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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 18:03

L01.jpgCamilla

 Fanny Burney

éditions Oxford

 

On aurait pu penser que j'avais abandonné les 1001 livres... mais il n'en est rien! Quelques mois après la dernière note sur le sujet, repartons dans le 18ème siècle avec un roman anglais, Camilla, de Fanny Burney, l'ancêtre littéraire de Jane Austen.

Camilla, Lavinia et Eugenia sont les trois filles du pasteur Tyrold. Elevées avec piété et rigueur par un père indulgent et une mère exemplaire, mais de ce fait un tantinet psycho-rigide, les trois soeurs sont des modèles de vertu et de douceur. Leur frère Lionel est en revanche plus dissipé. La vie tranquille de cette petite famille est troublée par l'arrivée dans le voisinage de sir Hugh Tyrold, le frère du pasteur avec ses deux neveux, Indiana, très belle mais frivole et imbue d'elle-même, et Clermont. Sir Hugh s'attache aux filles de son frère, tout particulièrement à Camilla dont il compte faire son héritière, et ne ménage pas ses efforts pour les distraire. Un jour hélas, une inattention de sa part vaut à la plus jeune des trois enfants, Eugenia d'attraper la variole et d'en être défigurée à jamais. Un événement qui bouleverse sir Hugh et le pousse à déshériter Clermont, Indiana et Camilla au profit de la petite malade. Les années passent, les filles grandissent et font leur entrée dans le monde...

Plus de neuf cent pages en anglais, vous comprenez peut-être maintenant pourquoi il m'a fallu environ deux mois pour venir à bout de ce pavé. Un pavé qui est malgré tout plutôt intéressant puisqu'il met en avant des personnages hauts en couleur. Passons sur le très fade Edgar, l'amoureux de Camilla, qui, trop parfait et trop irréprochable, ne suscite pas un intérêt démesuré, tout comme d'ailleurs les parents. En revanche, on se régale avec le personnage de Sir Hugh, ce farfelu au grand coeur qui élabore des plans savants qui s'effondrent et des mariages arrangés ratés; on ne peut s'empêcher de sourire devant Lionel, le frère insouciant qui provoque pourtant l'essentiel des drames du roman. Quant à Camilla... et bien c'est une jeune fille gentille, jolie, simple et douce: pourtant sa naïveté et sa méconnaissance du monde la pousse à commettre de terribles erreurs: contracter des dettes, passer pour une coquette aux yeux d'Edgar, se compromettre avec des hommes moins scrupuleux... L'auteur, par une succession d'événements qui font boule de neige et finissent par tourner au drame, montre combien il est difficile pour une jeune fille de faire ses débuts dans le monde sans courir à sa perte. Pour cela, Fanny Burney n'hésite pas à en rajouter dans le drame, laissant volontiers ses héroïnes pleurer plus souvent qu'à leur tour et se répandre en plaintes amères. Cette oeuvre moralisatrice n'est pas pour autant austère; l'humour n'est jamais loin et si des personnages comme l'inconstante Lionel ou la frivole Indiana sont pointés du doigt, ils ne sont jamais vraiment condamnés. Galerie de portraits variés, roman psychologique et romantique à la fois, Camilla se lit avec un réel plaisir et je ne regrette qu'une chose, c'est de n'avoir pas trouvé de traduction afin de pouvoir mieux en saisir toute la finesse...

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Published by beux - dans Classiques
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commentaires

urgonthe 22/11/2012 18:03

Très long et très attachant ! J'ai adoré les bourdes de Camilla. Qu'est-ce que l'amour peut rendre maladroite, quand même...

beux 26/11/2012 11:09



Camilla m'a fait bien rire également et je l'ai souvent plaint de tomber sur ce trouble-fête d'Edgar, un peu coincé quand même... Dans un tout autre registre, j'ai bien aimé le frère Lionel...
Heureusement, j'ai trouvé que ce livre n'avait rien de commun avec celui de Richardson et de son héroïne insupportable de vertu...