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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 15:00

L05.jpgGaïa

Yannick Monget

éditions Bragelonne

 

Alexandre Grant, industriel américain n'est pas d'une humeur radieuse: des écologistes contrarient ses expériences au sein de la forêt amazonienne et il ne voit jamais sa fille qu'il délaisse en bon héros capitaliste des temps modernes. Ses affaires ne s'arrangent pas le jour où, en France pour un voyage d'affaires, il se voit interpellé par l'armée et placé en quarantaine avec d'autres personnes de retour d'Amazonie, dont une biologiste, Anne Cendrars, sa plus féroce détractrice. Tous seraient porteurs d'une maladie étrange et foudroyante. Cependant, cette épidémie devient vite un problème secondaire lorsque d'étranges plantes commencent à envahir les villes et à semer la panique au sein de la population. La nature a décidé de déclarer la guerre à l'homme et d'exterminer cette race qui se prétend supérieure...

Bon. Et rebon. Je ne sais pas comment expliquer cela parce que je n'ai pas envie de passer encore pour la mauvaise langue de service. L'histoire est sympa reconnaissons-le et l'idée plutôt bonne: des plantes grimpantes qui détruisent les immeubles, des épines qui transpercent des humains, la fable écologique un peu usée mais toujours sympathique de la nature vengeresse... Je n'adhère pas plus que cela à la philosophie new-age de la terre nourricière, déesse toute-puissante etc. mais je peux comprendre. Les explications biologiques ne m'ont pas passionnée des masses mais je pense que l'auteur est autrement plus compétent que moi dans ce domaine (enfin j'espère). Donc voilà, rien à redire sur le fond.

Mais, mais la forme! Il faut dire ce qu'il est, pardon, mais c'est très mal écrit. Les dialogues sont artificiels, les descriptions sommaires. Les personnages restent des caricatures tout du long et le lecteur ne ressent aucune des émotions qu'il est supposé ressentir: pas d'angoisse devant l'univers apocalyptique décrit par Yannick Monget, pas de tristesse quand un personnage se fait tuer, pas de malaise... Rien. Juste un vague intérêt (comment cela va-t-il finir?) et un peu d'ennui. On pourrait être sympa et se dire que c'est un effet de style: une écriture volontairement épurée, plus scientifique qu'émotionnelle (quel lyrisme aujourd'hui) et un parti pris plus neutre. Sauf qu'il faut pas charrier non plus: c'est juste décousu, mal construit, mal  mené... Le pire c'est que ce roman a déjà été remanié puisqu'il est paru une première fois en 2006! L'auteur est sans doute plein de bonne volonté... Message reçu: on va essayer de ne plus massacrer la nature, promis, mais par pitié, essayez aussi de ne plus massacrer la littérature...

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commentaires

Boulet 09/09/2012 17:35

J'aime le "je ne veux pas passer pour la mauvaise langue de service" suivi de cette conclusion :D
"Je ne veux pas être la méchante mais je vais te démonter la gueule en petits morceaux"