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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 13:58

L05.jpgLe mort aux quatre tombeaux

Peter May

éditions du Rouerge

 

A la suite d'une soirée alcoolisée, Enzo Mc Leod, ancien légiste écossais établi en France et devenu simple professeur de biologie, fait le pari de résoudre les meurtres inexpliqués décrit dans le livre de Raffin, journaliste. L'idée de Mc Leod est de prouver que désormais, grâce aux nouvelles technologies, il est désormais possible de résoudre les mystères les plus complexes. Le voilà donc lancé sur la disparition de Jacques Gaillard, ancien conseiller du premier ministre charismatique et influent qui s'est évaporé en 1996 et que la police n'a jamais retrouvé, vivant ou mort. Mc Leod décide de tout reprendre à la base et, à la surprise générale, sa propre enquête ne tarde pas à porter ses fruits...

Il n'est pas méchant le héros, plutôt sympathique même, et l'on suit avec beaucoup d'intérêt ses déboires, sa fille aînée qui ne lui parle plus, sa cadette qui sort avec un prof de fitness peroxydé, son alcoolisme avéré, ses gaffes amoureuses... Le style du roman n'est pas mauvais non plus. Mais... Comment vous dire? Ce qui ne va pas dans ce roman policier, et bien c'est l'intrigue policière. Admettez que c'est un peu gênant. En bref, un pauvre prof, intelligent certes mais pas à ce point, épaulé par une de ses étudiantes, parvient uniquement à résoudre une enquête non résolue depuis des années uniquement en tapant trois mots clés sur Google. Oui oui, vous avez bien compris, sur Google: "Coquille saint Jacques + salamandre + chandelier". Donc de deux choses, ou la police française est complètement demeurée ou ils ne sont pas équipés d'Internet dans le commissariat; ceci dit, j'avoue que ça m'inquièterait un peu si, pour résoudre mon meurtre, l'enquêteur allait chercher des indices sur Wikipédia ou lancer un appel à témoins sur Twitter. Voilà, voilà... Du coup, inutile de vous dire que le livre n'a absolument aucune crédibilité et et que l'intrigue fait plus rire qu'autre chose. D'ailleurs, l'auteur lui-même ne semble pas sûr de son registre, oscillant entre le franc comique (le héros qui se fait tabasser par le père mal dégrossi de son étudiante ou qui se retrouve avec des canetons dans sa baignoire) et le tragique (la fille qui se fait enlever). Mais n'est pas Fred Vargas qui veut et Le mort aux quatre tombeaux, trop grotesque pour se laisser prendre au sérieux mais trop sérieux pour tomber dans la parodie n'a d'autre effet que de décevoir le lecteur et de lui faire se demander pourquoi diable Peter May s'est fourvoyé dans une histoire pareille...

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Published by beux - dans Polar
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