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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 19:41

L02.jpgLe monde de Charlie

Stephen Chbosky

éditions Sarbacane

 

"Si c'est à toi que j'écris, c'est à cause de cette fille, qui a dit que tu savais écouter et comprendre (...) Cherche pas à savoir qui c'est, la fille, sinon tu pourras deviner qui je suis et j'en ai franchement pas envie. Je ne veux pas que tu me retrouves (...) J'ai juste besoin de savoir que quelqu'un m'écoute et me comprend."

 

Charlie est un garçon en première année de lycée, un peu marginal, qui se sent seul depuis le suicide de son ami Michael. Aussi, il décide d'écrire à un garçon anonyme dont il a entendu parler et à qui il entreprend de raconter ses journées. Drôle d'idée mais Charlie est un drôle d'adolescent: il pleure énormément, il lit beaucoup, il semble un peu retardé en ayant pourtant des notes brillantes, à la fois curieusement enfantin et profondément mature. La chance va lui sourire puisqu'il va se lier d'amitié avec deux élèves de terminale: Patrick, un drôle de phénomène lui aussi, et la jolie Sam dont il tombe immédiatement amoureux... Commence alors pour Charlie une vie ponctuée par les fêtes, la drogue et la musique...

Le monde de Charlie est un livre qui peut d'abord agacer car il pioche sans vergogne dans tous les bons vieux poncifs de la littérature adolescente; presque tous les thèmes de société sont abordés: enfants battus, sexe, drogue, alcool, avortement, suicide... On parle aussi des bons vieux livres qu'il est de bon ton d'avoir lu: L'attrappe-coeur ou encore Sur la route et on fait l'apologie de valeurs comme l'amitié ou la soif de connaissances. OK. Passé ces aspects horripilants du livre, l'histoire est intéressante et tient surtout à la personnalité de Charlie, le narrateur. Charlie parle beaucoup, parle de ses amis, de sa famille, mais ce qui est intéressant, c'est ce qui ressort de ces lettres à sens unique, le caractère assez curieux du personnage; son style traduit un garçon un peu enfantin, un adolescent très affectueux, presque amoral, qui ne porte quasiment jamais de jugement de valeur. Peu à peu, quelques sous-entendus trahissent un personnalité mentalement perturbée, un caractère à la fois doux et violent, il mentionne l'air de rien un passé psychiatrique... En fait, l'intrigue tient moins dans ce que Charlie dit que dans ce qu'il ne dit pas, dans ces phrases placées là comme par hasard entre deux récits de fêtes: "J'ai parlé du livre à mon psy, et aussi de Bill, de Sam et de Patrick et de leurs facs, mais il arrête pas de me poser des questions sur quand j'étais petit. Le problème, c'est que j'ai l'impression de passer mon temps à lui raconter les mêmes souvenirs". Pour une fois, oh merveille, surtout dans un roman pour ados, le point de vue est pensé, la narration est beaucoup moins légère qu'il n'y paraît et donne lieu du coup à un coup de théâtre assez intéressant vers la fin du récit. Cela sauve le livre et fait du Monde de Charlie un bon divertissement, à conseiller ceci dit surtout à des grands ados...

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Published by beux - dans Jeunesse
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commentaires

Magdi Azab 11/02/2013 16:55

J'aimerais faire votre connaissance via facebook : Magdi Azab aziz

beux 12/02/2013 18:12



C'est très gentil à vous et je suis flattée mais, pour des raisons personnelles, je ne me sers des réseaux sociaux qu'avec mes proches. J'espère que vous comprendrez... Si vous voulez communiquer
avec moi, vous pouvez toujours le faire sur la Page Facebook du blog.



Florian Égéa 08/02/2013 09:52

Je comprends tout à fait où vous voulez en venir. Il y a des références qui ne parfois pas assez justifiées dans certains livres et qui passent pour une sorte de "placement de produit". Comme dans
les films où on fait un plan zoomé sur le logo d'une voiture, juste comme ça, gratuitement. Mais bon, dans les livres, c'est pas pareil, ça donne plutôt l'impression qu'un auteur veut s'accaparer
telle ou telle influence : "Vous avez vu ? j'aime Salinger, Kerouac, Homère, Shakespeare, etc., je ne suis donc pas forcément mauvais !". Mais ça reste assez inoffensif quand même. Quant à
l'amitié, c'est sûr que lorsqu'on ne développe pas tous ses aspects, et qu'on n'en garde finalement que des clichés un peu bébêtes, c'est agaçant. Surtout dans un livre où on s'attend à trouver
autre chose que des clichés tout faits. Je pense que je lirai ce livre dès que possible et je vous ferai part de mon avis.

beux 12/02/2013 18:12



Pas de problèmes! Vous me direz ce que vous en avez pensé... A bientôt.



Florian Égéa 07/02/2013 12:16

Il a l'air d'être super intéressant ce roman et précisément pour les raisons qui font qu'il vous agace ! Je n'ai pas compris pourquoi vous avez fait cette petite remarque sur l'Attrape-Cœurs de
Salinger - un des rares romans qui m'a touché de façon, disons... inattendue - et Sur la route de Kerouac que je lis en ce moment (avec bien plus de difficultés d'ailleurs). Même si c'est de bon
ton de les avoir lus (encore que ça reste à voir ça aussi), en quoi ça constitue des "aspects horripilants" d'un livre de se référer à de très bons auteurs et à de magnifiques thèmes tels que celui
de l'amitié ?

beux 07/02/2013 18:54



Vos remarques sont intéressantes! Bon, alors, concernant Salinger et Kerouac, je vous rassure, je n'ai jamais dit qu'ils étaient mauvais ou quoi que ce soit! ce qui m'agace par contre (après
c'est un point de vue purement personnel je l'avoue) c'est cette façon qu'ont beaucoup d'auteurs de s'y référer systématiquement, sans d'ailleurs expliquer pourquoi juste en disant que c'est
génial, qu'il faut l'avoir lu à tout prix etc. ça me fait le même effet que de la publicité au cinéma, d'autant plus que dans beaucoup de livres, (et le monde de Charlie pour le coup ne fait pas
exception) les auteurs ne prennent même pas la peine d'expliquer pourquoi ils aiment ces romans. Pour caricaturer, c'est comme Les hauts de hurlevent cité dans Twilight: cité
comme ça, juste pour le plaisir, ça ne sert à rien. Bon voilà j'espère que j'ai été assez claire, ma pensée n'est pas simple à expliquer désolée...


Le thème de l'amitié est un très joli thème effectivement, mais pour le coup, je n'ai pas aimé la façon dont il était traité. Dans "le monde de Charlie" comme dans beaucoup de romans d'ailleurs,
l'amitié est une valeur refuge, un sentiment merveilleux, idéalisé. Des gens qui se comprennent à demi-mot, des étreintes à tout va, etc. Je crois en l'amitié mais de la même façon que je ne
crois pas à l'amour parfait, je ne crois pas à l'amitié dans ce style. L'amitié est à mon sens tout comme l'amour, faite de beaucoup de patience, de quelques coups bas, de compromis et
effectivement de beaucoup de rires.  Mais ça ne peut être réduit à quelques clichés. Voilà ce que je n'ai pas aimé dans "Le monde de Charlie" qui ceci dit a bon nombre d'autres qualités! Si
un jour vous le lisez, ceci dit, je serais curieuse d'avoir votre opinon...