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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 12:17

L02.jpgLa Maison du Chat-qui-pelote et autres scènes de la vie privée

Honoré de Balzac

éditions Gallimard

 

Bon, avant de passer à des lectures plus légères, retournons voir Balzac que nous avions un peu laissé de côté. Cette fois, nous nous attaquons à quatre de ses nouvelles: La Maison du Chat-qui-pelote, La Vendetta, le bal des sceaux et, plus confidentiel, La Bourse. Tous ces récits sont centrés sur le thème du couple et du mariage. Dans La Maison-du-Chat-qui-pelote, un jeune peintre tombe sous le charme d'une fille de commerçant et l'épouse en dépit des craintes de ses beaux-parents: mais le couple, mal assorti, ne tarde pas à battre de l'aile ; lui l'artiste s'accommode mal du terre-à-terre bourgeois de sa femme tandis que cette dernière s'efforce en vain de comprendre le monde de son mari. Le mariage se révèle un échec et plonge dans le malheur les deux partis. La seconde nouvelle, Le Bal des sceaux, brode sur le même thème: une jeune femme orgueilleuse tombe amoureuse d'un jeune homme bien sous tous rapports, intelligent et cultivé. Mais découvrant que ce dernier a choisi de devenir commerçant pour favoriser son frère aîné, elle le repousse avec horreur, déterminé à n'épouser qu'un aristocrate rentier; pas de mariage pour ces deux-là mais le malheur quand même. Autre mariage raté, celui des héros de La vendetta: bravant la colère de son père, une jeune corse épouse un homme dont la famille est en guerre avec la sienne. C'est une histoire à la Roméo et Juliette avec un dénouement tout aussi tragique... Enfin La bourse, nouvelle plus légère, relate l'histoire d'un peintre qui tombe sous le charme de sa jolie et pauvre voisine mais ne tarde pas à s'interroger lorsque sa bourse d'argent disparaît mystérieusement chez elle. Sa mère et elle ne seraient-elles que des voleuses?

L'amour en dépit des différences... Un mariage entre deux êtres qui ne se ressemblent pas est-il possible? La réponse de Balzac semble moins catégorique que les résumés de ses nouvelle ne le laissent croire. Pour l'auteur, un mariage entre deux êtres qui n'ont pas la même culture ni les mêmes aspirations, est voué à l'échec: Augustine, victime innocente de La Maison du Chat-qui-pelote n'a pas l'intelligence ni l'imagination nécessaire pour comprendre et se faire aimer de son mari. Après une passion passagère, celui-ci se désintéresse d'elle... En revanche, l'héroïne du Bal des sceaux repousse l'amour de sa vie à cause de simples conventions sociales: une attitude qui lui est également funeste. Pour Balzac, la pauvreté n'est pas synonyme de bêtise ou d'ignorance et la différence sociale peut très bien être surmontée pour peu que le couple partage les mêmes attentes. Mais c'est un pari dangereux, voire impossible pour peu que la famille ou la société s'en mêle. De fait trois des quatres nouvelles du recueil sont très sombres et assez cyniques, finissant même parfois par la mort des protagonistes... La bourse finit certes bien mais c'est une nouvelle mineure, plus courte que les autres et nettement moins bien écrite. L'ouvrage reste cependant plaisant à lire: le style de Balzac se distingue nettement avec les descriptions à rallonge qui font tout le sel de ses récits et ses portraits sans concessions. On distingue les bases de ce qui sera La Comédie humaine et on passe un bon moment dans ce Paris du XIXème siècle avec ses boutiquiers et ses peintres, ses monarchistes et ses duchesses, ce monde à mi-chemin entre notre époque et celle de l'ancien temps...

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Published by beux - dans Classiques
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