous allons parler  aujourd'hui, Le Fléau.

Nous sommes en 1990. L'été s'annonce chaud. Dans le Maine, Fran Goldsmith, vingt ans, se demande bien comment annoncer à sa mère qu'elle est enceinte et qu'elle ne veut pas épouser le père; A New York, Larry Underwood, chanteur d'un seul tube, revient chez lui pour échapper aux parasites qui lui tournent autour depuis sa célébrité; en Arizona, Lloyd Heinreid, auteur d'un braquage raté, se fait arrêter par la police; dans l'Arkansa, Nick Andros, jeune sourd muet en vadrouille, se fait attaquer par des voyous.... Tous ces gens vivent leurs petites vies en ignorant que bientôt, tout va changer: dans le Texas, Stuart Redman assiste à un accident et aide à secourir le blessé... Il s'appelle Charles Campion et, dans sa voiture, transporte une femme et une enfant décédées. Lui-même meurt bientôt de ce qui semble être une très mauvaise grippe. Or, cette grippe est extrêmement contagieuse et, bientôt, contamine 90% de la population. Personne n'en réchappe et, pour les survivants, le cauchemar commence...

Le Fléau réunit à mon sens tout ce qu'il y a de pire et de meilleur dans l'écriture de Stephen King. Commençons par le pire: la longueur de l'ouvrage (l'auteur lui-même reconnaît dans sa préface avoir souvent été accusé de "diarrhée verbale") qui crée parfois un léger sentiment d'ennui au début et retarde la mise en place de l'histoire. Le Fléau est également très empreint de mysticisme et de religion puisqu'il s'agit au fond d'opposer Dieu (représenté par mère Abigail) au Diable (représenté par l'homme noir, Randall Flagg). Or, même moi qui suis pourtant croyante, j'ai trouvé la démonstration des plus lourdes. Ceci dit, Le Fléau demeure quand même l'un de mes ouvrages préférés de King à cause de son ambiance "fin du monde" particulièrement prenante et que l'auteur parvient à rendre par le biais des villes jonchées de cadavres et des maisons abandonnées. Stephen King pousse son raisonnement jusqu'au bout, explore toutes les facettes de la maladie et de ses conséquences et ne nous épargne ni les descriptions cliniques, ni les détails les plus affreux (un survivant qui meurt bêtement d'une crise d'appendicite faute de médecin, Fran qui doit enterrer elle-même son père pour ne pas le laisser pourrir dans la maison...) De plus, il fait de l'exode des survivants un moment particulièrement réussi et déploie une palette de personnages hétéroclites qu'il se contente de téléscoper les uns les autres. Tous ses protagonistes ne sont pas convaincants; après relecture, je n'aime toujours pas le couple fadasse de Stuart et Frannie, beaucoup trop lisses à mon goût (lui le Texan silencieux, pas forcément cultivé mais plein de bonne volonté et énergique et elle, la jeune femme caractérielle et sentimentale) mais des personnages comme Harold,  Larry, Nadine ou même Lloyd, plus complexes, plus sombres aussi, sont de fait plus intéressants. Au final, on se laisse embarquer dans ce récit où tout repère de notre civilisation a disparu, où des hommes et des femmes essaient de reconstruire une société tandis que, de l'autre côté des Rocheuses, une autre société dirigée par un homme maléfique les menace silencieusement. Bienvenu dans le monde post-apocalyptique...

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Published by beux - dans Fantastique
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commentaires

Orchéon 21/04/2013 13:19

J'étais un fan inconditionnel de Mr King, jusqu'à ce que je lise Dreamcatcher. ses premiers livres(ça, simetierre, désolation, rose madder....) étaient pour moi de vrais plaisirs. j'ai réessayé
depuis avec cellular, encore déçu, du coup j'ai arrêté de lire ses nouveautés de peur de ne plus oser ouvrir un de ses livres. je préfère rester sur le plaisir que m'ont procuré et me procurent
encore ses chefs d’œuvres.
et pour en venir au fléau, j'ai beaucoup aimé.
Et en parallèle, dans le genre post-apocalyptique, Pierre Bordage est pas mal avec "les derniers hommes".

beux 26/04/2013 11:51



J'ai essayé "Cellulaire" aussi et du coup le livre m'a fait abandonner pendant longtemps Stephen King: l'auteur se contentait de repiquer tous les ingrédients qui ont fait son succès sans
chercher à y apporter du nouveau. Je crois que je n'ai même pas réussi à le finir! Ceci dit, essaie quand même "Dôme" à l'occasion, il n'est vraiment pas mal...



manicola 30/03/2013 07:06

Ah et "La route" c'est de Cormac McCarthy :)

beux 05/04/2013 20:43



Oui, enfin la "La route" dont je voulais parler J'ai naturellement associé le titre à Kerouac mais je parle bien sûr
de l'autre route, celle de Mc Carthy... (honte à moi!)


 



manicola 30/03/2013 07:04

Ah, je suis fan aussi des premiers King. Charlie, Simetierre, Cujo, Christine, CA, le Fléau, je les ai dévorés.
J'attend toujours ses sorties, même si je suis parfois déçue (mais juste un peu).
Dans le style post apocalyptique, tu as aussi Ravage de René Barjavel. Lu il y a longtemps aussi et qui m'a laissé un bon souvenir.

beux 05/04/2013 20:44



Humm, Ravage, j'ai lu mais je suis moins fan, tout comme je suis moins fan des derniers King parus (à l'exception de Dôme qui m'a bien plu...^^) Ceci dit, l'avantage de Stephen King c'est qu'il
est assez inégal, du coup il peut sortir un bon roman juste après un navet. Je n'ai pas encore tenté son dernier par contre...



Gastifles 29/03/2013 22:14

C'est très "l'apocalypse d'un point de vue pratique". C'est dans le sud ouest de la France, un petit groupe de survivant, et c'est surtout comment ils vont réorganiser leur vie : la nourriture, la
défense...

Gastifles 29/03/2013 10:25

Si tu veux un bon roman post-apocalyptique, je te conseille Malevil, de Robert Merle (évite l'adaptation ciné avec Serrault et Trintignant par contre).

beux 29/03/2013 20:56



il me semble avoir déjà essayé du Robert Merle et n'avoir pas été emballé par l'auteur. Mais ça fait bien longtemps, il faudrait effectivement que je réessaie... Sinon, il y a également "La
route" de Kerouac qui est pas mal non plus dans son genre...