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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 18:35

L01.jpgDracula

Bram Stoker

éditions J'ai Lu

 

Bon, à défaut de finir l'année avec le 18e siècle, nous allons terminer 2012 en parlant de vampires. Que ce soit clair: je ne veux pas entendre de gloussements hystériques, ni les noms de Bella ou d'Edward ou même des créatures pleurnichardes d'Anne Rice. Aujourd'hui, nous parlons d'un VRAI vampire.

19e siècle. Un jeune clerc de notaire du nom de Jonathan Harker est envoyé par son patron au coeur des Carpates pour rencontrer un certain comte Dracula. Ce dernier souhaite en effet s'installer à Londres et a besoin de Jonathan pour mettre en ordre ses affaires. Si Dracula est affable, il n'en demeure pas moins un hôte étrange. Il ne mange pas, demeure absent une partie du jour, vit sans domestiques et converse avec les loups. Jonathan ne tarde pas à se rendre compte qu'il est prisonnier du château et le jeune homme pourtant peu superstitieux découvre avec horreur que le comte est doté de pouvoirs maléfiques et surnaturels... Quelques semaines plus tard, en Angleterre, la douce Mina, la fiancée de Jonathan, sans nouvelles de ce dernier va passer quelques temps avec sa meilleure amie Lucy mais s'inquiète. En effet Lucy, également sur le point de se marier, est sujette à des crises de somnambulisme et semble souffrir d'une anémie particulièrement sévère. Son fiancé Arthur, et un ami médecin (également amoureux de la jeune fille) essaient en vain de la guérir...

Construit à partir du journal de Jonathan de Mina de Lucy ou encore du docteur Seward, de la correspondance entre les différents personnages, et entrecoupée d'articles de journaux, la narration offre une grande richesse de points de vue et permet au lecteur d'aborder toutes les facettes de l'intrigue. Mieux encore, elle permet au comte Dracula de revêtir plusieurs aspects: vieillard inquiétant pour Jonathan, dangereux séducteur pour Mina et Lucy, monstre sanguinaire pour Van Helsing... Le personnage change de visage tout au long de l'histoire et cette mobilité en fait un être inquiétant car indéfinissable. On peut être un peu désarçonné par l'aspect très sec, quasi scientifique de l'écriture. En effet, tous les personnages à l'exception de Lucy sont des êtres rationnels, dénués de superstition et leurs écrits sont de ce fait empreints de la même rigueur. Mais, c'est justement de ce décalage entre le style clinique et les événéments surnaturels relatés que naît le fantastique. Il faut noter aussi l'érotisme omniprésent du livre: Dracula ainsi que ses "épouses" sont décrits comme des êtres d'une sensualité troublante et la jolie héroïne pure devient une créature perverse et voluptueuse une fois transformée en vampire. Chez Stoker, la sexualité à l'instar du vampire est diabolisée tout en exerçant une certaine fascination. Bref, est-il besoin d'en rajouter? Dracula n'a pas créé la légende vampirique mais l'a rendue populaire, générant des adaptations et des descendants plus ou moins réussis. Si je n'apprécie guère le caractère trop lisse des protagonistes, je ne peux en revanche qu'être impressionnée par la maîtrise de Stoker et par son don pour la description inquiétante d'un château perdu au fin fond des Carpates et entouré par les loups, d'une jeune fille en chemise de nuit errant au clair de lune, d'une silhouette d'homme penché au-dessus de sa victime. Laissez tomber Twilight par pitié. Les vampires de Stoker ont quand même plus la classe...

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Published by beux - dans Fantastique
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commentaires

dasola 11/08/2013 19:42

Rebonsoir, je n'ai pas du tout l'intention de lire Twilight mais j'avoue que Dracula de Bram Stocker est un roman poussiéreux et assez ennuyeux. Désolé. Bonne soirée.

Orchéon 11/01/2013 17:51

Je me rappelle l'avoir dévoré, j'étais tombé tout de suite sous le charme de ce livre. effectivement, on ne peut que le recommander.

beux 13/01/2013 14:15



Un classique du genre...



Etienne 02/01/2013 10:12

Merci de replacer la légende vampirique à sa juste place pour clore l'année 2012 ! Le genre a été usé jusqu'à la corde depuis Twilight, quel bonheur de revenir aux classiques.

beux 04/01/2013 20:30



Et quel classique!